Ah ! Le temps béni des croisades quand, en période de crise, les puissants rassemblaient les nécessiteux et les envoyaient conquérir Jérusalem.
Ils partaient mourir pour la croix, au passage ils massacraient les Juifs et arrivaient en Orient où ils étaient exterminés par les musulmans.

Hamas a appris la leçon. Il traverse une crise, il expédie ses pauvres à la conquête de Jérusalem. Mais a-t-il bien compris ? Ceux-ci n’arrivent pas à Jérusalem. De plus, les Juifs se défendent et comble de malchance pour le Hamas, presque tous survivent.

Cette expédition a coûté des victimes. Pour beaucoup des combattants Hamas et des civils, parmi lesquels disent les media, un nourrisson de huit mois, une petite fille adorable que ses parents avaient emmenée sur le front. Le tarif de Hamas est de cent dollars par personne qui s’approche de la barrière, cinq cent dollars pour un blessé et trois mille dollars pour un tué.

La fillette aurait été asphyxiée soit par les gaz lacrymogènes tirés par l’armée israélienne soit par les émanations des pneus que les palestiniens font brûler pour se cacher derrière la fumée. C’est consternant. Pourquoi se trouvait-elle sur un champ de bataille ?

Génocides

En réaction à ces événements de Gaza, le président turc Recep Tayyip Erdogan a rappelé pour consultations ses ambassadeurs en Israël et aux Etats-Unis. Il a accusé Israël de « génocide ». C’est très intéressant, en effet, la Turquie est experte en génocide, elle en a commis pas moins de trois au 20ème siècle, et que dire de son action aujourd’hui contre les Kurdes.

L’Empire Ottoman, surnommé « l’homme malade de l’Europe » par le tsar Nicolas 1er avait perdu un grand nombre de guerres et la plupart de ses possessions en Europe : Bulgarie, Roumanie, Balkans, Caucase de Russie, Albanie, Grèce, etc. Les populations musulmanes avaient majoritairement fui vers la Turquie qui était à l’époque un État multiethnique et multiconfessionnel regroupant des populations très diverses.

La prise de pouvoir des « Jeunes Turcs » s’est accompagnée d’une violente campagne de Turquification, élimination des populations non islamisées qui étaient considérées comme des citoyens de seconde zone (dhimmis) et leur remplacement par les immigrations musulmanes venues des pays perdus par l’Empire.

1° Génocide Assyrien. Un million d’Assyriens, chrétiens qui vivaient dans ce qui est aujourd’hui le sud-est de la Turquie et en Mésopotamie. Les trois quarts ont été massacrés entre 1914 et 1920 par l’armée turque. 750.000 victimes aujourd’hui quasiment oubliées du monde entier.

2° Génocide arménien. D’avril 1915 à juillet 1923, la population arménienne de l’Empire ottoman à été victime de massacres et déportations par des « marches de la mort ». Au moins un million et demi d’Arméniens furent exterminés dans d’atroces conditions. Parmi les trois pachas qui dirigeaient le pays, Talaat Pacha, était grand vizir et ministre de l’intérieur. Il fut le principal organisateur du génocide arménien. On lui attribue l’ordre de « tuer tous les hommes, femmes et enfants arméniens sans exception ». Les Arméniens l’appellent le Hitler turc. Encore aujourd’hui il est honoré en Turquie.

3° Génocide Grec Pontique. La région du Pont est située au Nord-Est de la Turquie. La ville la plus importante est Trébizonde. Pendant et après la première mondiale, environ 500.000 grecs orthodoxes y furent exterminés par les Turcs.

4° Yézidis. Ce n’est pas reconnu comme un génocide, mais les habitants Yézidis, furent aussi durement touchés durant cette période par les autorités turques. Selon les responsables de la communauté réfugiée en Arménie, 500 000 yézidis auraient péri durant les massacres.

5° Juifs. Du fait de la faible importance chrétienne, la Palestine ottomane a été relativement épargnée par les grands massacres turcs. Mais au printemps 1917, les autorités turques publièrent l’ordre de déportation des Juifs de Tel Aviv. Le gouverneur turc de Jaffa commença à appliquer aux Juifs la politique de nettoyage ethnique. Aaron Aaronsohn, fondateur de Nili, une organisation clandestine juive envoya le 28 avril 1917 un message urgent à Londres: « Tel-Aviv a été mis à sac. 10.000 Juifs de Palestine sont maintenant sans foyer ou nourriture. L’ensemble du Yishouv est menacé de destruction. Djemal Pacha a déclaré publiquement que la politique arménienne va maintenant être appliquée aux Juifs ». La Campagne de Palestine lancée par les Anglais contre les Turcs a sauvé les Juifs de Palestine d’un sort identique aux Arméniens.

Aujourd’hui, la Turquie refuse de reconnaître la réalité des génocides dont elle s’est rendue coupable. La justice punit ceux qui contredisent la version officielle turque : le nouveau Code pénal, censé rapprocher la Turquie des standards européens en termes de droits de l’homme, a été dénoncé par plusieurs organisations internationales, notamment à cause de son article 305 qui punit de trois ans à dix ans de prison et d’une amende tous « actes contraires à l’intérêt fondamental de la nation » ; la peine peut être étendue à quinze ans de prison si cette opinion est exprimée dans la presse.

Recep Tayyip Erdogan président d’un régime « national-islamiste » considère les 3 millions de victimes civiles dont la Turquie est coupable comme un épiphénomène, par contre il accuse Israël de génocide pour avoir éliminé en légitime défense une bande d’individus armés qui tentaient d’envahir son territoire, abrités derrière des femmes et des enfants.

Il est plus que temps qu’Israël reconnaisse les génocides perpétrés par les Turcs, en priorité celui des Arméniens. Non pas comme le demandent certains députés israéliens en riposte à Erdogan, mais par souci de justice, de refus du négationnisme. Israël s’honorerait en ne sacrifiant pas la morale pour du gaz ou une destination de vacances. Ne nous conduisons pas à l’égal du comportement des Européens avec l’Iran, qui oublient leur dignité pour du business.