Le régime Islamiste d’Iran ne semble pas renoncer à son projet nucléaire, en dépit de ses déclarations apaisantes. Parallèlement il renforce ses intentions belliqueuses aux abords des frontières d’Israël. Dans ce cadre Téhéran fait des efforts dans le domaine des renseignements, en essayant de placer en Israël des espions.

En effet, on apprend qu’un tel espion vient d’être condamné par un tribunal israélien à sept ans d’emprisonnement, étant arrêté peu de temps après son arrive dans le pays.

Certes, c’est une affaire de plus dans la réalité d’Israël, accoutumé à ce genre d’histoires, comme tout pays en guerre, réelle ou virtuelle. Mais cette fois il y’a une particularité, sur toile de fond actuelle et diplomatique. Alors que par le passé ces affaires étaient tenues secrètes longtemps, ou jamais divulguées, cette fois l’idée de divulguer l’affaire serait venue des milieux politiques haut placés pour des raisons politiques et diplomatiques.

A savoir, démontrer les mauvaises intentions de Téhéran, au moment où s’esquisse un semblant d’accord entre l’occident et les Ayatollahs.

Ceci dit, l’affaire en soit n’est pas des moindres. Il s’agit d’un espion iranien venu en Israël à trois reprises afin de créer une infrastructure pour des affaires commerciales qui serviraient de bases pour l’activité d’espionnage. C’est une pratique habituelle et connue dans ce monde de l’ombre.

L’agent arrêté au moment d’embarquer pour quitter Israël et rentrer chez lui, est un homme d’affaires belge d’origine iranienne, nommé Alex Manès, et dont le nom d’origine était Ali Mansouri. Agé de 56 ans il est né en Iran qu’il avait quitté en1980 pour s’installer d’abord en Turquie et ensuite en Belgique en 1997. Ayant épousé une belge il a été naturalisé en 2006, pour divorcer au bout de peu de temps.

Il n’a pas attendu longtemps avant de rentrer en Iran, pour y séjourner quelques années en faisant la navette entre ses deux patries. Il s’est remarié, avec une iranienne cette fois, et a deux enfants.

Les services secrets iraniens n’avaient pas manqué de découvrir le potentiel qui s’ouvrait devant eux pour l’utiliser comme agent secret. Sa nationalité belge, ses longs séjours à l’étranger, son comportement européen l’avaient en effet désigné pour cette tâche. Il y’a environs trois ans il a été donc contacté par la section « opérations spéciales » des « Gardes Révolutionnaires » iraniennes lui confiant la mission d’espionnage.

Son interrogatoire ici a révélé que ses supérieurs seraient des noms iraniens connus aux israéliens, tels que Kassem Soulimani, Hadji Mestafa, Hadji Hamis Naamati et Mehdi Khanbabaï.

Mansouri-Manès est venu en Israël trois fois, la première en 2012. Au cours de ses séjours il a contacté de nombreux hommes d’affaires, leur proposant sa marchandise, présentée comme « la meilleure d’Europe », en l’occurrence des fenêtres et vitrines pour restaurants, bistrots et magasins. Il a présenté son site Internet où il se vante:  » Salut Monde, Nous vendons Bonheur, beauté et confort ». Or les vérifications démontrent que c’est une société-fiction qui n’existe pas en réalité.

Pendant l’interrogatoire on a trouvé cachées dans ses bagages 16 photos prises par lui de sites vulnérables à des actes terroristes, parmi lesquels l’aéroport international de Tel Aviv et l’ambassade américaine qu’il avait photographié de sa chambre d’hôtel surplombant l’ambassade. Ce qui selon les enquêteurs semblait suspect.

Pour justifier ses intentions d’espionner, Mansouri-Manès a prétexté avoir été soumis au chantage de la part des autorités iraniennes, ayant selon lui retenu sa famille, les empêchant de rentrer avec lui en Belgique s’il refusait de se soumettre à leurs exigences. Il a prétendu également être laïc et n’ayant aucun attachement religieux à l’Islam. Affirmations gratuites n’ayant pas convaincu le tribunal.

Mais c’est toujours le dossier nucléaire qui continue à préoccuper les israéliens, surtout après l’annonce faite par Moscou sur la livraison imminente des missiles perfectionnés « S-300 » destinés à empêcher des attaques aériennes éventuelles.

Certes, entretemps Washington, essayant de calmer les esprits, affirme pouvoir surmonter l’obstacle posé par ces missiles.

Cependant, il semble plutôt que ce sont des démarches diplomatiques entre Jérusalem et Moscou qui changent cette évolution, puisqu’une déclaration plus récente, venant du Kremlin affirme que la livraison des « S-300 » n’est guère imminente. Or, ce changement serait le résultat d’un avertissement israélien de livrer des armes à l’Ukraine, en plein conflit avec la Russie.

Ce qui rappelle un scénario semblable il y’a quelques années. A ce moment fut conclue et payée la vente des « S-300 » à l’Iran, mais ajournée peu de temps après, grâce à l’engagement d’Israël de ne pas livrer des armes à la Géorgie, laquelle était en conflit avec la Russie.

Comme quoi, même dans les sales affaires des compromis sont parfois possibles.