Bravo l’artiste !

Certes les tractations pour la formation du prochain gouvernement israélien seront encore longues et fastidieuses, mais au bout du chemin Benjamin Netanyahu devrait très certainement pouvoir entamer son quatrième mandat de Premier ministre (1996-99, et depuis 2009), une première en Israël et dans un bon nombre d’Etats démocratiques, et détenir ainsi le record de longévité à ce poste en Israël depuis David Ben Gourion.

La campagne s’était transformée en un référendum contre lui (« Rak lo Bibi », Tout sauf Bibi), une large partie des médias lui était farouchement hostile et les sondages le donnaient perdant.

Et pourtant, le voilà, à nouveau. Et avec en prime une participation électorale en forte hausse. Un résultat indiscutable. Israël est une belle démocratie. Indétrônable sur le plan sécuritaire, Bibi va certes devoir composer sur le plan social, mais la performance est de taille.

Obama a la gueule de bois, Hollande et Sarkozy sont contrariés, les barons du Quai d’Orsay sont choqués, les principales capitales arabes furieuses, le Hamas et le Hezbollah se rappelleront des défaites qu’ils ont subies ces dernières années, Mahmoud Abbas saura que la partie restera très difficile pour lui, tous les antisionistes et antisémites de nos quartiers et de nos villes s’en donneront à gorges chaudes, Mediapart et Le Monde en seront pour leurs frais.

Justement.

Dans un article paru dès le 18 mars sur le site du journal Le Monde, intitulé « Le triomphe de Netanyahu sape l’espoir d’un Etat palestinien », c’est toute la haine anti-israélienne qui est déversée avec une rage et une aigreur que les résultats des élections ont semble-t-il provoqué chez nos bien-pensants, ceux-là même qui avaient ouvertement appelé au départ de Benjamin Netanyahu pendant toute la campagne.

Morceaux choisis

« On le disait fini. « Bibi » a triomphé. On le pensait à la dérive. C’est Israël qui a dérivé. »
« L’Union européenne devra également prendre position sur d’éventuelles sanctions économiques, face à la poursuite de la colonisation. »
« Dans le manuel de survie en milieu politique hostile, M. Nétanyahou vient d’écrire un chapitre interdit aux âmes humanistes, au feutre populiste. »
« De nombreux commentateurs ont dénoncé les propos ouvertement racistes du chef du gouvernement. »

Mais quel est donc ce droit d’ingérence inacceptable d’un journal français qui se permet de juger à charge des résultats électoraux démocratiquement obtenus et avec une telle légitimité ?

Une fois de plus, une partie de l’intelligentsia française bafoue les valeurs de la seule démocratie de la région.

Une fois de plus, les bonnes âmes françaises refusent le choix libre et souverain d’un Etat indépendant, cet Etat d’Israël qu’elles détestent tant, alors qu’elles ferment les yeux sur les dictateurs voisins qui massacrent leurs populations depuis des années dans le silence complice de tous.
Une fois de plus, Israël est accusé d’avoir tort simplement parce que le choix des électeurs n’a pas été celui que ces censeurs auraient voulu qu’ils soit.

Une fois de plus, ce journal, qui se croit encore être de référence, se déshonore et prend le lourd risque de continuer à alimenter un antisionisme avec les conséquences que l’on sait dans le climat actuel que doivent subir les juifs de France.

Un journal de qualité doit respecter les opinions et les verdicts des urnes. Un journal de qualité n’est pas un procureur. un journal de qualité ne fixe pas lui-même ce qui est permis et ce qui ne l’est pas en fonction des ses propres critères. Le Monde n’est plus de ceux-là depuis bien longtemps.

Que les résultats des élections israéliennes déplaisent à certains, soit. Mais qu’ils aient au-moins la décence et l’honnêteté de les accepter comme tels, et de ranger – l’espace d’un moment – leur haine et de leur partialité viscéralement ancrées en eux.

Quand on sait la situation de la société française et les perspectives politiques autrement plus graves et condamnables qui se profilent à quelques jours de nos élections à nous, ces donneurs de leçons manichéens devraient plutôt faire preuve d’autocritique et d’introspection, et se poser la question de leur responsabilité dans la faillite morale de notre pays.

Ce serait plus utile, plus juste, et plus responsable.