Aimer son pays est une responsabilité collective.

Israël, c’est une réalité politique, historique, géographique, démographique et culturelle. Cette alchimie constitue une substance charnelle et spirituelle – le corps et l’âme – où s’enracine un destin. Ce destin est toujours au-delà et en deçà du réel mais elle porte une promesse qui est l’énergie vitale du pays.

Dire, formuler publiquement son amour pour Israël, c’est prendre conscience et reprendre son destin en main. Le grand défi d’une grande nation, c’est de maintenir le lien et la cohésion, sans que l’espace public ne soit verrouillé ou éclaté.

L’amour d’Israël est une affaire de tous, il transcende les dissensions politiques, les différences ethniques, la diversité des croyances et les questions d’âge. Ce sont les qualités morales et éthiques, les compétences intrinsèques de tout un chacun, et notre capacité à mettre l’intérêt général au-dessus du personnel qui feront qu’Israël prospère.

Que chacun aime son pays à sa manière, mais qu’il laisse les autres l’aimer comme ils l’entendent mais le patriotisme s’apprend.
Apprendre La « Hatikva » ne suffira pas si nous ne redonnons pas à nos enfants la fierté d’être israélien. L’exemple doit être donné par les responsables politiques qui ne sauraient limiter l’incantation patriotique aux lendemains des grandes tragédies, voire aux domaines économiques et fiscaux. Aimer Israël ne requiert aucune justification.

Néanmoins, tout en prônant un modèle, qui tend vers l’universel, Israël ne peut être abstrait, il a ses valeurs propres et son mode de vie qu’il doit revendiquer, préserver et protéger. Le vivre ensemble est un beau message mais doit s’articuler sur des réalités. Une identité se construit de manière concrète, à travers des choix de société et des paramètres identitaires constants, qu’il faut négocier sans cesse, au mieux.

Il faudrait se rassembler et s’unir, mettre le plus de valeurs en commun, mais toute société a son identité propre évolutive et ses repères culturels aménagés. Certes, il ne faudrait pas que les éléments qui le structurent, deviennent figés, dogmatiques ou discriminatoires.

L’idéal de se réclamer d’une société humaine, universelle, des droits de l’homme « sans distinction de race, sexe, langue et religion » deviendrait la réalité que si nous nous construisons culturellement et politiquement, à travers « notre langue, notre identité, notre religion et nos mœurs » (Hérodote).