La Conseillère de Paris, Danielle Simonnet, n’a pas eu de mots assez durs pour condamner la journée organisée à Paris Plage mettant la ville de Tel-Aviv à l’honneur.

Citant les massacres de la bande de Gaza et la politique de colonisation, elle a évoqué « le cynisme et l’indécence » d’une telle initiative.

Si on aurait parfaitement pu comprendre que la Conseillère de Paris stigmatise la montée de l’extrémisme religieux et l’incroyable passivité d’un gouvernement qui a fini par amener la presse israélienne à émettre de virulentes critiques à son égard, il semble, qu’emportée par son élan, madame Simonnet a confondu vitesse et précipitation se trompant visiblement de cible.

Elle a sans doute un peu vite oublié que, pas plus que Paris n’est la France, Tel-Aviv n’est pas Israël.

Si il existe un endroit dans ce pays où règne la tolérance, c’est bien dans la capitale du Bauhaus, au point qu’avec San-Francisco, elle est considérée comme une Mecque par la communauté LGBT, cette dernière n’hésitant pas à y venir en masse pour le pèlerinage annuel de la Gay-Pride comme le constate sur son site la chambre de commerce franco-israelienne.

Son rayonnement est tel qu’il dépasse de loin les frontières de l’Etat hébreu faisant, de celle que l’on surnomme parfois « La bulle » au regard de son ambiance paisible et tolérante, la capitale homosexuelle du Moyen-Orient.

Non contente de se montrer particulièrement accueillante vis-à-vis de la communauté gay, Tel-Aviv constitue presque un havre de paix pour les personnes transsexuelles et transgenres qui n’hésitent pas à y afficher leur visibilité.

Ce n’est sans doute pas un hasard si cette ville abrite le Sheba Medical Center qui est le seul centre habilité par le ministère de la Santé à réaliser des opérations de réassignation sexuelles, et c’est de cette dernière qu’est parti le mouvement qui a abouti à l’abolition de la loi particulièrement restrictive de 1986 pour laisser la place à un changement d’état-civil enfin déconnecté des contraintes médicales.

Nul doute également que la décision du tribunal national du travail d’interdire la discrimination vis-à-vis des personnes transgenres dans le monde du travail trouve également ses sources dans cette ville qui constitue le centre économique et financier du pays.

Est-ce également un hasard si certains ont surnommé Dana International, la chanteuse transsexuelle qui à représenté Israël à l’Eurovision, « La Coccinelle de Tel-Aviv »?

La Conseillère de Paris aurait donc pu y réfléchir à deux fois avant de stigmatiser une ville qui a payé son tribu à l’intolérance religieuse après une fusillade ayant fait deux victimes au siège d’une association LGBT en 2009.

Si l’extrémisme religieux et ses dramatiques conséquences sont on ne peut plus condamnables, la vision partisane et étriquée de certains de nos élus confondant le bon grain et l’ivraie l’est parfois presque autant…

Cet article a d’abord était publié par le Huffington Post.