Un coup de feu unique, tiré par un soldat israélien et achevant un terroriste blessé, plonge l’opinion publique dans une controverse amère, mêlant jusqu’aux dirigeants du pays et les chefs militaires. Cet incident a eut lieu récemment à Hebron à la suite d’un attentat hélas habituel, au cours duquel deux terroristes palestiniens ont poignardé et blessé un soldat assurant le calme.

Une patrouille sur place ayant riposté, un terroriste a été tué et l’autre blessé. Un soldat présent, voyant le blessé remuer ses bras l’a achevé d’une balle à la tête. Immédiatement interpellé par ses supérieurs, lui reprochant son geste, le soldat a motivé son acte.

Là dessus il existent deux versions. Selon la première le soldat aurait dit: “J’ai vu mon copain saigner, le terroriste méritait la mort“. Selon l’autre version le soldat craignait qu’un explosif soit caché sous le grand manteau du blessé, lequel remuait ses bras, et qu’il allait le faire exploser. “Dans ce cas je serais mort, avec d’autres victimes au lieu de vous donner des explications dans un bureau sécurisé,“ aurait-il affirmé.

Aussitôt connu, cet incident partage Israël en deux camps passionnés. Les uns crient au scandale d’un “assassinat de sang froid“, violant tous les principes fondamentaux et les règles d’éthique de Tsahal, qui se veut “une des armées les plus morales et humanitaires“, avis partagé d’ailleurs par des experts militaires américains et britanniques.

Alors que les autres justifient pleinement le geste “de survie“ du soldat, et accusent les détracteurs d’hypocrisie et de lâcheté. “C’est le devoir élémentaire de se défendre jusqu’au bout par tous les moyens contre ceux qui viennent vous tuer,“ proclament-ils. Et de reprocher aux responsables de Tsahal et de la sécurité, y compris le ministre de la Défense, Moshe Yaalon, et le Chef d’État Major, Gabi Eisenkot, d’avoir condamné ouvertement le soldat avant même le début de l’enquête prévue.

En effet, tous les deux se sont déclarés “outrés“ par cet acte “contraire à l’esprit, la tradition et l’enseignement de Tsahal, dont l’image de marque doit rester propre et humanitaire. »

Or, les critiques ne se sont pas laissées attendre, non seulement du côté de l’opinion publique mais surtout des hommes politiques faisant partie du pouvoir. “Au lieu de soutenir leur soldat subalterne, comme devrait faire tout chef qui se respecte, ils sont les premiers à l’accuser, alors qu’il n’a fait qu’accomplir son devoir de combattant“.

Au point de voir sur l’un des réseaux sociaux une image très grave du ministre de la Défense Yaalon visé par un fusil. Ce qui ne manque pas de rappeler les panneaux haineux montrant jadis Yithshak Rabin en uniforme nazi des “SS“ peu de temps avant son assassinat.

C’est à se demander s’il ne y’a pas de limites à ces controverses transformées en haine gratuite et dangereuse.

Rien d’étonnant donc que deux versions s’opposent concernant ce soldats: “Héros“ contre “assassin“.

L’enquête est en cours et semble assez délicate. Au début le soldat accusé avait été emprisonné et amené devant un juge militaire afin de prolonger sa détention. Or ayant écouté les arguments du soldat le juge a ordonné de le faire sortir de prison et de l’assigner seulement à résidence ouverte dans la caserne. Aurait-il des doutes concernant les circonstances de l’incident?

À l’heure actuelle l’affaire est loin d’être réglée, et les esprits continuent à s’échauffer.