Le plan de paix que doit proposer M.Trump n’est pas encore dévoilé, mais d’après plusieurs commentateurs il comporterait des conditions inacceptables pour M.Netanyahu, pour ne pas envenimer leur relation, à mon avis aucun des deux ne tient à le faire savoir officiellement.

Mais le point le plus important qui oppose l’administration américaine et Bibi, c’est que Bibi pense que la paix avec les palestiniens ne serait pas indispensable pour rétablir des relations amicales avec les pays arabes qui n’ont pas encore reconnu Israël, alors que pour Trump, Kushner et l’administration américaine, il est stratégiquement vital que la paix entre palestiniens et israéliens soit préalablement établie, pour conforter une coalition solide pour s’attaquer aux autres conflits qui menacent, avec l’ennemi iranien notamment.

Là résiderait la différence de fond entre les deux pays alliés, Trump a montré sa mauvaise humeur pour la première fois vis à vis de Bibi, en refusant de surseoir au désengagement prévu des troupes américaines en Syrie, le message étant que les américains aussi pouvaient avoir leur propre agenda.

Je pense que l’une des raisons qui a motivé Bibi de provoquer des élections anticipées, est de lui donner du temps pour rapprocher les deux points de vue, raison pour laquelle Trump a décidé de ne dévoiler son plan qu’après les élections prévues en Avril 2019, alors qu’il aurait dû le présenter en Janvier de la même année.

Si Trump voulait vraiment en découdre avec Bibi, il aurait dévoilé son plan de paix en Janvier même si Bibi provoquait une dissolution de la Knesset, ainsi les israéliens auraient voté non seulement pour des députés, mais en plus pour ou contre le plan de paix de Trump, donc pour ceux qui l’acceptent ou qui le rejettent.

La preuve que Trump se méfie d’une querelle avec Bibi, comme celle qui avait eu lieu avec Obama qui avait eu comme conséquence la defaite des démocrates, c’est que celui-ci donne quand même du temps à Bibi pour trouver un compromis, l’épreuve de force est donc reportée à la fin du premier semestre 2019, on ne sera plus qu’à un an des élections présidentielles américaines de Novembre 2020, je pense que ni Trump ni Bibi rechercheront l’affrontement, cela repoussera donc aux calandes grecques le plan de paix tant attendu.

Mais attention, je pense que le calcul de Bibi est risqué, si Trump était réélu, il est à parier qu’il se vengera de Bibi qui aura été le seul à lui avoir tenu tête, quand on connaît le caractère rancunier de Trump, il y a de quoi être inquiet pour la suite.

Abbas qui a compris qu’il y avait de « l’eau dans le gaz » dans les rapports entre Trump et Bibi, vient de déclarer qu’il désirait plus que tout, être en bons termes avec les américains, alors que depuis que Trump a déménagé l’Ambassade américaine à Jérusalem, les ponts entre eux avaient été complètement coupés, il ne faudrait pas laisser les palestiniens profiter de cette situation ambiguë, Bibi devrait mettre de « l’eau dans son vin » car Trump est si imprévisible qu’il pourrait devenir aussi « méchant » qu’il a été « gentil » avec Israël depuis sa prise de pouvoir.