Je trouve que Trump a bien entamé sa présidence, en tout cas s’agissant du conflit Israélo-palestinien.

On ne pourra pas lui reprocher d’avoir précipité le déplacement de l’Ambassade des USA de Tel-Aviv à Jerusalem comme il avait promis de le faire, au contraire, il donne l’impression de ménager les susceptibilités arabes et musulmanes, alors même qu’il ne dément nullement qu’il le fera et qu’il se prépare à le faire.

C’est dans cet environnement diplomatique qu’il décide à la surprise générale, d’inviter Abbas á Washington, quitte à inquiéter ceux qui pensent que considérer cet homme politique discrédité sur la scène palestinienne et arabe, ne serait pas de bonne augure pour Israel.

Bien au contraire, je suis persuadé que c’est en complet accord avec Netanyahu que Trump a pris cette initiative, et Abbas serait bien inspiré de revoir la copie qu’il a l’habitude de produire á Hollande lors de ses fréquentes entrevues, qui furent toutes contre-productives et futiles.

Trump n’est pas prêt à se montrer compréhensif voir complice face aux atermoiements d’Abbas, devenu expert dans l’art de faire semblant d’être l’homme de paix, toujours prêt à s’asseoir à la table de négociations, mais sans jamais faire la moindre concession.

Si Abbas croit qu’il aura en face de lui un second Hollande, je lui conseillerai plutôt d’aller à Washington dans un tout autre esprit, Trump n’est pas du genre à perdre son temps en palabre, tout dans son caractère laisse penser que plus le challenge est difficile à relever et plus il sait se montrer persévérant et persuasif, voir insistant…

Ce voyage va offrir une des dernières chances aux palestiniens d’abattre enfin leurs cartes et de prouver qu’ils veulent trouver une solution juste et acceptable par les Israéliens, sinon il faut craindre que Trump donnera carte blanche aux responsables qu’il a nommés, pour favoriser une decision qu’il a déjà en tête, en cas de mauvaise foi des palestiniens.

Le déplacement de leur ambassade sera sur le plateau de la balance quand il se sera fait une idée définitive sur les intentions réelles des palestiniens, il ne faudra pas qu’Abbas lui donne le prétexte pour qu’il mette à exécution cette promesse.

Clinton aurait dû en 2000, agiter la menace du déplacement de leur Ambassade á Jerusalem, si Arafat continuait à rejeter les offres de paix très généreuses de Barak, offres que plus aucun Premier Ministre ne réitérera à mon avis.

Pour finir, il ne faut pas prendre à la légère le fait que Trump ait téléphoné à Netanyahu la semaine dernière, alors que celui-ci avait la police chez lui pour des Affaires sur lesquelles il doit répondre. Cet appel est à mon avis un signe très fort envoyé à tous ceux qui s’acharnent contre le Premier Ministre pour qu’il démissionne.

Le message envoyé par Trump est le suivant, selon moi : Attention, il faut arrêter de chercher à renverser Bibi, c’est l’homme de la situation, c’est avec lui que je veux tenter de repenser la paix dans la région, une crise de régime n’arrangerait rien, et n’est pas dans l’intérêt d’Israel ; j’ai aussi un calendrier et il ne faut pas me retarder, mon temps est compté, quatre ans… Ce n’est pas si long que cela pour tenter de régler un conflit… centenaire.

A bon entendeurs…