En 1948, la Grande-Bretagne mit fin à son mandat sur la Palestine et l’ONU vota la partition de la Palestine et de l’internationalisation de Jérusalem. Lorsque la Jordanie investit la ville de Jérusalem et empêcha les Juifs d’accéder au mur des Lamentations, l’opinion internationale ne s’en émut point.

En 1967, la ville tomba aux mains des Israéliens suite à une guerre déclenchée par la Jordanie. La ville fut réunifiée et depuis, toutes les confessions ont eu une liberté de culte complète.

L’opinion s’émeut lorsqu’Israël construit des logements à Jérusalem Est, mais est indifférente au fait que depuis 1967, la population arabe de Jérusalem a été multipliée par 5 et qu’elle déborde sur Jérusalem Ouest.

Ces dernières années, on a pu assister à un dénigrement du passé juif de Jérusalem de la part de certains pays arabes et plus particulièrement de la part de l’Autorité palestinienne. Des nations occidentales se sont jointes à la fantasia des résolutions anti israéliennes à propos de Jérusalem à l’UNESCO, résolutions qui dénigrent le berceau même de la chrétienté.

Le président Trump a fait fi d’une menace arabo-musulmane qui intimide les capitales occidentales depuis plusieurs décennies et qui a fait repousser la décision du transfert de l’ambassade par ses prédécesseurs. Même le Saint-Siège a longtemps refusé de reconnaître Israël sous prétexte que cela pourrait nuire aux chrétiens d’Orient.

Cela n’a guère empêché la persécution de ces derniers qui vivent dans l’insécurité et dont un grand nombre a émigré aussitôt qu’il a pu le faire. L’asymétrie entre la pusillanimité occidentale envers toute expression pouvant être interprétée, fût-ce indirectement, comme une atteinte à la sensibilité arabo-musulmane et les appels aux meurtres récurrents fusant au grand jour de la part d’hommes politiques, de muftis et de médias du Moyen-Orient arabo-musulman est aberrante.

Dimension spirituelle et dimension politique

Jérusalem, capitale des Israélites depuis le roi David représente l’assise du peuple juif sur son territoire ancestral. C’est une ville qui, selon les Écritures hébraïques (l’Ancien Testament), verra le retour à Sion des descendants des exilés des anciens royaumes d’Israël et de Juda et est appelée à devenir un lieu de prière pour toutes les nations (Isaïe 56-7) et un symbole de la paix universelle (Isaïe 2-2 à 2-3).

Les évangélistes chrétiens se félicitent de la décision du président Trump car ils y voient un accomplissement des Écritures. Pour eux, le retour du messie passe par le retour des Juifs dans leur territoire ancestral et à Jérusalem. Ils citent St-Paul pour qui Israël, peuple de l’Alliance première a son rôle à jouer dans l’histoire tout comme l’entrevoient les Écritures hébraïques (Romains 11-26).

D’autres chrétiens citent également St-Paul en mettent l’emphase sur la formule « plus de Juifs, plus de Grecs » pour souligner la désuétude de l’Alliance première d’Israël. Il n’en demeure pas moins que pour les Chrétiens, les lieux saints de Jérusalem ont été sanctifiés par les évènements.

Le Coran ne fait nulle part mention de Jérusalem, mais précise : « Nous dîmes ensuite aux enfants d’Israël : habitez cette terre et lorsque le terme de la vie future sera arrivé, nous vous réunirons tous ensemble… (17-104)»  et ajoute : « Entrez dans la Terre sainte qu’Allah vous a prescrite  et ne revenez point sur vos pas  (5-21). » Ces versets coexistent avec d’autres qui demandent de ne pas traiter les Juifs et les Chrétiens sur un pied d’égalité (9-29) et de tuer les infidèles (47-4).

La sensibilité des croyants en ce qui touche Jérusalem est compréhensible. Mais la cohabitation des religions nécessite une tolérance qui va à l’encontre de certains courants chrétiens pour qui, selon l’adage de St-Cyprien, « hors de l’Église point de salut », ou musulmans pour qui « la religion de Dieu c’est l’Islam (Coran 3-19). »

C’est en vertu de cette suprématie que certains dictateurs arabo-musulmans essaient de faire un cheval de bataille de la ville sainte. Par contre, cette tolérance est louée dans les Écritures hébraïques qui admettent qu’il y a plusieurs façons d’approcher la divinité (Michée 4-5).

Le président Trump a reconnu que Jérusalem était la capitale d’Israël tout en laissant la porte ouverte à des arrangements dans le cadre d’un accord de paix. Il fait ainsi pression sur l’autre partie, l’Autorité palestinienne, qui jusqu’à présent a refusé les accords de paix de Camp David en 2000, les propositions du sommet de Taba en 2001 et celles du Premier ministre Oulmert en 2008. En se laissant berner par les harangues de leaders limitrophes, les Palestiniens n’ont fait que continuer à ne pas manquer une occasion de rater une occasion de faire la paix au cours des dernières décennies.

L’accord politique sur le futur de Jérusalem demeure une question ouverte.