L’histoire de Hanoukka n’a pas été reprise dans le canon juif. Il est curieux que cette épopée héroïque n’ait pas été intégrée à notre livre sacré. Voici quelques explication.

Le premier livre des Macabées (Macabim)  a été écrit en hébreu et retrace l’histoire de la lutte opposant la famille hasmonéenne (hashmonaim) contre l’empire grec et la mainmise religieuse et politique de leur leader Antioche.

Aucune intervention divine n’est contée dans le récit. Le second tome, écrit lui en grec, fait état d’une guerre impliquant plusieurs divinités, avec la triomphe du Dieu d’Israël à la fin, et le règne de la monarchie des Hasmonéens.

Il est en effet curieux que cette histoire, ponctuée par une consécration et la reprise du service religieux dans le temple de Jérusalem, ne fasse pas partie de notre livre sacré.

Les sages d’Israël se sont montrés sceptiques face aux enseignements de cette lutte, contrairement a l’église qui a décidé d’insérer cette chronique à l’Ancien Testament, sauvant ainsi ces précieuses pages de l’oubli de l’histoire.

Ce qui dérange dans cette histoire, c’est la guerre civile qui a déchiré le peuple juif, l’antagonisme des campagnards, des outsiders, contre l’élite hellénisante du centre de Jérusalem devenue ‘Polis’, ville grecque à part entière.

Cette lutte intestine a coûté un lourd tribut a Israël, les Maccabim se montrant sans pitié pour les juifs hellénisés, les massacrants sans aucune distinction, ils étaient devenus ennemis.

Quant aux peuples voisins conquis a la suite de la guerre, le choix leur a été donné : se convertir au judaïsme ou mourir, une première dans notre histoire. C’est aussi cet épisode que nos sages ont préféré ne pas léguer aux générations à venir.

L’histoire de Hanoukka est restée pendant très longtemps une fête sans importance.

Ce n’est qu’a la fin du 19e siècle que le mouvement sioniste l’a remise au premier plan.

Le courage des Maccabim, le fait qu’ils furent une minorité ayant défait l’occupant puissant en ont fait le prototype du héros sioniste moderne, le juif combattant ne reculant devant aucun obstacle.

L’histoire de Hanoukka est aujourd’hui plus d’actualité plus que jamais, au sein de notre société israélienne en plein déchirement.

Les différentes factions religieuses s’identifient aux descendants des Maccabim, à la lutte contre ces élites gauchisées et hellénisantes ; le menace du schisme plane sur Israël.

Les Hellénisants n’étaient plus là pour raconter leur version de l’histoire, ce sont les Maccabim qui ont écrit les livres.

S’en est suivie une courte domination juive, de 80 ans, sur la Terre d’Israël, la dernière fois que nous avons été ici souverains avant 1948.

Pourvu que notre souveraineté retrouvée dure cette fois ci plus longtemps, et que nous fassions preuve de plus d’ouverture d’esprit et de savoir vivre, car nous n’avons nulle part ailleurs où aller, et nous sommes ici pour vivre ensemble.

Hag Sameah !