Sahar Matan est un jeune peintre israélien de vingt-huit ans diplômé de l’école d’art figuratif, qui commence sa carrière en 2014 en exposant dans de grandes galeries du centre d’Israël, dont la prestigieuse galerie Tirosh de Herzliya, et en participant à des expositions collectives comme pour la Banque Hapoalim au profit de la lutte contre le Sida. Tout naturellement on le retrouve en 2017 pour sa première exposition solo.

Crédit : Sahar Matan

Au fil de ses peintures à l’huile sur toile, entre figuratif et symbolisme, sur fond noir, des personnages apparaissent – souvent des enfants – et des animaux, tantôt des aigles, souvent des loups, vacillant dans des tonalités allant du bleu au gris.

Dans cette mélancolie ambiante, le peintre sème des touches de couleurs plus chaudes mais aussi plus poignantes, qui viennent éclater au visage du spectateur pour qu’il ne perde pas de vue l’essentiel. C’est qu’au travers de la chair comme de l’habit, Sahar Matan peint de manière explicite l’organe du coeur dans toutes ses composantes. 

Matan explore le thème du « coeur », cette pompe qui diffuse le sang dans tout le corps humain, va-et-vient permanent générateur de vie. De peinture en peinture, il tisse un lien qu’il veut indissoluble et humain : « En tant qu’artiste, je parle à travers mes peintures, pour casser les conventions et élargir notre capacité en tant qu’êtres humains à tendre vers quelque chose de plus juste et de beau. Ainsi qu’à donner une expérience humaine qui permet de se connecter à l’oeuvre et laisser agir l’imagination. Nous devons trouver la vraie volonté de nos cœurs ».

Crédit : Sahar Matan

Sahar part souvent d’un souvenir, une photographie, un lien particulier qui rattache son imagination à ses émotions et de là née l’idée générale d’une oeuvre. Cela vient de ce dont le peintre veut parler et laisse venir ce qui se présente à lui et provoque une expérience émotive. Le loup est un motif qui revient souvent dans ses travaux, à la fois sauvage, solitaire, protecteur et qui évolue en meute, Sahar Matan s’identifie à cet animal et sous sa forme parle dans ses toiles, se présente au spectateur et s’impose de façon autobiographique dans son oeuvre. Du point de départ à la réalisation de la toile, Sahar laisse court à l’imprévu, ce qui rend le processus créatif plus léger, intéressant, et laisse apparaître des détails nouveaux. 

Crédit : Sahar Matan

Pour l’année en cours, Sahar Matan prépare une exposition de groupe, cette fois à San Diego, aux Etats-Unis. A suivre…