Israel sort d’une guerre éprouvante de 50 jours contre le Hamas, apportant son lot d’épreuves, d’inquiétudes, et de morts dans les rangs de Tsahal.

Quand la tension est à son comble en Israël, la communauté juive se mobilise dans un même élan de solidarité à l’égard du peuple israélien et de son armée.

Toutes les associations communautaires, de la plus petite structure à la plus grande, s’engagent sur le front de l’entraide et servent de relais entre les juifs du monde et Israël.

Comme pour l’affaire Gilad Shalit, l’opération Bordure Protectrice engageant la jeunesse du pays dans un affrontement avec l’organisation terroriste du Hamas, a suscité une onde de choc dans le cœur de tous les juifs.

Le sionisme qui nous habite à des degrés divers, était à son paroxysme. C’est dans ces moments de périodes troubles que nous resserrions nos rangs quelque soit notre degré de religiosité, nos convictions, nos divergences ou nos orientations politiques qui fondent comme neige au soleil.

Cette flamme qui sommeille en chacun de nous se met à briller de tout son éclat. Ce ralliement vital est une évidence. Il est aussi une des particularités de notre peuple face à notre propre judéité.

Mais militer pour de nobles causes ne doit pas nous faire oublier que l’argent exerce un pouvoir de fascination sur les hommes. Comme dans toute communauté, la nôtre n’est pas épargnée par certaines dérives qu’il faut dénoncer.

Ce n’est pas en soi l’affaire d’une association ou d’une structure communautaire militante mais bien l’affaire des hommes qui la dirigent.

Ainsi, dans certains cas, nous pouvons être confrontés à des dérives lucratives et conjoncturelles avec des appels aux dons éhontés afin d’aider Tsahal.

Cette gymnastique bien huilée ne représente qu’une toute petite minorité d’entre elles fort heureusement, mais la manne providentielle est loin d’être négligeable. Comme il n’y a aucun contrôle sérieux en ce domaine c’est par conséquent une porte ouverte à la malhonnête et aux abus avec comme ressort un jeu malsain flirtant sur notre émotivité et notre amour pour Israël touchés de plein fouet.

Faire des appels aux dons est une bonne chose mais encore faut-il que nous puissions avoir le recul nécessaire pour dissocier le bon vin de l’ivraie.

La plupart des associations fonctionnent avec honnêteté et conviction mais cela ne doit pas nous faire perdre de vue qu’un minimum de discernement nous permet d’y voir plus clair dans cette nébuleuse surtout lorsque les appels aux dons semblent des plus loufoques.

Dans ce club très privé, certains n’ont pas hésité à faire monter les enchères quitte à faire passer Tsahal pour une armée sous-équipée. Nul ne peut ignorer que l’Armée est très hiérarchisée et bien structurée au niveau de ses différents services. Diffuser par conséquent des appels aux dons pour des besoins d’équipement militaire (gilets pare-balles, beliers…) est indécent et insultant envers Tsahal.

L’équation entre les besoins, les récoltes de fonds et les actions réalisées sur le terrain sont parfois très éloquentes dans la disproportion et la démesure qu’une odeur de souffre se fait sentir. La justification des besoins et des moyens engagés n’est pas vérifiable sur un plan strictement comptable.

C’est donc à chacun de nous d’avoir un oeil critique en la matière et de faire évoluer les choses dans l’intérêt général. Je tiens à rassurer les lecteurs quant à la qualité de la majeure partie de nos associations communautaires dont il faut saluer le travail fourni sur le terrain et leur engagement.

Leurs actions ont permis d’améliorer le quotidien des soldats en leur faisant parvenir des biens de grande consommation. (pizzas, boissons, savons…)

leur procurant confort et réconfort. Aidés de bénévoles ils œuvrent dans l’intérêt du peuple israélien et de son armée donnant sans compter de leur temps dans la logistique.

Nous devons néamoins rester vigilant dans ce domaine très sensible que sont les appels aux dons principalement en période de crise.