«Erets Israël (le Pays d’Israël) est le lieu où naquit le Peuple juif. C’est là que se forma son caractère spirituel, religieux et national. C’est là qu’il acquit son indépendance et créa une culture d’une portée à la fois nationale et universelle. C’est là qu’il écrivit la Bible et en fit don au monde. Exilé de Terre sainte, le Peuple juif lui demeura fidèle tout au long de sa Dispersion et il n’a jamais cessé de prier pour son retour, espérant toujours la restauration de sa liberté politique». (Déclaration d’Indépendance).

La promesse divine de cette restauration (Exode 6:8) trouve son plein accomplissement au Jour historique du 5 Yiar (15 mai 1948). David Ben Gurion, conscient de cet instant historique, déclare contre tous l’Indépendance du nouvel Etat qui désormais s’appellera Israël.

Trois années viennent à peine de s’écouler depuis la libération d’Auschwitz-Birkenau (27 janvier 1945), et déjà à cette terrible Shoah succède la résurrection d’Israël! Comment y croire?! Le rêve prophétique devient une réalité palpable à laquelle participent les pionniers et  les rescapés des camps de la mort:

«Quand l’Eternel ramena les captifs de Sion, nous croyions rêver» (Psaume 126: 1)

Israël, tison sauvé du feu barbare des Nazis, se relève, marche vers la terre d’Israël, s’élève vers la lumière de la Rédemption!

«Et vous reconnaîtrez que je suis l’Eternel, quand j’aurai ouvert vos tombeaux et quand je vous aurai fait remonter de vos tombeaux, ô mon peuple! Je mettrai mon esprit en vous et vous serez vivifiés, et je vous assoirai sur votre sol, et vous reconnaîtrez que je suis l’Eternel, – qui ai parlé et qui exécute, dit l’Eternel.» (Ezéchiel 37: 13-14)

«Je suis l’Éternel votre Dieu, qui vous ai tirés du pays d’Egypte pour que vous n’y fussiez plus esclaves; et j’ai brisé les barres de votre joug, et je vous ai fait marcher la tête haute». (Lévitique 26: 13)

L’Indépendance, (Atsmaout), terme adopté en référence à la vision des ossements desséchés (Atsamot Yeveshot- Ezéchiel 37), est également dénommée en hébreu Tékouma. Ce terme que nous devrions adopter en langue française au même titre que Shoah pour la destruction des communautés juives sous le régime nazi, signifie relèvement, résurrection s’exprimant par le retour du peuple juif en Erets Israël qui, de terre de promesse, devient terre d’accomplissement.

Les chaînes aliénantes de l’esclavage et d’un exil interminable long de dix-neuf siècles sont enfin brisées. Israël, désormais devenue une nation libre, relève la tête et, tel le Phoenix, se relève de ses cendres. Ce petit peuple, exposé à l’humiliation constante des Nations, recouvre sa terre, sa langue et sa tradition ancestrale.

En d’autres termes, Israël recouvre son identité historique, culturelle, spirituelle et politique. Cette résurrection physique et spirituelle-Komémiout demeure un mystère transcendant les limites de l’entendement humain.  Comment une nation dispersée aux quatre coins du monde, au seuil de l’extermination totale et abandonnée de (presque) tous, se relève pour construire par la seule force de la volonté un état moderne jouissant aujourd’hui d’une renommée mondiale dans tous les domaines autant artistique et culturel que scientifique ?! Ce retour magistral témoigne de l’Alliance indéfectible contractée entre l’Eternel avec les trois Patriarches Avraham, Itshak et Yaakov:

«Et je me rappellerai, en leur faveur, l’Alliance des aïeux, de ceux que j’ai fait sortir du pays d’Egypte à la vue des peuples pour être leur Dieu, moi l’Éternel.» (Lev. 26: 45).

Le retour des enfants d’Israël en Erets Israël annonce l’apparition de la Présence divine à Jérusalem:

«…Car ils voient, de leurs propres yeux, l’Eternel rentrer dans Sion» (Isaïe 52: 8)

Cette Présence divine, signe du retour des exilés, constitue le reflet de l’identité retrouvée d’Israël, condition nécessaire à l’avènement d’une Paix universelle garantie par la reconnaissance de Jérusalem comme la capitale éternelle et indivisible de l’Etat hébreu.

«…Alors de leurs glaives forgeront des socs de charrue et de leurs lances des serpettes; un peuple ne tirera plus l’épée contre un autre peuple, et on n’apprendra plus l’art de la guerre » (Isaïe 2: 4)

Israël, soigné de ses propres blessures, a pour vocation de relever, reconstruire et parfaire le monde issu de la brisure primordiale. Tel est le sens de la résurrection -Tékouma- d’Israël en Erets Israël.

L’Indépendance de l’Etat d’Israël, loin de servir les intérêts nationaux étroits du jeune état, vise essentiellement à relever dans le même temps l’humanité et à l’amener au summum de son épanouissement spirituel et intellectuel.

«On restaurera, grâce à toi, les ruines antiques, tu relèveras des fondations qui datent des siècles passés, et tu seras proclamé le réparateur des brèches, le restaurateur des routes désormais populeuses.» (Isaïe 58: 12)

Le rôle de l’Indépendance d’Israël, instrument d’une nouvelle ère de Paix durable, sera, au-delà de toute espérance, reconnu par les nations.

«Nombreuses sont les conceptions dans le cœur de l’homme; mais c’est le dessein de l’Eternel qui s’accomplit.» (Proverbes 19: 21)

«Ceux qui ont semé dans les larmes, puissent-ils récolter dans la joie! C’est en pleurant que s’en va celui qui porte les grains pour les lancer à la volée, mais il revient avec des transports de joie, pliant sous le poids de ses gerbes». (Psaumes 126: 5-6)

Bon anniversaire Israël! Prions tous ensemble pour la Paix d’Israël!

Haïm Ouizemann