Le 25 janvier 2017, devant la 17e Chambre correctionnelle à Paris, se tiendra l’audience du procès qui oppose G. Bensoussan, historien et responsable éditorial au Mémorial de la Shoah (Paris), au Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF).

M. Bensoussan est assigné pour incitation à la « discrimination, la haine ou la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine (…) en l’espèce la communauté musulmane ». L’historien devra s’expliquer sur ses propos tenus en octobre 2015 à l’émission de radio d’Alain Finkielkraut, Répliques, sur France Culture :

« Il se trouve qu’un sociologue algérien, Smaïn Laacher, d’un très grand courage, vient de dire dans le film qui passera sur France 3 : c’est une honte que de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes, en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme, on le tète avec le lait de la mère. »

Comme l’écrivait mercredi dans le Times of Israël, la journaliste Isabelle Kersimon :

« Je n’aurais pas dit les choses comme lui, mais on lui fait un mauvais procès. Cet homme n’est pas raciste. Mohamed Sifaoui a écrit quelque chose de semblable en 2014 dans le Huffington Post sans qu’un tel débat n’ait lieu. C’est injuste et même dégueulasse, excusez-moi du mot, d’attaquer Bensoussan, car on salit un homme et son intégrité, en tentant de le faire passer pour ce qu’il n’est pas. »

Au nom des valeurs de notre République, de notre combat pour la laïcité et contre l’antisémitisme, G. Bensoussan devrait être soutenu dans ce procès à venir. Le combat d’Isabelle Kersimon est tout aussi admirable.

Alors qu’elle subit de nombreuses menaces et des pressions multiples, elle ne cesse d’enquêter afin de nous alerter sur l’influence des Frères musulmans dans la société française.

Cependant, il est important de l’écrire – Isabelle Kersimon ne pourra qu’être d’accord avec mes propos -, cette bataille contre l’intégrisme ne doit pas se mener au détriment d’une autre : un combat contre une haine des musulmans qui existe et sévit en France.

Les discours de G. Bensoussan comme ceux de I. Kersimon sont mal interprétés, instrumentalisés par le bloc identitaire avide de déclarer des propos absurdes et fantasmagoriques qu’ « un million de musulmans (sont) prêts à la guerre civile en France » (site Riposte laïque).

Le combat est donc double, mais l’enjeu est important car à quelques mois des élections, il est crucial de ne pas donner une seule voix au Front National et aux identitaires.

Mais hélas, parmi ceux qui dénoncent la radicalisation des musulmans dans nos banlieues, nombreux attisent la haine contre les musulmans français et rêvent de construire une guerre communautaire. La nuance doit toujours être de mise, et le combat double afin de s’élever contre toute sorte de haine pour le bien vivre ensemble.