En France, des libres penseurs ont été assassinés, des artistes pour moi, qui savaient en quelques traits de crayon précis donner à voir le caché et nos pires défauts, mais que les idéalistes ne s’offusquent pas si dans cette explosion de louanges qui accompagnent leur disparition, je tente de relativiser et dire, oui ils sont morts pour des idées, et c’est à mettre à leur crédit, mais, à moins que la gloire ne leur ait broyé le cerveau, ils avaient choisi leur destin, ce qui n’est pas le cas des milliers d’enfants et de chrétiens, de musulmans même, qui meurent actuellement sous la barbarie d’un terrorisme islamique.

Oui, ils étaient en tête d’affiche, oui ils étaient connus, mais en quoi leur mort est-elle plus importante que celle de tous ceux qui sont actuellement sacrifiés sur l’autel d’un terrorisme international ?

Je vois tellement les médias et les politiques, notre gouvernement utiliser cet accident tragique, pour en tirer des bénéfices électoralistes ou financiers, se persuadant eux-mêmes d’être en adéquation avec l’humanité souffrante, alors qu’ils ne sont qu’intéressés par les pourcentages et les variations de leur côte, que j’en ai la nausée.

Que les idéalistes me pardonnent, mais parfois vraiment, je voudrais que le monde soit ce qu’il paraît être et qu’il n’est jamais, même dans les pires situations, comme celle qui vient de nous atteindre : authentique, sincère, dénué de prédation et d’opportunisme….

Un rêve qui semble ne jamais pouvoir exister.

Tout est bon pour faire de l’audimat, de l’argent, des voix. Tout est bon pour manipuler les mentalités et les esprits sincères, et dans une France qui s’enlisait entre les vices d’une gauche et d’une droite parfaitement semblables et intéressées par les privilèges du pouvoir, l’assassinat de quatre personnes mises en avant, alors qu’il y a eu plus de 20 personnes blessées ou assassinées pendant cette tragédie, semble une fois encore, une fois de trop au regard du contexte social et historique, un outil politique et électoraliste. Une façon de récupérer un peu d’aura pour Hollande, et de possibilités diverses pour les accrocs du pouvoir.

Et tout ce racolage, il est question de personnes qui ont perdu la vie, laissé des familles, des amours, des enfants derrière elles, est honteux.

Les idées et les mots d’encensement cauteleux foisonnent, alors qu’il faudrait du silence et du recueillement pour condoléances, pour réfléchir, pour décider aussi d’autres stratégies de survie dans un monde soumis à un terrorisme inéluctable.

Ils sont mort pour des idées, et j’ai le cœur révulsé par l’absurdité de nos pauvres vies si fragiles comparées à la haute dimension de l’esprit qui les porte ; mais pas plus que lorsque en Syrie des petits enfants ont les jambes et les bras coupés par des islamistes fous et sanguinaires ; pas plus que lorsque des femmes sont lapidées sous les yeux indifférents de leur père et frères ; pas plus que lorsque des gamins sont accrochés aux fenêtres de Gaza pour servir de boucliers ; pas plus que lorsque des petits enfants d’Israël tombent sous les roquettes islamistes ; pas plus que lorsque des milliers de roquettes frappent ce tout petit pays qu’est Israël, faisant courir les familles aux abris comme cela se passait pendant la dernière guerre en France et se coucher les voyageurs dans les trains arrêtés sur les voies pour cause de bombes suspendues.

Israël depuis 70 ans vit dans sa chair et sur cette terre dite Sainte, ce qu’aujourd’hui en modèle réduit, vient de vivre la France ; alors oui je compatis, et j’ai de la peine pour toutes ces personnes disparues sur l’autel du fanatisme et de la barbarie, mais au fond de moi, il y a comme une litanie, une petite voix récurrente qui s’insurge, me rappelle que là- bas, chez nous, la peur c’est coutumier, l’angoisse c’est du quotidien et l’avenir une incertitude, parce que malgré la force de vie qui nous est commune, le pari qui a été fait de survivre n’est pas gagné et toujours remis en question par des instances internationales seulement portées par leurs propres intérêts.

Aujourd’hui la population française est en colère contre le terrorisme qui vient de l’atteindre au cœur de sa capitale, ses élus politiques réfléchissent à comment bien utiliser ce drame à leur profit et à celui de leur parti, tandis que vous et moi espérons seulement que d’un mal émergera un bien, un peu de conscience sur la réalité de notre monde en mutation où les espèces disparaissent, où les terroristes palestiniens passent pour des gentils révolutionnaires et les Israéliens démocrates pour des loups, où tout semble sens dessus dessous sur une planète
« déboussolée ». Mais, ainsi paraît-il vont toujours les hommes vers leur devenir : en vrac !