La sidra de cette semaine concerne la nomination, les vêtements et le service des prêtres (les Cohanim). Les détails y sont nombreux mais je souhaite m’entretenir avec vous de Moïse qui, justement, n’est pas mentionné dans la paracha de la semaine. Chose curieuse car c’est pendant la semaine de Tetsaveh, le 7 Adar, que se situent la naissance et la mort de ce dernier.

Essayons de résoudre cette énigme et d’apprendre son message en lisant le premier verset de la sidra.

Chap. 27 V. 20 : “Quant à toi, ordonne aux enfants d’Israël et ils prendront pour toi de l’huile d’olive pure, pressée pour l’éclairage, afin d’allumer la lampe perpétuellement.”

Nous avons observé que jusqu’à présent Moïse a transmis les instructions reçues aux responsables chargés de la construction du Tabernacle, sans participer lui-même à l’ouvrage. En revanche, les trois premiers ordres de cette paracha concernent Moïse lui-même. Ainsi le “toi” de ce verset est “Moïse.”

Maintenant que nous savons qui est le “toi”, essayons de comprendre pourquoi le nom de Moïse n’apparaît pas.

La Torah n’est pas un livre comme les autres et en voici une preuve : pour résoudre notre énigme, nous n’allons pas rechercher dans les pages précédant le fait mais dans les pages qui le suivent.

Ainsi il est écrit :

Chap. 32 V. 32 et 33 : “ Et maintenant, si tu pardonnes leur faute (c’est bien) et sinon, efface-moi maintenant de Ton livre que Tu as écrit. Dieu dit à Moïse : “c’est celui qui a fauté envers moi que j’effacerai de mon livre.”

Cet épisode se passe lorsque Moïse intercède en faveur du Peuple d’Israël à propos de l’épisode de la faute du veau d’or.

Donc si nous résumons l’enquête, nous savons que le nom de Moïse a été effacé car il est écrit que celui qui fait une faute envers Dieu sera effacé du Livre. Reste à savoir quelle est la faute?

Pour connaître cette faute, nous devons cette fois regarder les pages précédant le fait et lire le chapitre 4 Verset 14 : “Le courroux de l’Eternel s’alluma contre Moïse et il dit : “Et bien ! c’est Aaron ton frère, le Lévite que je désigne ! Oui, c’est lui qui parlera ! Déjà même il s’avance à ta rencontre  et à ta vue il se réjouira dans son coeur”.

Ces paroles sont prononcées par Dieu lors de la première rencontre prophétique de Moïse au buisson ardent. Dieu lui demande d’être son envoyé, mais Moïse résiste.

Demandons donc à nos dirigeants de se poser la question s’ils sont capables d’être nos porte-paroles ?

Ainsi, nous avons résolu notre enquête et savons maintenant pourquoi le nom de Moïse n’est pas mentionné dans cette sidra.

Le Zohar nous enseigne dans Hadach, Midrach Hané’élam, p. 60 b l’adage suivant : “ La malédiction d’un sage, même si elle n’a pas d’objet, se réalise en quoi que ce soit”

Nous pouvons maintenant nous permettre de commenter notre enquête.

Écoutons, le Rav Léon Askénazi (Manitou) sur le premier verset de notre paracha : “ Le verbe traduit par “tu ordonneras” (tetsave) possède deux constructions grammaticales : il signifie soit “donner des instructions” soit, comme c’est le cas ici, “donner une instruction.” Moïse ne doit pas se borner à donner des ordres. cela impliquerait l’erreur de croire que c’est à lui que l’on obéit quand on se conforme à la loi. Tout autrement, il donne une instruction, une formation, un enseignement, dont le résultat doit être que, de façon spontanée et autonome, celui qui en a été l’objet décide par lui-même d’agir conformément à la Loi qu’il reçoit. ”

Qui n’a pas entendu nos responsables donner des ordres sans les expliquer ? Qui ne s’est pas senti “obligé” voire contraint  de répondre aux demandes de dirigeants par peur de mesures de rétorsion ?

Depuis un certain temps, un malaise existe entre nos dirigeants politiques, religieux, institutionnels et la base que nous sommes. Pourquoi ? Je pense que la réponse se trouve dans le commentaire de Manitou qui nous dit que chaque dirigeant doit faire preuve de modestie et de pédagogie.

Comme nous l’avons vu lors de notre enquête, Moïse n’a pas voulu être l’intermédiaire entre Dieu et le peuple car il ne s’en sentait pas capable. Demandons donc à nos dirigeants de se poser la question s’ils sont capables d’être nos porte-paroles ?