En marge du pèlerinage de la Ghriba qui s’est déroulé à la fin du mois de mai à Djerba, la ministre tunisienne du Tourisme, Madame Salma Elloumi Rekik a annoncé qu’il était nécessaire, à l’instar du Maroc, de créer en Tunisie un « musée national juif ».

Rappelant que « les élites juives de Tunisie ont joué un rôle pionnier et que beaucoup parmi elles ont brillé dans plus d’un domaine », la ministre a insisté sur la nécessité pour la Tunisie de redécouvrir sa diversité culturelle et religieuse.

Sauf qu’en matière de diversité religieuse et en dépit d’un régime devenu démocratique, les chiffres sont éloquents. Aujourd’hui, la Tunisie compte moins de 1 200 juifs pour plus de 11 millions de musulmans alors qu’au lendemain de son indépendance on recensait 100 000 juifs sur une population totale de 3,5 millions de personnes.

Si la diversité culturelle et religieuse a bien existé en Tunisie pendant plusieurs siècles jusqu’au début des années 60, il n’en est plus de même aujourd’hui.

Le pèlerinage de la Ghriba qui attire de moins en moins de personnes, est pour le moment, la seule manifestation culturelle juive.

Le dernier restaurant cacher de la Goulette « Mamie Lily « qui était un lieu de mémoire du judaïsme tunisien a été fermé par son propriétaire tunisien en octobre 2015 à la suite de menaces proférées par des salafistes.

Les attentats perpétrés par les salafistes au cours des dernières années ont fait fuir les derniers juifs actifs de Tunisie. Seuls les vieillards de la maison de retraite de l’OSE et quelques familles pauvres s’y maintiennent tant bien que mal.

Le musée qui sera peut être créé un jour, sera la seule preuve de la présence juive millenaire en Tunisie tout comme le jardin des plantes à Paris est celle des derniers dinosaures.

En réalité, ceux qui applaudissent à la création d’un musée du judaïsme cherchent surtout à relancer une activité touristique moribonde depuis quelques années en l’utilisant comme un outil de communication sur une coexistence religieuse qui n’existe plus.