Il était une fois une romancière assez narcissique, contaminée par les élans suicidaires de son héroïne. Car il arrive que les auteurs fassent fausse route avant de trouver le bon sujet. C’est le cas de Margot, niçoise d’origine allemande, jusqu’au jour de 2014 où elle a la grande chance de rencontrer à Nice le vieux sculpteur juif Siegfried Broch, né à Mannheim en 1924, d’accès difficile et plutôt antipathique, exerçant son art sur d’imposantes carcasses de véhicules, suscitant tour à tour la sympathie et le rejet, en tout cas riche d’un destin extraordinaire. La curiosité de Margot brûle comme un feu de sarments.

Presque malgré elle – puisqu’elle pense être requise par son héroïne délétère – , Margot entame une enquête qui l’amènera à reconstituer le parcours méconnu d’une compagnie de volontaires juifs allemands engagés dans l’armée britannique pendant la Seconde Guerre mondiale. De Berlin à Tel Aviv, de Saint-Malo à Alexandrie, en passant par la Libye, la Grèce, la Crète et l’Italie…

C’est en août 1939 que Siegfried, venant de Hollande, a débarqué en Terre Promise, alors nommée Palestine, sous mandat britannique. Et il s’engage aussitôt dans l’Auxiliary military pioneer corps britannique. Un passeport pour une participation très active aux divers combats de la Seconde Guerre mondiale, notamment en France et en Méditerranée !

« Creuse la terre, creuse le temps » de Cathie Fidler

La romancière Cathie Fidler tient un blog. Dans un texte présentant ce livre : « Creuse la terre, creuse le temps », elle attire l’attention sur la belle couverture de Jacques Lefebvre-Linetzky, « objet de beaucoup de travail, de réflexion, de questionnement ». On y voit le casque des soldats britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale… « Et puis une terre labourée de pourpre, d’ocres, des lettres imprimées, des bribes de mots, l’écume des vagues et, derrière, le ciel, bleu. Celui de Nice, peut-être … »

Toujours est-il que, de mystère en mystère, le roman de Cathie Fidler, relate un épisode aussi passionnant que méconnu !