Ce 17 décembre nous émergions d’une tempête jamais vue dans le pays, la neige tombée sur Jérusalem et sa banlieue avoisinait parfois jusqu’à un mètre de haut.

Le magnifique manteau blanc était jonché d’arbres abattus, de branches enchevêtrées et de câbles électriques sectionnés n’ayant pu résister à tous ces éléments déchaînés.

Nous étions privés d’électricité depuis cinq jours et bien qu’ayant pu avoir recours à un câble électrique pour nous relier à nos deux voisines de palier américaines plus chanceuses, nous avions bien eu le temps de grelotter dans la pénombre.

Nous avions accepté avec joie l’invitation d’un voisin et ami proche pour passer Shabbat chez lui.

La proximité géographique étant requise en ces moments où les transports sont quasi-inaccessibles, nous pûmes acheminer les plats cuisinés grâce à l’aide de la cuisinière à gaz.

Nous étions munis de vêtements de rechange indispensables et surtout après s’être enquis d’avoir emmené avec nous, notre chienne Cookie, pourvue de son « matériel de camping » et de ses croquettes préférées, conditions sine qua non à un séjour prolongé, – nous pouvions être tranquille.

A la sortie de Shabbat, nous pensions que les choses étaient rentrées dans l’ordre…

La belle neige inoffensive s’est transformée avec le froid en verglas et je me retrouve sans l’avoir anticipé dans un chaos indescriptible de voitures et de piétons piégés, au beau milieu d’une chaussée et dont il est trop tard pour s’ échapper…

Je suis tombée, j’ai été secourue par les passants, quelqu’un a ramené Cookie à la maison et l’on m’a apportée une chaise en attendant l’ambulance du Magen David Adom.

Puis on m’a installée sur un brancard roulant pour m’escorter l’ambulance, restée en bas à cause du verglas et où je suis arrivée paniquée, persuadée que nous allions tous nous retrouver par terre!

A l’hôpital Shaare tsedek, aux urgences, scènes surréalistes de gens cassés dans tous les coins, attendant comme moi, après la piqûre anti-douleur, le diagnostic…

Pour moi ce fut le pire : double fracture de la cheville, hospitalisation, opération et plâtre puis retour à la maison.

Fauteuil roulant, béquilles, douleurs, médocs, etc… A l’hôpital, on s’est très bien occupé de moi, sans distinction de qui est juif ou arabe…

Deux mois et demi après, je n’ai plus de plâtre et j’ai commencé la physio. C’est pas de la tarte, ça fait mal et j’espère que je vais tout récupérer !

Nathan a été super avec une handicapée à la maison et ma fille est venue de France pour me tenir un peu compagnie et me remonter le moral.

Encore un détail : le fameux 17 décembre, il n’y avait à nouveau plus d’électricité à la maison, mais heureusement tout a été rétabli avant ma sortie de l’hôpital…