Une fois n’est pas coutume, mais pour un moment l’Assemblée Générale de l’ONU a attiré ces jours l’attention des médias, et peut-être d’une partie de l’opinion publique, grâce à l’apparition de certains grands ténors de la politique internationale : Obama, Poutine, Hollande.

Mais du même coup sont soulignés l’abîme et la contradiction séparant les uns des autres, rappelant les jours de la guerre froide. Bon, pas froide, disons tiède.

Sur la même estrade les dirigeants américain et russe ont opposé des approches, voire des intérêts, opposés sur le sujet de la Syrie.

Pour déstituer le président Assad, selon Obama, ou au contraire le sauver et le maintenir selon Poutine. Certes, ils ont promis de se concerter pour essayer de trouver un compromis, lequel est impossible.

Or, d’ores et déjà sur le terrain, l’on peut prévoir des affrontements qui risquent d’être tragiques.

Les Russes attaquant depuis le ciel, et peut-être bientôt sur terre, les rebelles au régime, alors que les Américains se déclarent détérminés à défendre et à soutenir ces mêmes rebelles.

Il faudrait donc un rien, ne serait-ce qu’une erreur ou un incident local pour mettre face à face Américains et Russes.

Une chose pourtant est susceptible d’empêcher un tel affrontement désastreux : l’hésitation et la faiblesse d’Obama ne vont guère affaiblir la détérmination de Poutine.

L’Assmblée Générale a servi aussi à la vieille confrontation prévue entre les dirigeants israélien et palestinien.

Abou Mazen [Mahmoud Abbas] a lancé des attaques virulentes contre Israël, lui reprochant tous les torts possibles.

Et de lancer “une bombe“ en annonçant qu’il se retirait de toute négociation éventuelle avec Israël. Ignorant le fait que depuis un certain temps il n’y a pas de négociations politiques, à l’exception de contacts au niveau militaire pour assurer la sécurité et éviter des affrontements.

Netanyahu pour sa part a opté dans sa réponse pour un style modéré, réaffirmant être disposé à tout moment à reprendre la négociation “sans conditions préalables“, ainsi que son attachement à la formule “magique“, à savoir “Deux États pour deux peuples“.

Or, cette idée n’est pas réaliste : pourquoi deux États et non trois ? Les habitants de la bande de Gaza n’aspirent-ils pas à un État ? Donc, pourquoi pas trois États pour deux peuples ? Et ainsi de suite – en Syrie, en Irak, au Yemen.

La proclamation d’Abou Mazen à l’ONU pourrait engendrer des troubles au cas où cesserait la coordination militaire entre Israël et l’Autorité palestinienne, plongeant la région dans un chaos.

De toute façon, les esprits sont déjà chauffés, ce qui est manifeste sur le terrain.

Les attentats contre des Israéliens ont repris de plus belle, notamment par une série d’assassinats de civils israeliens, ainsi que le lancement de pierres et bombes incendiaires. Faut-il craindre une nouvelle « Intifada » (soulevement populaire) ?

« Paris brûle-t-il ? » avait demandé Hitler au general Von Choltitz, commandant allemand lors de la Libération de Paris en août 1944. Une question semblable – Jérusalem brûle-t-elle – vient à l’esprit dans certains milieux politiques ainsi que dans l’opinion publique en Israël, à la suite des incidents et des affrontements ayant marqué ces derniers jours.

Non, Jérusalem ne brûle pas. Du moins, pas encore. Mais les incidents ont éveillé l’inquiétude de voir un conflit general entre les habitants juifs et arabes de la capitale, et ailleurs en Cisjordanie.

Les Israéliens sont en effet sous le choc après un attentat ignoble tout récent, dans lequel des terroristes ont assassiné, devant leurs quatre enfants, un couple se rendant en voiture à leur domicile. Suivi de l’assassinat au couteau de deux civils revenant de la synagogue dans le Vieille Ville de Jerusalem.

Cette tragedie s’ajoute aux nouveaux troubles sur le mont du Temple (qualifié par les Musulmans « Esplanade des mosquées »).

Des jeunes Palestiniens ont en effet jeté des explosifs près de l’entrée du mont du Temple tandis que la police tentait de forcer leur chemin dans le lieu de culte afin de disperser les émeutiers.

La police était en état d’alerte vendredi matin, 3 000 policiers ayant été déployés à travers la ville avant les prières de midi. Mais la prière des plus de 50 ans a été autorisée, ce qui a peut être contribué à limiter les incidents. Donc, pas d’incendie, mais tout de même des flammes.

En somme, c’est toute une complication qui avait envénimé l’ambiance dans cette ville, dont la cohabitation ne parvient guère à s’imposer.

C’est une vieille décision prise par Moshe Dayan au lendemain de la libération de Jérusalem en 1967 qui sert de toile de fonds. Il avait interdit la prière ni juive ni musulmane dans l’enceinte, afin d’éviter des tensions religieuses.

Or, c’est le contraire qui se produit, les deux communautés refusant de se plier devant l’interdiction. Donc, le status quo, existant toujours théoriquement, n’avait pas été respecté de part et d’autre, d’où les affrontements fréquents.