Monter en Israël, faire son alyah, procède d’un rêve. D’un rêve fou.

Penser encore après 2000 ans que les Juifs ont vocation à vivre sur leur terre ancestrale malgré tous les défis et obstacles participe nécessairement de la volonté de s’inscrire dans l’Histoire en tant que peuple. Et de continuer de le faire à un niveau personnel en tant que membre d’une histoire qui nous dépasse.

Toutefois, s’installer en Israel lorsque l’on n’y est pas né, que l’on n’y a pas grandi, demeure une immigration. Au-delà de l’Alyah. C’est s’intégrer dans une autre culture, recréer ses repères, s’approprier une langue et ses codes, reconstruire une vie sociale et professionnelle, adopter ou apprivoiser les coutumes locales. Une immigration quoi. Mais dans sa terre d’origine.

D’où le paradoxe et la complexité du défi du nouvel immigrant qui est prêt à tant donner pour son pays de cœur, qui a déjà fait l’offrande sacrificielle de se déraciner pour vivre sa destinée mais qui est confronté aux obstacles que rencontrent tous les immigrés.

Les plus jeunes y parviennent plus facilement. Par le biais de l’école puis de l’armée et des études.

Mais les autres ? Tous ceux qui veulent poursuivre leur rêve une fois arrivés en Israël ? Qui veulent être partie prenante de l’Histoire d’Israël, qui veulent s’inscrire dans cette histoire ?

Finalement, comment donner un sens à son Alyah une fois arrivé en Israël et s’inscrire dans la grande Histoire ?

C’est la question qui m’a taraudée en arrivant.

J’ai immigré dans deux pays auparavant, je me doutais donc de l’étendue de la difficulté en arrivant en Israël. Néanmoins je me souviens de l’étonnement de nombre d’Israéliens à qui je parlais de la complexité et du paradoxe spécifique au Olé Hadash, celui qui retourne sur sa terre ancestrale mais qui demeure un étranger lorsqu’il arrive.

Alors finalement comment devenir Israélien, tout au moins à ses propres yeux ?

La réponse s’est imposée à moi-même petit à petit : en contribuant à la société israélienne.

En participant. En devenant un acteur actif d’une réalité complexe et difficile.

Et puis le Keren Hayessod m’a proposé de me charger d’une nouvelle campagne. En Israël justement.

Le Keren Hayessod est le premier organe de collecte de fonds pour Israël, créé par les fondateurs du sionisme pour financer la tâche historique du retour du peuple juif sur sa Terre ancestrale. En collectant des fonds auprès de tous ceux qui croient en la nécessité d’Israël. Une fois l’État d’Israël établi, le Keren Hayessod a poursuivi sa mission de bâtisseur de la société israélienne en venant en aide aux plus défavorisés, en portant secours aux communautés juives en danger, en assurant leur arrivée en Israël et en contribuant à une meilleure intégration des immigrants.

C’est donc tout naturellement que j’ai accepté de relever ce défi car non seulement je m’inscris dans une réalité locale mais j’engage également les nouveaux Israéliens à contribuer à cette campagne.

En s’impliquant dans la société israélienne, en aidant les segments les plus vulnérables de la population, en aidant les institutions à apporter une réponse plus adaptée aux besoins d’intégration des immigrants, en contribuant aux programmes d’insertion sociale de jeunes en rupture scolaire, familiale ou défavorisés.

Le Keren Hayessod en près de 100 ans d’existence a toujours levé des fonds en dehors d’Israël mais la création d’une campagne ici même reflète l’évolution du peuple juif et d’Israël après 70 ans d’existence.

Aujourd’hui les olim peuvent prendre part à la mission de soutien de la société israélienne dans son ensemble et s’impliquer également auprès des programmes d’intégration des immigrants, afin d’apporter une réponse plus adaptée car ils en connaissent personnellement les enjeux.

Donner un sens à son alyah, c’est s’inscrire dans un projet millénaire de retour des Juifs sur leur Terre, c’est contribuer à son humble niveau à une meilleure société tandis que de nombreux défis menacent justement son équilibre.

Donner un sens à son alyah et s’inscrire dans le projet sioniste c’est justement donner pour recevoir et faire sien de la devise juive de responsabilité collective. Être là l’un pour l’autre. Garants l’un de l’autre. Kol Israel arevim zelaze.