Comme plusieurs personnes m’ont demandé de me fendre d’un article sur Etienne Chouard, je prends le temps d’y répondre et avec un grand plaisir.

L’illusion du tirage au sort

Chouard et ses compères vantent tous la démocratie athénienne qui établit le tirage au sort.

Or qu’en était-il ?

La Démocratie athénienne concernait un territoire grand comme une sous-préfecture (entre 1 200 et 2 000 km² selon les périodes), où les citoyens qui pouvaient siéger étaient au nombre de 15 000 à 20 000, appartenant à une même tribu (les Ioniens) avec une histoire commune…

Tout le monde se connaissait ou connaissait les diverses familles.

Les citoyens tirés au sort formant le Conseil des Cinq Cents ou Boulé n’avaient pratiquement aucun pouvoir.

Le pouvoir de ce Conseil était très limité, il avait un rôle de Cour des comptes, d’Inspection générale du fonctionnement de l’administration, et de préparation de l’ordre du jour de l’Assemblée.

Il n’avait aucune indépendance, ses préconisations devaient être soumises aux tribunaux pour devenir exécutoires.

Que Chouard et ses émules du « tirage au sort » fassent des études historiques, cela lui permettrait de ne plus se faire ridiculiser en écrivant des fadaises.

Elections et démocraties ?

N’y a-t-il pas une réduction de la Démocratie aux élections, faisant ainsi l’impasse sur les processus de démocratisation menés par les associations, les collectifs, les syndicats, etc. ?

La démocratie n’est pas seulement le vote périodique des représentants, n’est-ce pas aussi et surtout le droit au débat public ?

n’est-ce point par le débat que de nombreux droits ont pu être validés par le législateur ?

Ne faut-il pas également distinguer les diverses modalités démocratiques selon les problèmes, le territoire, la population concernée… ?

Les problèmes d’une commune de 5 000 habitants ne se discutent point comme des lois cadres concernant une nation, ou comme les applications d’une directive européenne dans le droit français (exemple la Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées).

Bien évidemment que notre démocratie est imparfaite, surtout la nôtre qui a été rédigée pour faire face à une situation de mise en danger de la République, et force est de reconnaître que la constitution de 1958 nous a sauvé d’une guerre civile et qui sait d’une dictature.

Combien de personnes critiquent la monarchie élective de la Ve République, le manque d’équilibre des pouvoirs et de leurs limitations, les timidités à établir un code des élus limitant les mandats dans le temps, permettant ainsi un renouvellement de la classe des représentants, un code où les délits comme la corruption, le népotisme, la prise d’intérêts illégale devraient être sévèrement punis par des peines allant de l’inéligibilité à vie à la déchéance de droits civiques avec des peines d’emprisonnement exemplaires, etc.

Qu’il faille comme beaucoup le réclament une nouvelle constitution, cela semble s’imposer…. mais réformer une constitution qui parait décalée, est-ce le motif à vouloir la liquider par le « tirage au sort » ?

La Démocratie est-elle fatiguée ?

N’est-ce point plutôt les exigences démocratiques, l’évolution de la société qui ont évolué ?

Évolution guère entendue par les représentants élus qui semblent vivre encore au XXe siècle…

Les réponses doivent être à la hauteur de ces nouvelles exigences, c’est évident, mais par n’importe quelles réponses

Parmi les pires réponses nous avons celle du « tirage au sort », porte ouverte aux démagogies.

Retour sur Athènes

L’histoire nous apprend que les Athéniens avaient beaucoup de mal pour trouver des volontaires pour s’inscrire sur les listes des « tirés au sort », des réquisitions avaient lieu, bien des citoyens y voyaient une contrainte, ayant d’autres soucis plus urgents que de participer à un Conseil dépourvu de tout pouvoir réel.

Qui va accepter de se porter volontaire ?

Au nom de quoi, de qui, pourquoi…

Il y a fort à parier que les « possédants » seront surreprésentés ainsi que les idéologues…

Comme cela s’est passé à Athènes !

Cela promet de belles foires d’empoigne qui achèveront la Démocratie pour laisser la place à la Démagogie puis à la Tyrannie, comme l’histoire nous l’a appris…

Repenser la Démocratie

Certes, mais pas n’importe comment, les illusions de la démocratie directe, du tirage au sort ne sont que des naïvetés, ne faut-il pas plutôt repenser les fondements des droits et devoirs du citoyen à partir de débats largement ouverts, de ces débats surgiront des programmes, des défenseurs de ces programmes et donc de représentants dont le job sera d’élaborer des lois avec le temps nécessaire de la pensée, de la réflexion…

Et n’est-ce point l’intention première du gouvernement représentatif : élire des représentants ayant le temps… échappant à l’immédiateté démagogique ?

Une utopie qui nie l’histoire

Ce qui apparaît, comme d’ailleurs bien des écrits de pseudos réformateurs de la Démocratie, c’est l’absence de vision historique que nous pouvons lire lorsque Chouard écrit :

« J’essaie de comprendre comment on en est arrivé au monde injuste et violent qui est le nôtre, et comment on pourrait (réellement) améliorer la vie sur Terre. »

Soit il s’agit d’une naïveté d’un âge d’or perdu, soit, ce qui parait plus probable, une cécité vis-à-vis de l’Histoire.

Histoire qui est un cortège de tout ce que l’homme peut faire à l’homme : vols, viols, rapines, massacres, guerres de conquêtes, mise en esclavage…

Ce qui est donné n’est-ce point un monde injuste et violent ?

Le monde injuste et violent, tout homme depuis la naissance de l’humanité l’a en dot dès sa naissance.

Ce manque de réalisme historique ne permet-il pas de faire l’économie d’une réflexion beaucoup plus large et surtout plus historique ?

Ce manque de réalisme n’est-il point aussi un moyen de faire l’impasse sur les processus d’humanisation, d’émancipation et des luttes qui y sont corrélatives ?

Ce manque de réalisme n’est-il pas non plus un aveuglement sur les pouvoirs et leurs dynamiques

Le pouvoir ?

Nous chercherions en vain dans les références de Chouard des références aux grands auteurs qui ont mené des réflexions remarquable sur le pouvoir comme Max Weber, Ehrard Friedberg, Bertrand Jouvenel, Henry Mintzberg, Hans Jonas, Karl Otto Apel, Jürgen Habermas,  Pierre Clastres, etc…

Quand il cite des noms de qualité comme Sintomer, Guillemin, Manin nous pouvons raisonnablement nous demander ce qu’il en a retenu.

Chouard nous fait de grandes références sans les avoir lus et surtout travaillés.

Une vraie Démocratie ?

Régulièrement le brave Chouard nous parle de « vraie » démocratie, je ne sais pas ce que signifie vraie démocratie, cela voudrait-il dire que nous connaîtrions l’identité, l’essence de la Démocratie qui nous permettrait d’ailleurs de distinguer la vraie de la fausse Démocratie ?

Cette opposition vrai / faux peut donner la chair de poule, car au nom de l’empire du Vrai qui est également l’empire du Bien, son corollaire, on peut conduire les « mauvais » démocrates dans des camps de rééducation, voire pire.

Mes craintes sont fondées il suffit d’écouter les qualificatifs que Chouard attribue à ses ennemis : « crapules, traitres, collabos, agents du système » et autres noms d’oiseaux.

Les admirations de Chouard sont curieuses !

« J’admire Jacques Cheminade le mentor »….

Tout est dit, et là nous pouvons sérieusement douter de la culture de Chouard, quand, à la lecture du programme de Cheminade, il découvre le terme de « solidarisme »… mouvement qui s’est fait connaître en France par des groupuscules animés par Stirbois et ouvertement proches de cercles néo-nazis et néo-fascistes et se réclamant du justicialisme de Perón.

Comment se fait-il que Chouard, notre Trissotin de l’économie politique, puisse ignorer que Jacques Cheminade et son groupuscule font partie d’un courant de la fachosphère bien repéré : le Nationalisme Révolutionnaire.

Chouard n’hésite point à recommander la lecture d’Eustace Mullins, disciple du très fasciste Ezra Pound, rédacteur au sein d’un journal américain connu pour ses positions d’extrême droite, antisémite, négationniste, conspirationniste, suprématiste, le « American Free Press »

(cf. http://americanfreepress.net/)

Le peu fréquentable Mullins s’est fait connaître dans la complosphère par deux ouvrages, l’un Les secrets de la Réserve fédérale et l’autre un pamphlet antisémite qui aurait fait un immense plaisir à Goebbels, Nouvelle histoire des Juifs, non traduit en français que l’on peut consulter en langue anglaise ici.

Un bijou de haine pathologique.

Les deux ouvrages de Mullins sont habités par la compulsion obsessionnelle du juif comploteur, parasite qui vient détruire le mode de vie des peuples qui les accueillent…

Que Chouard puisse recommander ce genre de lecture me laisse quelque peu pensif, pour ne pas dire pantois, surtout quand régulièrement Chouard clame qu’il est de gauche et surtout pas antisémite…

Il s’empale très rapidement sur le phallus de la contradiction en disant combien il a pris connaissance du sionisme en lisant des auteurs qui sont des antisémites enragés, compulsifs, comme Israël Shahak, Norman Finkelstein, Gilad Atzmon.

Dans la galerie des auteurs qu’il recommande, Chouard fait l’apologie d’Antony Sutton qui a ripoliné les Protocoles des Sages de Sion en remplaçant les Juifs par les banques et prioritairement les banques américaines.

C’est ainsi qu’en lisant sa trilogie sur Wall Street nous apprenons que bien évidemment ce sont les banques américaines qui ont financé Hitler, le régime soviétique, etc.

Dans sa folie paranoïaque, Sutton n’hésitera même pas à écrire noir sur blanc que finalement Marx a été payé par les banques pour rédiger son Manifeste (quid de Engels ?), que son programme politique vise l’élimination des couches moyennes afin d’établir l’oligarchie des élites, des banquiers.

Soyons fou jusqu’au bout, l’inénarrable Sutton ira jusqu’à soutenir qu’il n’y avait pas de technologie soviétique, ce sont les banques américaines qui auraient procédé à de vastes transferts de technologie… il ne va pas jusqu’à dire que ce sont les banques américaines qui auraient financé la bombe nucléaire soviétique, mais c’est fortement induit ; pour avoir une idée de ce cerveau dérangé et de sa prose il suffit de consulter ce site.

Il existe d’autres sources, mais je préfère vous épargner une littérature qui n’est qu’une suite d’affirmations sans références vérifiables, contrôlables…

Exemple type de la démarche conspirationniste, j’affirme, j’affirme, je peux tout dire, au royaume des conspis ce qui compte ce sont les croyances personnelles, qui permettent de tout dire et son contraire.

Les propos de Chouard dans leur naïveté béate ne supportent pas que l’on puisse qualifier Sutton de conspirationniste, Sutton est pour lui un lanceur d’alerte….

Mais bien sûr !

Dans le culot dont font preuve les naïfs heureux, Chouard n’hésitera pas à écrire, – tenez-vous bien :

« Je déplore ce mot de ‘conspirationniste’ qui est une véritable agression contre l’intelligence critique : je note d’ailleurs que les mots ‘conspirationniste’ et ‘complotiste’ sont systématiquement utilisés pour discréditer un donneur d’alerte (institution FONDAMENTALE dans une démocratie digne de ce nom), et ces mots eux-mêmes sont devenus pour moi un révélateur, un indicateur : ceux qui utilisent les mots ‘conspirationniste’ et ‘complotiste’ sont des flics en civil du système ; consciemment ou inconsciemment, ils le sont DE FAIT. »

Je lui laisse l’appréciation de l’agression contre l’intelligence critique, en étant dépourvu, de cette intelligence critique, son appréciation fait sourire ou hausser les épaules.

Répéter comme des moutons, des perroquets, des ânes les fakes des conspis, c’est faire preuve d’intelligence critique… ben voyons, bons sang mais c’est bien sûr !

L’équipe de la « Tronche en biais » doit en rester sidérée en lisant ce genre de sentences, tout comme les nombreuses personnes qui par de nombreuses analyses ont démontré que le conspirationnisme / le complotisme sont les nouveaux vecteurs de la propagande brune…

Probablement certains vont m’accuser de faire des attaques ad hominem, c’est vrai, disons que je supporte très difficilement d’être traité de flic en civil, alors je me permets de lui retourner la politesse….

Radicalisant ses propos à la jobarderie sidérante et sidérale, Chouard fera des charlatans du ReOpen 911 de grands défenseurs de la Démocratie, je le cite, c’est savoureux :

« Je trouve effectivement REMARQUABLE le travail d’information et de recherche de la vérité des lanceurs d’alertes de ReOpen911. Une bonne invitation au débat démocratique. Un site d’utilité publique. »

À ce niveau ça ne se commente même plus…

Pour continuer la radicalisation dans la nigauderie, un peu plus loin, c’est sans vergogne aucune que notre Fidibus de l’économie politique déclare :

« Mais là encore, il y a un marqueur, regardez bien : la plupart des gens qui diabolisent ReOpen911 sont des chiens de garde du système. Diaboliser les sceptiques, ça leur sert de marqueur entre eux, entre collabos : si tu ne diabolises pas ReOpen, tu seras persécuté à ton tour par le système. Et ça fait peur aux autres ».

Etienne, cher crédule, pourriez-vous nous faire une liste des conspis persécutés ?

Pour finir la galerie des références, il y a bien évidemment …Thierry Meyssan pour lequel notre Fidibus de l’économie politique compose une ode !

Lisez :

« Moi, je peux me tromper bien sûr, mais jusqu’à plus ample informé, je crois que Meyssan est honnête et qu’il nous donne, pour l’essentiel (je ne lis pas tout de lui, loin de là), une information de (vraie) gauche (anti-guerre, anti-impérialiste et anticoloniale, moi ça me va) bien utile pour comprendre et pour résister à l’empire des néoconservateurs, qui grandit partout dans le monde. Si vous estimez qu’il se trompe, prouvez-le, simplement, mais ne diabolisez pas ceux qui signalent (certaines de) ses alertes, car ça, c’est vraiment nous prendre pour des enfants ou pour des idiots. »

Meyssan le menteur, le faussaire, le petit préposé à la propagande de la Russie poutinienne et de l’Iran des Mollahs élevé au rang de chroniqueur de la Gauche….

Mon pauvre Etienne, seriez-vous un enfant et un idiot au sens propre du terme (celui qui vit dans son monde, qui fait de sa singularité plus que singulière la norme de la pensée critique)?

Cela dit mettre à nu Chouard, c’est bien… mais il ne faut point négliger son audience, même si celle-ci décline, à force de fréquenter des ignobles.

Maintenant que penser, provisoirement des propos de Chouard ?

En guise de conclusion – ouverture

Chouard comme tant d’autres est un utopiste petit bourgeois qui croit naïvement à la création d’une société parfaite, qui éliminerait les pouvoirs des nantis.

Chouard, en plus d’être utopiste, est réactionnaire, tout ce qu’il sait faire c’est se lamenter sur le pouvoir des banques, des firmes internationales etc… oui et alors ?

La mondialisation est un fait inéluctable et sauf cataclysme, le mondialisme est un fait durable appelant à changer nos mentalités, nos approches économiques, sociales, culturelles…

Les banques, les firmes internationales (européennes, nord-américaines, nippones, chinoises, indiennes, coréennes, russes, malaisiennes, brésiliennes) l’ont très bien compris.

Face à ce fait nous n’avons que des discours de déploration : souverainisme de droite (FN), de gauche (PCF, NPA, La Gauche) jusqu’au discours les plus délirants du style complotiste, conspirationniste…

Discours qui sont tous réactionnaires car dans le déni d’une réalité sur laquelle il est impossible de revenir.

Je ne vais pas m’attarder sur les discours souverainistes de droite ou les délires des conspis qui, après tout, sont fidèles à leurs racines. En revanche ce qui m’étonne, et c’est un euphémisme, c’est le reniement de la Gauche envers l’Internationalisme.

L’internationalisme ne fut-il pas porté, clamé, développé par la Gauche ? N’est-ce point parce qu’il était internationaliste que Jean Jaurès fut assassiné ?

Les temps actuels ne sont-ils pas un appel pressant à repenser l’Internationale ouvrière, des salariés, des exploités, des victimes de l’OMC permettant aux banquiers de faire du monde une grande salle de Casino ?

Où est l’Internationale des syndicats, des partis socialistes ?
À part des congrès autant festifs que peu constructifs !

Où sont les propositions pour imposer des politiques sociales communes ?

Au moins au niveau de l’Europe ?

À penser comme Mélenchon ou autres, la gauche est devenue schizophrénique, elle pense les problèmes de façon bien franco-française en oubliant que la France plus que jamais est en interdépendance avec son environnement mondial.

Les politiques nationales sont déjà dépassées, pour tout curieux quant à la genèse des lois, nous ne pouvons constater que toutes nos lois cadres depuis 20 ans sont dérivées de chartes, déclarations, conventions, directives, recommandations émanant des instances internationales (ONU, UNESCO, OMS, OIT, ONUAA, …) et européennes (CEDH, UE)….

Que valent les nations en termes de pouvoir politique face aux géants bancaires et industriels chinois, nippons, russes, états-uniens ?

Rien !

Et croire le contraire relève soit de l’infantilisme soit de la naïveté idéologique.

Face à des pouvoirs internationaux, les états européens ne doivent-ils pas se fédérer ou tout du moins se confédérer ?

Face à l’OMC qui accorde la liberté de circulation des marchandises, des biens, des personnes mais surtout du capital, seules des lois internationales peuvent freiner, contrôler, limiter la convoitise sans borne des traders, du capital financier.

Ces lois internationales ne peuvent être promulguées que par des états fédérés, politiquement fort.

Or les différents souverainistes de gauche comme de droite ont raté le rendez-vous du traité de Rome II qui dotait l’UE d’une constitution politique en mai 2005, à la place, comme il fallait continuer à faire fonctionner les institutions européennes, nous avons eu le traité de Lisbonne de décembre 2007, traité administratif et technocratique qui dépouille l’UE d’une force politique et dont les conséquences sont catastrophiques, comme nous pouvons le constater.

Les eurosceptiques et les souverainistes ont fait plus fort que « si tu veux abattre ton chien accuse le d’avoir la rage », ils ont inoculé la rage au chien à abattre.

Ce sont les fossoyeurs de l’Europe qui ont saboté l’Europe et qui ont beau jeu de dire voyez l’UE est néfaste.
Certes le traité de Rome II n’était pas parfait, mais au moins il dotait les pays de l’UE d’une politique européenne capable de faire face aux défis de la mondialisation.

Revenons aux vaticinations des Chouard et autres nationalistes, souverainistes de droite comme de Gauche, mais surtout de gauche, cette Gauche à laquelle je suis tant attachée, je lui dis à cette Gauche au nom de Jean Jaurès, de Léon Blum, de Mendès France réveille-toi, sors donc de ta schizophrénie, les combats nationaux c’est FINI, nous sommes à l’heure de l’INTERNATIONALE !

C’est l’heure des combats à l’échelle internationale, de la promotion de politiques sociales internationales… et ce n’est pas, comme certains dévoyés, en s’alliant avec des fantômes comme Castro, Chavez, et autres reliquats d’un monde dépassé, moribond que vous y arriverez, mais en menant une alliance d’abord avec la gauche européenne, une alliance faite de combat autour d’un programme de propositions pour une UE sociale, notamment en relisant travaillant de façon critique les différentes conventions, protocoles, directives, recommandations de la CEDH et de l’UE pour les améliorer et surtout les rendre effectifs… par la mise en place de nouveaux processus démocratiques.

L’enjeu d’une mobilisation forte pour créer une UE fédérale dotée d’une politique commune est soit l’enlisement dans un libéralisme social mou, soit ce qui semble se dessiner une implosion de l’UE sous la houlette des souverainistes et autres eurosceptiques, un retour frileux sur les États nations frappés par une décomposition sociale et économique, une démocratie sclérosée, vieillissante, États  qui au final deviendront des États bananiers de groupes états-uniens, nippons, chinois, russes,… soit un renouveau d’une politique internationale sociale forte sous la houlette de l’UE.

Mais pour cela encore faut-il croire à nos valeurs humanistes, à l’espérance démocratique…

A suivre