Depuis quelques temps, l’actualité est dominée en grande partie par le conflit israélo-palestinien notamment par le projet de création d’un Etat palestinien.

La plupart des capitales européennes se prononcent sur l’opportunité de la création d’un Etat palestinien. Mais personne ne nous dit comment transformer ce qui s’apparente à une usine à gaz en un Etat viable, doté d’institutions viables, et d’une économie au service de sa population.

La communauté internationale n’a jusqu’ici pas reconnu l’indépendance de la Crimée qui présente plus de caractéristiques d’un Etat viable. Le peuple de Crimée, est établi sur un territoire bien défini, aux frontières internationalement reconnues, une histoire ancienne et connue, dispose de tous les outils régaliens d’un Etat (armée, parlement, partis politiques, justice, police, monnaie,…). Son peuple a décidé à 95 % des votants, de s’établir en Etat indépendant, mais il n’a toujours pas été reconnu par la communauté internationale.

Lorsque nous observons la situation en Ukraine qui demeure inquiétante malgré les actions menées par la communauté internationale, il y a de quoi rester craintif quant aux conséquences de la reconnaissance d’un Etat palestinien dont la décision de création a été prise de façon unilatérale – Etat dont l’horizon demeure encore obscur.

La création d’un Etat palestinien doit être le résultat d’une solution apaisée et négociée entre protagonistes, elle doit permettre de créer de bonnes relations de voisinage entre Israéliens et palestiniens. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui sur le terrain.

Les Palestiniens sont très divisés entre eux. La réconciliation de façade et le gouvernement d’union formé à sa suite reste toujours limité dans ses actions. La dernière cérémonie marquant le dixième anniversaire de la mort de Yasser Arafat en est l’illustration.

De plus, nous avons vu ce qu’est devenu Gaza après le retrait unilatéral d’Israël. L’Autorité palestinienne y a perdu toute autorité face à un Hamas faisant toujours partie des organisations déclarées terroristes par la communauté internationale, creusant des tunnels pour s’attaquer à l’Etat Israël. De plus, les violences de ces derniers jours à Jérusalem montrent combien la situation demeure préoccupante.

Monsieur Netanyahu qui fait parfois l’objet de critiques, déploie tous ses efforts pour éviter que la situation explose, malgré les déclarations de monsieur Abbas qui jettent de l’huile sur le feu. Monsieur Netanyahu est un Premier ministre régulièrement élu. Il a formé une coalition avec laquelle il gouverne même s’il fait face parfois à des distancions internes.

Ce qui n’est pas le cas de Monsieur Abbas, qui n’a organisé aucune élection depuis dix ans, incapable d’exercer son autorité sur tous les Territoires palestiniens. Ses ministres du gouvernement d’union formé avec le Hamas ne peuvent pas se rendre à Gaza. Chaque fois qu’ils prévoient un voyage à Gaza, ce sont des explosions et des attaques menées contre des résidences de membres du Fatah d’Abbas.

La situation demeure donc trop préoccupante pour se précipiter vers un vote même symbolique en faveur de la reconnaissance d’un Etat palestinien, qui de toutes les façons ne fera qu’accentuer les conflits existants sur le terrain.

Il a fallu que Monsieur Abbas se sente soutenu dans son projet de création d’un Etat palestinien pour qu’il libère la parole qui va conduire aux violences que nous observons ces derniers jours à Jérusalem. Fallait-il en arriver là pour une question de prière sur le mont du Temple ?

Depuis le début de ces violences, plusieurs Israéliens juifs ont été assassinés par leurs voisins arabes palestiniens, mais aucun civil israélien n’a répondu par la violence. Quelle serait la réaction de la communauté internationale si des violences similaires venaient du côté des civils israéliens en réponse à ces attaques ?

Il est temps de dire à Monsieur Abbas que « certes nous voulons d’un Etat pour les Palestiniens, oui Israël aussi est pour un Etat palestinien, mais pas dans ces conditions.

Il faudrait d’abord une vraie réconciliation entre Palestiniens, une autorité de l’Autorité palestinienne pleinement rétablie sur l’ensemble des Territoires palestiniens, l’arrêt définitif des violences contre Israël et les Israéliens, et une reprise du dialogue avec Israël en vue de discuter des conditions de la création d’un Etat palestinien qui pour le moment ne dispose pas de frontières viables. Car, Monsieur Abbas, l’exemple du retrait unilatéral d’Israël de Gaza nous a instruits.

Vous avez perdu votre autorité sur Gaza. Vous risquez de la perdre encore au profit du Hamas et de ses alliés sur l’ensemble des Territoires palestiniens. Il nous faudra donc créer les conditions d’un Etat digne de ce nom, démocratique, capable d’organiser des élections ouvertes à tous. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui ».

La communauté internationale quant à elle devra s’instruire de la dernière guerre qui a eu lieu cet été entre Israël et Gaza. Elle a permis de comprendre encore mieux les réelles motivations du Hamas et de ses alliés, qui ne cherchent qu’à s‘en prendre à Israël. Plus de trente tunnels creusés, allant jusqu’à l’intérieur du territoire israélien. Il ne faudrait pas donner un mandat pour tuer au Hamas et à ses alliés.