Cette trichotomie est traditionnelle et résulte de la nature des choses
Les trois notions relèvent de trois ordres de réalité différents. La terre est une donnée objective et matérielle ; l’État est une réalité non matérielle : il est une institution. Quant au peuple, il est une réalité palpable.

C’est cependant dans le jeu complexe de ces trois réalités très disparates que se déploie et s’effectue le « politique ».

Il est très clair au regard du peuple juif que ce n’est ni un appareil étatique, ni un cadre d’exercice du pouvoir, ni un territoire, ni même une langue qui l’a fait naître et exister. Son identité nationale s’est incarnée dans un élément particulier, immanent – le judaïsme.

C’est ce qui explique pourquoi le peuple juif est avant tout « le peuple de la Torah » et que sa conscience nationale est en même temps une conscience religieuse ; et c’est ce qui explique aussi pourquoi les prophètes d’Israël ont mis en garde les dérives du pouvoir.

Dans la nature, il y a des lois et c’est à cause de ces lois que les choses ne peuvent que se reproduire et se répéter indéfiniment. À l’opposé, ce qui caractérise l’histoire de l’humanité, c’est que chaque situation est unique et ne peut être qu’unique. Elle ne peut se répéter.

S’il est un sujet sensible avec la question de la sécurité en Israël, c’est bien la problématique de la démographie.

Parce que l’Etat d’Israël s’est depuis sa création défini comme un « Etat juif et démocratique », la nécessité d’une majorité juive a toujours entraîné bon nombre de politiques favorables à l’émigration en Israël mais tenter d’idéaliser le pouvoir démocratique sous prétexte qu’il est issu d’une majorité peut mener à une absurdité.

Une démocratie n’est véritable que dans la mesure où elle restreint la puissance du pouvoir. Toute législation en matière de droits de l’homme n’a donc de sens que si elle définit nettement ce que le pouvoir n’a pas le droit de faire. Pour la mémoire d’Itzak Rabin