Cette sidra traite de la construction du Tabernacle, chose très technique, mais nous allons étudier quelques versets de cette paracha qui nous éclairent sur le don et l’unicité du peuple juif.

Le tabernacle et ses ustensiles étaient confectionnés à partir de treize matières premières.

Le peuple était si impatient de contribuer à la création d’un lieu de Chekhina et sa réponse a été si rapide et enthousiaste que les responsables chargés des travaux ont dû supplier Moïse qu’on cesse d’apporter des contributions.

Chap. 36 V. 3 à 5  (paracha Vayakhel) :

« Ils prirent de devant Moïse tout le prélèvement que les enfants d’Israël avaient apporté pour le travail de l’ouvrage du Sanctuaire, afin de l’exécuter. Mais ils continuaient à lui apporter des dons volontaires matin après matin. Tous les sages qui accomplissaient tout le travail sacré vinrent, chacun du travail qu’ils exécutaient et ils s’adressèrent à Moïse en disant : « Le peuple apporte plus qu’il ne suffit pour le travail de l’ouvrage que Hachem a ordonné de faire. » »

Le Ramban commente ce passage en donnant une leçon que nombreux de nos dirigeants devraient lire, surtout en ces temps où nous recevons de toute part des demandes de dons :

« Les artisans étaient d’une honnêteté scrupuleuse, puisqu’ils ont refusé de recevoir plus de matériaux qu’ils n’en avaient besoin ; quant à Moïse, contrairement à certains despotes typiques, il a fait proclamer que l’on cesse d’apporter des dons, prouvant ainsi qu’il ne recherchait absolument pas la gloire personnelle que procurent les trésors à la disposition du chef de l’Etat. »

Ce commentaire est à méditer de toute urgence par nos institutions qui se disent démocratiques.

Dans la paracha de la semaine, nous lisons les verset  suivants :

Chap. 25 V. 1 et 2 : « Hachem parla à Moïse en disant : « Parle aux enfants d’Israël et qu’ils prennent pour moi un prélèvement, de tout homme que son cœur motivera vous prendrez Mon prélèvement. » »

Analysons ce passage :

« Qu’ils prennent pour moi »

La première question qui nous vient à l’esprit est pourquoi il est écrit « qu’ils prennent pour moi» et non « qu’ils donnent pour moi »

Rachi indique que « le peuple devait faire ses dons exclusivement au nom de Dieu et non à cause de la pression sociale et non pour en retirer des honneurs. »

Pour  Sforno, « cet ordre s’adresse aux dirigeants qui sont chargés de prendre, c’est-à-dire de faire la collecte auprès du peuple non pas en levant un impôt, mais en l’invitant à apporter des contributions volontaires. »

L’argent ne doit pas être le critère unique pour monter à la Thora

Certains qui se disent religieux aiment faire des dons à la  Communauté, ce qui n’est  pas un mal. Le problème est que ces donateurs sont de plus en plus mis en valeur.

Je m’explique : tout le monde soit savoir qu’ils ont donné et combien. Il suffit d’aller dans certaines synagogues pour les fêtes entendre les ventes aux enchères pour ouvrir le Héhal, monter à la Thora ou autre.

Dans trop de synagogues, la personne qui n’a pas beaucoup de moyens ne sera appelée à la Thora même si elle est religieuse.

Ainsi certaines de nos communautés respectent plus le portefeuille de ses fidèles que l’assiduité ou le dévouement d’autres membres.

Pour conclure ce commentaire sur les contributions des fidèles, lisons et réfléchissons sur la définition du don et surtout pourquoi nous devons donner de bon cœur et non pour se faire valoir. Toldot Itshak écrit :

« Donner de bon cœur, cela nous apprend que le coeur alimente les autres parties du corps en sang, mais il ne prend rien en échange. Il existe beaucoup de membres qui en nourrissent d’autres sans rien prendre, certains prennent sans donner, d’autres donnent et prennent à la fois. Le coeur donne mais ne demande rien en contrepartie. Le don charitable est donc comparé au coeur qui donne sans rien attendre en retour. »

Intéressons-nous maintenant aux versets 10 et 11 du même chapitre qui nous expliquent qui doit donner.

Chap. 25, V. 10 : « Ils feront une Arche en bois d’acacia, de deux coudées et demie de hauteur. Tu la recouvriras d’or pur, à l’intérieur et à l’extérieur tu la recouvriras puis tu feras sur le haut une couronne d’or tout autour. »

Pourquoi la Bible utilise-elle le pluriel puis le singulier ?

Le Rav Feinstein nous indique que : « « Ils » désigne tous les enfants d’Israël. Cela nous indique que tous les enfants d’Israël devaient s’associer à la confection de l’arche car chacun doit avoir une part dans la Thora. »

Pour le Rav Elie Munk : « La confection de l’arche est adressée à la forme pluriel.  Indication que tous les membres de la nation doivent participer ne serait-ce que par une contribution symbolique à la confection de l’arche car la Thora que l’arche referme est universelle. Elle est donnée à tous et chacun doit y trouver sa part. Aussi, l’arche de la Thora doit-elle être l’oeuvre de toute la nation. »

Ces deux commentaires m’amènent à deux réflexions.

Tout le monde doit donner

Ainsi tout le monde doit donner, même une toute petite somme. Nous rencontrons cette question dans la vie de tous les jours au moment des impôts. Qui doit payer les impôts ?

Je crois que toute personne doit contribuer à l’impôt même d’une somme symbolique. Vivant dans un Etat qui donne une éducation et des soins gratuits pour tous, chaque résident doit y contribuer.

Prenons un exemple de la cantine de nos enfants. Le tarif minimal que les parents doivent payer à Paris est de 15 centimes d’euros, ce qui est très peu vu le prix du repas. En faisant payer les parents, ces derniers se sentiront plus à l’aise s’ils souhaitent critiquer la qualité des repas et surtout les enfants de ces mêmes parents ne se sentiront pas mis à l’écart vis-à-vis de leurs camarades.

Libéraux ou orthodoxes, nous sommes tous juifs

L’unicité du peuple juif

Depuis un certain nombre d’années, nous observons un chiisme au sein du peuple Juif. Les orthodoxes ne reconnaissent pas les libéraux comme de vrais juifs, un couple juif qui se marie chez les libéraux ne sera pas considéré comme juif à part entière. Une conversion effectuée au sein de l’armée israélienne n’est pas valable…

Au nom de quoi, certains se croient-ils plus juifs que d’autres ? Pourquoi certains se croient-ils supérieurs aux autres ? Notre peuple a déjà connu l’exclusion de Spinoza au 17e Siècle.

Ne pouvons-nous pas évoluer ? Les assassins des derniers attentats faisaient-ils la différence  entre juifs orthodoxes et juifs libéraux ? A cette dernière question, vous allez me répondre que non:

Alors posons-nous une dernière question : Pourquoi n’avons-nous vu que les photos des -quatre morts de l’Hyper cacher dans certaines Institutions juives et non celles des six juifs assassinés ?

Je n’ose penser que la raison est qu’une des personne a été enterrée par un rabbin libéral et l’autre incinérée, car si c’est le cas nous avons beaucoup de soucis à nous faire.