En effet, par une déclaration faite au Caire sous la pression du comité B.D.S, Stéphane Richard a déclaré que, s’il le pouvait, il déciderait dès « demain » du retrait d’Orange d’Israël.

Mais, il précise à toute fin utile, que cette décision représenterait un   «énorme risque financier», en termes de pénalités, car elle signifierait une rupture unilatérale avec son partenaire local, la société Partner Communications.

Par cette déclaration alambiquée, faite au Caire, mercredi 3 juin, le PDG de l’opérateur téléphonique français a semblé répondre, par les mots mais pas encore par les actes (et pour cause, il est tenu par contrat jusqu’en 2025), à la pression croissante exercée sur sa société, dans le cadre de la campagne de boycott et d’appels aux sanctions contre Israël, en raison de la poursuite de «l’occupation en Cisjordanie».

Il est utile de rappeler à cette occasion que le boycott est interdit par le droit français et que céder aux pressions du boycott a été condamné tant par le Président de la République que par le Premier Ministre et le Ministre de la Justice.

Il est également bon de rappeler que le Gouvernement français est le principal actionnaire d’Orange.

Il est intéressant de constater que les «états d’âme» du Sieur Stéphane RICHARD sont souvent motivés par des considérations financières.

C’est ainsi qu’il n’a eu aucun scrupule à prêter main forte aux tortionnaires du Moyen-Orient, notamment aux dictateurs et tortionnaires libyen et syrien, qui ont les mains imbibées du sang de «quelques centaines de milliers de victimes». En effet, Orange était alors impliquée, par l’intermédiaire des sociétés Qosmos et SOFRECOM.

Qosmos était consciente que les armes de surveillance massive qu’il fournissait  étaient destinées au régime de Bachar al-Assad pendant que celui-ci massacrait son peuple et alors que le gouvernement français menaçait d’intervenir militairement pour faire cesser ces massacres.

Avant même le soulèvement populaire en Syrie de 2011, dès 2009, une autre entreprise française, SOFRECOM, spécialisée dans l’implantation sur des marchés à perceptions aléatoires des droits de l’homme (le Congo, le Vietnam, la Thaïlande, la Syrie, l’Éthiopie, la Mauritanie, la Côte d’Ivoire, le Tchad, la Libye de Kadhafi, le Maroc, ou la Tunisie de Ben Ali), donnait un coup de main au Syrian Telecom Establishment , organe du pouvoir syrien, pour moderniser son réseau…

SOFRECOM n’est rien d’autre qu’une filiale d’Orange.

Orange, c’est aussi cet opérateur historique qui noue des liens très étroits avec les services de renseignements intérieurs et extérieurs.

C’est ainsi que nous retrouvons assez régulièrement, SOFRECOM, et plus largement Orange, près de lieux dans lesquels la France dispose d’intérêts économiques, militaires, ou a des besoins en matière de collecte de renseignements… afin de rester proche de son ennemi.

Ces agissements ne troublaient guère la conscience de monsieur Stéphane RICHARD mais, étonnamment, celui-ci est fortement secoué et perturbé par un rapport publié il y a quelques semaines, intitulé « Les liaisons dangereuses d’Orange dans le territoire palestinien occupé », rapport présenté par plusieurs organisations, dont la Fédération internationale des Ligues des droits de l’homme (FIDH), la CGT et le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre solidaire), organisations qui ont eu le culot suprême d’en appeler à l’État français, principal actionnaire d’Orange, afin de faire plier l’opérateur.

Ces associations, dont l’indifférence aux massacres de chrétiens dans le monde musulman montre l’indignation sélective, ont l’habitude d’être promptes à accuser Israël ou les associations juives mais ne se sont jamais manifestés face aux tortionnaires qui sévissent quotidiennement dans les pays arabo-musulmans.

Mais cela est un autre sujet sur lequel nous reviendrons prochainement, et où nous démontrerons que l’origine de l’antisémitisme sanguinaire actuel est fomenté par l’extrême-gauche et non plus par l’extrême-droite!

Et si, dans la présente situation,  monsieur Stéphane RICHARD n’a pas agi immédiatement ( dixit sa déclaration), ce n’est pas par un quelconque scrupule éthique ou par respect de la loi mais uniquement par la crainte de pénalités financières !!!!

Pour en revenir à l’intégrité de monsieur Stéphane RICHARD, il devrait, pour parler vulgairement, « la mettre en veilleuse » car quand on a été condamné après redressement fiscal à une amende pour «mauvaise foi», on ne joue pas aux mères vertueuses, ni aux vierges effarouchées !

Monsieur Stéphane RICHARD, toujours à la quête de ses intérêts, se présente aux élections tantôt sous une étiquette de gauche ( 1995) et tantôt sous une étiquette de droite ( 2008) en fonction de ses intérêts bien compris.

Prenez connaissance de qui était aux commandes du pouvoir à ces deux dates et vous comprendrez d’où viennent les convictions profondes et  la «dévotion à la cause» du monsieur.

Mis en examen pour escroquerie en bande organisée dans l’affaire Tapie, cet ex-directeur de cabinet de Madame Christine Lagarde n’a eu guère de scrupules à lâcher, avec courage et célérité, sa ministre de tutelle !

Stéphane RICHARD a été de nouveau mis en examen, jeudi 21 mai dernier, pour « complicité de détournement de fonds publics par une personne privée ».

Au travers de ces condamnations et diverses mises en examen, monsieur Stéphane RICHARD démontre sa probité notoire et son sens de l’éthique; sans parler de la compassion dont il a fait preuve vis-à-vis de ses salariés dont nombreux sont ceux qui se sont suicidés !

Dans ce contexte, nous ne pouvons que nous interroger sur la mansuétude dont le Gouvernement a fait preuve à son égard lorsque l’on voit avec quelle intransigeance il gère l’affaire Thévenoud ou Saal.

En effet, voilà un Monsieur qui a grugé le fisc (Stéphane Richard a fait l’objet le 12 octobre 2007 d’un redressement fiscal de 660 000 euros sur ses revenus de 2000, 2001, 2002, et 2003, montant comprenant
« une pénalité de mauvaise foi d’un montant de 5 % » démontrant qu’il a fait preuve d’une intention coupable), qui a été mis en examen, le 10 Juin 2013, pour escroquerie en bande organisée, puis le 21 Mai 2015 pour « complicité de détournement de fonds publics par une personne privée », voilà donc que ce monsieur, avec ce fameux pedigree, est maintenu par le Gouvernement à la tête d’une des sociétés les plus importantes de France; société dont le principal actionnaire n’est autre que le Gouvernement français.

Monsieur Stéphane RICHARD a donc une éthique à géométrie variable mais toujours pilotée par ses propres intérêts.

Monsieur Stéphane RICHARD avec un tel cursus et un tel parcours judiciaire semble, étrangement, trouver grâce auprès de nos gouvernants, et cela est tout bonnement incompréhensible !!!

Dans cette affaire, il devient donc urgent que le Gouvernement s’exprime car on ne peut d’un côté dénoncer l’antisionisme comme masque de l’antisémitisme et d’un autre côté laisser une société, dont le Gouvernement est le principal actionnaire, avoir une réaction d’une virulence inouïe à l’égard du seul État démocratique de la région, en laissant poindre une motivation douteuse et peu dissimulée, alors qu’elle fait preuve d’une telle indugence, voire d’une réelle complicité, envers les différents régimes tortionnaires du Moyen-Orient.

Le Gouvernement ne peut faire montre d’une rigueur morale inflexible dans les cas Thomas Thévenoud et Agnès Saal, tout en faisant preuve d’une telle mansuétude à l’égard de Stéphane RICHARD.

Cela mérite une explication et nous attendons ces explications !

Richard C. ABITBOL

Président