Quelle année c’était, et encore c’est pas fini, en avant vers 2017. 2016 a été une année très difficile. Dans ma mémoire immédiate, c’était une année avec beaucoup de pertes, de désastres, de tristesse et des questions profondes sur la conjonction politique de notre monde.

Beaucoup de gens, certains célèbres, certains inconnus, certains que nous connaissons de notre communauté, nous ont quittés.

Beaucoup sont partis pour se rappeler et commémorer les souvenirs.

Mais d’une façon ou d’une autre, cette étrange accumulation de tristesse ne me quitte pas ces jours-ci. Peut-être que c’est l’hiver autour, la politique mondiale ou les paris grincheux. Peut-être demain c’est juste un autre jour, mais les photos mélancoliques que nous recevons de presque tous les écrans cette année, me donnent envie de pleurer à haute voix. Ou prier…

La prière du voyageur – Tefilat Haderech, est partagée bien sûr quand on va dans un autre pays pour voyager, découvrir, explorer et revenir en paix.

Ce matin réveillé par ce chant, devant les images de Haïfa en flammes, je pense aux voyages de ceux qui nous laissent à cette destination inconnue après la Vie.

Nous souhaitons qu’ils reposent en paix et dans mon esprit brûlant continuer à découvrir. לכו בשלום ונוחו בשלום venez en paix et réposez en paix

תְּפִלַת הַדֶרֶךְ Prayer s’Traveler The – Haderech Tefilat
יְהִי רָצוֹן מִלְפָנֶיךָ ה -אֱ’ לֹהֵינוּ וֵא-לֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ, teinu-avo hei-lo-vei nu-hei-elo Adonai cha-ne-fa’mil ratson hi-Ye
שֶׁ תּוֹלִיכֵנוּ לְשָ לוֹם וְתַצְעִידֵנוּ לְשָ לוֹם, ,shalom’l deinu-tzi-ta’v shalom’l cheinu-toli-sheh
וְתַדְרִיכֵנוּ לְשָׁ לוֹם, וְתַגִיעֵנוּ לִמְחוֹז חֶפְצֵנוּ tseinu-chef choz-lim einu-gi-ta’v shalom’l cheinu-ri-tad’v
לְחַיִים וּלְשִׂ מְחָה וּלְשָׁ לוֹם. shalom-ul simcha-ul chayim’l

תפילת הדרך Tefilat Haderech – Quartetoukan

Comme Israélienne et comme laïque je rencontre cette prière – Tefilat Hderech – fréquemment dans ma vie. Même dans la famille la plus Tel-Avivienne, chaque soldat à son premier jour à l’armée, chaque jeune qui part dans son voyage après l’armée, ou chaque immigrant, tous, – religieux ou non, – garçons ou filles, tous ont tous reçu plusieurs exemplaires de la Tefilat Haderech. Juste pour rester en tout sécurité.

Rituels d’adieu

Je me souviens du petit livre de psaumes que j’ai reçu pour mon service militaire et qui m’a fait me sentir déjà un peu plus adulte. Comme si maintenant je dois faire attention à mon identité ainsi qu’à la route, en chemin vers la base.

Je me souviens d’un stylo avec une Tefilat Haderech pliée dedans (très cool) que j’ai obtenu de mes parents pour mon premier voyage à l’étranger. N’oublie pas de nous écrire !

De nombreuses années avant l’e-mail et le whatsapp. Je me sentais touchée par tous les gestes qui comprenaient des mots, mais j’avais mes doutes aussi.

Tefila – une prière ? Ce n’était pas le vocabulaire que j’utilisais dans ma vie quotidienne.

Une prière intérieure pour un monde meilleur, oui, c’était toujours là. Un concept virtuel que je peux comprendre tant que je ne me suis pas forcée à aller à la synagogue. Mais quand j’étais adolescente ou une jeune adulte, j’ai suivi les paroles de Bowie, Prince, Leonard cohen, Dylan et beaucoup d’autres vivants ou morts.

Je n’ai pas suivi le siddour ou l’ancien piyout d’Ibn Gabirol. Je n’ai pas chanté pour Dieu ou prié pour qu’il me guide. J’espérais juste pour le mieux

J’ai grandi, mon chemin à travers le judaïsme, l’éducation, m’a permis en tant que femme juive moderne libérale de mener une prière. Je n’aime pas envoyer un message sans comprendre sa signification. Je n’ai pas aimé partager ce moment intime de prière sans le vouloir

Et en tant qu’adulte, j’ai dû beaucoup travailler. Commencer une recherche sur le sens d’une prière n’est pas une tâche facile, surtout quand ce n’était pas une habitude d’enfance.

J’étais cynique à ce sujet ou pas intéressée par le contenu de la prière ou sur le rituel dans la synagogue qui glorifie Dieu et sa force omniprésente.

Pendant ce temps, j’ai appris qu’un rituel signifie : une action qui se répète, encore et encore. Cette répétition, à certains égards, est méditative et évoque ces pensées intérieures qui ont été cachées aux yeux de Revital quand elle a rejoint l’armée ou quand elle est partie voyager après l’armée.

Et la prière a grandi en moi comme un texte de Rachel ou Amichai.

Texte qui nous confronte à nos craintes autant qu’à nos questions à Dieu. il était non seulement une boîte de dialogue avec Dieu, ce fut un dialogue avec moi-même. Enfin je me sens mieux en chantant pour la sécurité de notre monde, nos soldats, nos citoyens de France et pour nos familles en Israël. Une prière pour la santé des étrangers, pour le soleil et pour la pluie.

Ce matin en face de l’écran, je prie avec vous pour que la pluie tombe, pour calmer le feu qui tient la terre d’Israël comme un otage de la haine.

En priant pour la pluie pour calmer notre monde qui est dans un moment de rage, j’ai réalisé à nouveau la force d’une prière qui vient du cœur. Une prière qui peut être un moment d’espoir très quotidien dont nous avons tant besoin dans cette réalité troublée.

Comment pouvons-nous rendre notre monde un endroit meilleur ? Comment pouvons-nous faire un Tikoun de notre vie si nous n’avons pas ce tikoun dans notre cœur ? Je ne suis pas un rabbin ou un guide spirituel, mais j’espère que l’implantation d’amour pour la prière, religieuse ou non religieuse, dans le cœur de nos élèves nous conduira à une génération qui a confiance en leurs rêves intérieurs

La chanson Tikoun Hageshem chantée et écrite par Yonatan Razel est basée sur un souvenir qu’il avait de la prière pour la pluie qu’on chante à Shemini Atseret. 

אֵל חַי יִפְתַּח אוֹצְרוֹת שָׁמַיִם
יַשֵּׁב רוּחוֹ יִזְּלוּ מַיִם
בְּגִשְׁמֵי רָצוֹן תְּבָרֵךְ עֵדָה
בְּפַחֵי יָגוֹן כְּצִפּוֹר לְכוּדָה
בְּצִדְקַת אַב הָמוֹן הֵכִין סְעוּדָה
וְאָמַר יֻקַּח נָא מְעַט מַיִם

יַשֵּׁב רוּחוֹ יִזְּלוּ מַיִם

Tikoun Hageshem Yonatan Razel תיקון הגשם