Je ne fête pas Noël.

Voilà, c’est dit.

Pas de sapin de Noël chez moi. Pas de guirlande. Pas de tourtière. Pas de crèche. Pas de réveillon. Pas de Père Noël ni de Fée des Glaces.

Noël, qui marque la naissance de Jésus, le Messie selon la tradition chrétienne, n’est pas ma fête. Remarquez, j’ai plein d’autres occasions de célébrer mes fêtes à moi : le judaïsme est tout sauf une religion austère et triste.

Ceci étant dit, j’aime la Période des Fêtes. J’aime la bonne humeur de tous, le sourire accroché dans les visages de tous les enfants, petits et grands.

J’aime l’emphase mise sur la famille et les amis et ce, malgré le mercantilisme – souvent exagéré – ambiant.

Je ne me sens aucunement offusqué si on me souhaite Joyeux Noël. Quand c’est dit avec amitié, c’est une façon de dire ‘tu es important pour moi’. J’aime souhaiter Joyeux Noël aux gens, en privé comme en public. J’aime embrasser des gens à qui normalement je ne ferais que serrer la main.

J’aime la musique de Noël, omniprésente dans tous les édifices et à tous les postes de radio – bien que je préférerais qu’elle ne commence à jouer qu’après le premier décembre et non au début novembre. Quiconque me connait sait que je chante ces chansons à tue-tête dans ma voiture, sans gêne. Ce que je n’ai pas en talent, je compense par l’enthousiasme. Mon répertoire, qui va de Beau Dommage à Nat King Cole et Bing Cosby, en passant – eh oui, je m’assume – par Céline Dion, Wham! et Mariah Carey, est bien garni. Et quand je veux m’en échapper, mon iPhone fait très bien l’affaire.

Je trouve les lumières de Noël enchanteresses et ne suis aucunement dérangé de voir des sapins de Noël partout, même à des endroits publics.

J’aime passer plusieurs heures par année à signer des cartes de Noël – mes cartes disent Joyeux Noël et Bonne Année à l’intérieur – aux non-Juifs de ma famille, mes amis, mes collègues et mes camarades. Je sais que je suis peut-être vieux jeu mais je trouve les cartes électroniques trop impersonnelles.

Avec le rythme effréné qui est celui des sociétés modernes, quand prenons-nous vraiment le temps de penser aux autres comme on devrait le faire? Entre le travail, les enfants, le gym, la conduite aux pratiques de hockey ou de danse, l’aide aux devoirs, les factures à payer, l’épicerie à faire, il est trop facile de négliger les gens qui ont croisé notre chemin et qui ont été importants pour nous. La vie va tellement vite; prendre le temps d’écrire un petit mot personnalisé à chacun d’entre eux dans ces cartes me ramène à l’essentiel : les relations humaines.

Alors, pendant que vous réveillonnerez, je suivrai une tradition juive bien connue et implantée pour le 24 décembre : je mangerai du chinois (cachère) avec mes amis juifs.

Et quand ce sera une de mes fêtes, la Pâque juive au printemps par exemple, j’inviterai des amis de toutes les origines à la partager.

Joyeux Noël!