Demain, il y aura d’un côté ceux qui diront qu’il ne faut pas « faire d’amalgame » et de l’autre ceux qui voudront « stigmatiser » les musulmans de ce pays qui ne manifestent pas contre ces terroristes qui ont massacré aux cris d’ Allah Akbar.

Il y aura aussi probablement les éternels adeptes des complots qui verront dans ce drame la main du Mossad israélien ou celle d’un gouvernement en panne électorale.

Les musulmans de France ne sont certes pas complices de ces actes monstrueux et, très certainement, la plupart d’entre eux les condamnent avec fermeté.

Mais il reste que ce terrorisme qui s’exprime au nom de l’islam peut exister et se renforcer parce qu’une grande majorité des musulmans vit sa relation aux autres et au monde dans un sentiment de victimisation.

En France, comme en Palestine ou en Algérie, ou même en Suède, beaucoup de musulmans se considèrent, à tort ou à raison, comme des victimes du sionisme, mais aussi de la société dans laquelle ils vivent et qui, selon eux, les relègue, les discrimine et ne les reconnait pas comme des citoyens à part entière.

Ce discours victimisant fait des ravages dans la tête de la jeunesse musulmane et sert d’appui et de soutien à une idéologie antisémite et anti-occidentale.

De même, ceux des non-musulmans qui clament que ces terroristes sont des paumés, des laissés pour compte de la société sont leurs véritables complices, même s’ils ne sont pas conscients de la portée de leurs dires et même s’ils ne se reconnaissent aucune responsabilité dans des actes qui leur font horreur.

Si l’on veut que dans un futur assez proche, les terroristes ne soient pas comme « des poissons dans l’eau », selon l’expression de Mao Tse Toung, il faudra avant tout contrer ce sentiment de victimisation qui peut déboucher sur toutes les théories du complot et, en fin de compte, sur un soutien effectif et convaincu à ceux qui prétendent s’attaquer aux « ennemis démoniaques de l’Islam ».