« Car l’homme est un arbre du champ »
(Deutéronome 20,19-20)

Tout au long de l’histoire juive, Tou Bichvat n’était pas plus qu’une date sur le calendrier agricole pour savoir quand prélever une partie de la récolte. Cependant au 16ème siècle, l’âge d’or de la Kabbale, cette fête a pris une toute autre dimension.

A peine une génération après l’expulsion d’Espagne et du Portugal, les vents ont commencé à changer de direction, de nombreux Juifs prennent la route pour la Terre d’Israël, et se rendent précisément à Safed, la ville des kabbalistes qui devient le centre spirituel du peuple Juif.

Parmi eux se trouve un jeune homme de 36 ans venant d’Egypte, le Rav Isaac Louria Ashkénazi, dit le ARI, où il entreprend la plus grande révolution spirituelle que la Kabbale ait jamais connue. En moins de 2 ans, il a ouvert la Kabbale à tous, sachant que le temps d’une quête du sens de la vie était venu, il a expliqué de manière scientifique et logique que toute chose dans la vie a une racine spirituelle qu’il faut atteindre.

Au 16ème siècle Tou Bichvat avait une signification particulière pour les kabbalistes de Safed qui à l’époque avaient fixé un Seder «Une nuit de joie des arbres». Il était de coutume de se revêtir de vêtements de fête, de décorer la table avec des fleurs et des rameaux de myrtes et de placer de nombreux  fruits poussant en Israël et du vin.

C’est ainsi que les kabbalistes prenaient place et étudiaient le Livre du Zohar.

D’après le ARI, la croissance spirituelle d’une personne ressemble à celle d’un arbre, en commençant par semer jusqu’à la maturation des fruits et leur cueillette. Ce n’est pas un hasard si l’œuvre essentielle du ARI s’appelle L’Arbre de Vie.

La nature comme exemple

Les kabbalistes se servent beaucoup de la vie agricole pour nous expliquer les différentes étapes du chemin spirituel d’une personne.

Le Rabash (Rav Baruch Ashlag) décrit avec précision dans une lettre adressée à ses élèves le processus « car l’homme est un arbre du champ’ (Deutéronome 20 ; 19), c’est-à-dire tous les travaux applicables à l’arbre pour que les fruits poussent, s’appliquent également à l’homme. Tant que l’homme n’est pas prêt pour produire des fruits, il se doit d’entreprendre tous les travaux usités pour l’arbre, car les fruits sont le but de l’homme. »

Cultiver son environnement

En effet, pour que l’arbre grandisse correctement et sainement, la chose la plus importante est de choisir un sol fertile et adéquat, ce qui donnera à la graine les meilleures conditions de croissance. Il en est de même pour le développement spirituel, nous devons chercher le meilleur environnement qui nous octroiera les conditions nécessaires à notre développement.

Néanmoins, l’environnement qui influence notre vie ne se réduit pas uniquement à notre lieu d’habitation ni à ce que nous connaissons. Notre environnement se compose également de toutes nos aspirations à la connaissance sur notre monde, les informations (via les médias, internet) qui influencent notre façon de penser et notre perception de la réalité.

Pour construire l’environnement adéquat afin de progresser spirituellement, le Rabash répond simplement et dit que plus l’homme s’intéresse à la sagesse de la Kabbale en lisant des livres authentiques, plus il commence à se préparer un bon environnement, adéquat à sa croissance spirituelle. En s’identifiant avec leurs auteurs, qui ont déjà emprunté le chemin spirituel, il découvre dans leurs livres « un guide » spirituel pour grandir correctement.

Il ne reste donc plus qu’à une personne de grandir

« Comme un arbre planté près d’un courant d’eau, qui donne ses fruits en leur saison, dont les feuilles ne se flétrissent point; tout ce qu’il fera réussira. » (Psaumes 1, 3)

Tou Bichvat, le nouvel an des arbres symbolise une nouvelle opportunité. La terre est fertile et adéquate à la croissance spirituelle, tout ce qu’il nous reste à faire est d’ajouter un peu de sagesse de la Kabbale à nos vies.

En agissant de la sorte, nous atteindrons le sommet de l’échelle spirituelle et pourrons fêter ensemble, en tant que peuple parfait et uni, Tou Bichvat spirituel, la fête de la vie.