L’été en Israël est à plusieurs égards source de tension et d’agitation frôlant parfois l’exaspération. La chaleur brûlante en est un facteur non négligeable, cependant notre histoire nous rappelle que c’est durant cette période que le peuple d’Israël est le plus exposé à ses ennemis et qu’il est en danger.  

Destruction du premier et second temple, expulsion des juifs d’Angleterre, expulsion des juifs d’Espagne, déportation des juifs du ghetto de Varsovie vers Treblinka, tous ces tragiques événements sont tombés le 9 du mois de Av.

Ce dimanche, Israël tout entier se recueillera, en ce jour de deuil national, le jour de ticha be’av. Le jeûne commencera déjà à la sortie du Shabbat, le jeûne le plus long de notre calendrier, qui tombe le jour le plus chaud de l’année. Plus dur encore que Kippour, un jeûne non pour le pardon mais pour la nation.

Si pendant nos deux mille ans d’exil cette date a gardé toute sa valeur, c’est bien entendu dû à la gravité de l’événement mais aussi et surtout au fait que nous ayons été dispersés parmi les nations.

Aujourd’hui, la question du bien fondé de cette date s’impose tout naturellement. Est-il encore approprié de commémorer une date symbolique de notre expatriation alors que nous avons réussi, à conjurer notre sort, que nous sommes redevenu souverain sur notre terre ?

Le Talmud (yoma, 9,2) nous rapporte que le second temple a été détruit car nous avons cessé de nous respecter et de nous aimer. Nous nous sommes auto-détruits, par ce que nos sages ont appelé la « haine gratuite ».

Les tensions et les clivages au sein du peuple sont les plus grandes des menaces qui pèsent sur Israël. Nous sommes certes de retour en Israël mais nous avons tendance à oublier que nous sommes tous, « UN »,  liés par le même destin.

Cette journée de jeûne est une opportunité donnée à chacun de méditer pour ne pas reproduire les erreurs du passé. Une occasion de réfléchir à la façon d’aimer, tolérer et écouter d’avantage son prochain.

Car en accentuant la désunion dans nos rangs, nous ne faisons que nous affaiblir et nous nous exposons à la merci de nos ennemis.

Car, comme nous le rappelle Elie Wiesel, « un peuple ne connaissant pas son histoire, s’expose à ce qu’elle recommence » .

N’oublions jamais !