L’approche de Hanoukka est celle des cadeaux … aux associations caritatives, fondations, associations pour la Mémoire. Bref les galas de fin d’année civile à des prix à 3 chiffres.

Comme beaucoup d’entre vous en ce moment, je reçois des invitations plusieurs fois par semaine pour aller diner avec Shimon Pérès, un ministre français ou israélien, une star ou un has-been du monde médiatique.

Je suis toujours très flatté de tant d’égards pour me permettre de côtoyer les grands de ce monde et ceux qui les invitent. Une photo sur Facebook ça n’a pas de prix.

Et puis je lis la dernière ligne, celle qui est toujours accompagnée d’un petit commentaire invariant : Cerfa sur demande.

Ah, oui je suis invité … à payer. En novembre et décembre, c’est généralement un montant à 3 chiffres, multiples de 5, 18 ou de 26 pour faire plus juif.

C’est gentil d’avoir pensé à moi, dépensé un timbre, mais désolé, un simple salarié doit faire des choix dans ses priorités.

Entre la synagogue (ok il faut en avoir une), les associations caritatives en France ou en Israël, les fondations (hélas, je ne suis pas imposé à l’ISF…) et les institutions, il y a le choix.

Et là, je viens de recevoir les dernières données sur l’alyah, 8 500 olim de France sont prévus fin 2014.

Le gâteau va donc maintenant se réduire et en même temps, se partager entre plus de collecteurs de fonds. To be donateur or not to be donateur ?

Passons sur les querelles d’egos et de stratégie qui ont vu se déchirer FSJU-AUJF et Keren Hayessod après des années d’entente et de coopération. Au moins, ça créé de l’emploi en permettant de caser deux présidents, deux comités de direction, deux directeurs et leurs équipes. Tout bénéfice pour les médias juifs qui ont deux fois plus d’annonces.

Le choix devient cornélien, le FSJU est censé subvenir aux besoins toujours plus importants des Juifs de France (écoles, sécurité, social, médias, …) et collecte pour Israël. De son côté, l’ex-ami et concurrent collecte pour Israël aussi, et parfois pour la France (Taglit, Agence
Juive, …).

Lorsque je lis les invitations, toujours imprimées sur des beaux cartons, je suis perplexe. Cela me fait penser aux mendiants au Kotel, fil rouge en moins, mais photo en plus.

J’ai une pensée émue pour les associations liées aux universités et collèges israéliens. Elles sont là pour aider au financement des labos qui produiront les futurs cadres de la société israélienne, les découvertes qui feront le prestige de la nation start-up.

Je me rappelle d’un temps lointain où n’existaient pratiquement que la synagogue, l’AUJF, le KKL et cela suffisait à répartir mes dons entre ceux qui en ont besoin.

Trop simple pour un esprit Juif, s’entendre pour minimiser les coûts de collecte, de communication, optimiser la répartition au prorata des besoins, c’est de l’utopie. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué …

Il faudra bien quand même y penser, quand le dernier des MohiKhan (version Séfarade, le MohiCohen) éteindra la lumière en quittant la France. A qui enverra-t-il son don ?