Monsieur Le Président Shimon Peres,

Monsieur Le Premier Ministre, Benyamin Netanyahu,

Monsieur Le Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas,

Nous savons à quel point vous êtes attachés à la Paix. Vous vous
êtes impliqués personnellement, dans vos différentes fonctions, afin
d’aboutir à une solution satisfaisante pour toutes les parties et vous
êtes en charge, aujourd’hui, des négociations de paix entre
Israéliens et Palestiniens.

Nous ne sommes pas, aujourd’hui, très éloignés de cette Paix tant
espérée.

La pierre d’achoppement de tout accord, et les développements de
ces derniers mois le démontrent, est Jérusalem. Il est donc important de trouver une solution créative et viable à cette problématique.

En effet, les Israéliens ne veulent, ni ne peuvent renoncer à
Jérusalem tant vis-à-vis de leur opinion publique que de celle de la
Diaspora.

Jérusalem n’est pas seulement un problème israélien, c’est un problème juif. Jérusalem est la Capitale du peuple juif depuis trois millénaires, Jérusalem fait partie intégrante de sa liturgie et de son dogme.

Comment un gouvernement israélien pourrait-il renoncer à cet héritage millénaire ?

Les Palestiniens pour les mêmes raisons ne peuvent renoncer à
« une » souveraineté sur Jérusalem dans la mesure où cela est
également devenu un enjeu « musulman ».

Dès lors, comment faire pour sortir de la quadrature du
cercle ?

Les « accords de Genève » ont tenté une solution qui de notre
point de vue n’est pas bonne pour plusieurs raisons :

  • Cela se veut être un accord imposé aux parties de l’extérieur
  • La souveraineté des deux parties est soumise à une organisation internationale dont on connait les faiblesses
  • Le problème de la partition de souveraineté ne satisfait aucune des parties

Jamais dans l’Histoire une solution « imposée » n’a perduré, il est donc illusoire d’imposer aux parties une solution dont ils ne veulent pas.
Lors des «accords de Camp David » en 2000, la solution envisagée pour Jérusalem impliquait un découpage peu viable et donc peu susceptible d’être respecté sur la durée. Cette solution avait de surcroît l’immense inconvénient de « couper la ville en morceaux ».

Or, le sens de l’Histoire est de « réunifier » les villes divisées et non l’inverse.

Nous avons donc réfléchi à une solution de sortie de crise fondée sur les points suivants :

  • La partie ouest de Jérusalem reste israélienne
  • La partie est, en grande partie non-revendiquée par Israël et d’ailleurs ne faisant pas partie de la Jérusalem historique, passe sous souveraineté palestinienne
  • La partie disputée, essentiellement la vielle ville ainsi que tous les quartiers jouxtant la vielle ville contenant des vestiges historiques, religieux tels que les cimetières et revendiquée par les uns et les autres, constituerait une ville franche « Jérusalem antique ».
  • Cette ville franche serait une zone «sans taxes » (excepté les taxes municipales), ce qui lui permettrait un développement considérable, notamment touristique.
  • La particularité de ce projet est que cette ville franche appelons la « Jérusalem antique » aurait un statut extrêmement rare, celui de paréage, statut que, nous français, connaissons bien puisque c’est celui d’Andorre. Le paréage est un contrat de droit féodal d’association entre deux ou plusieurs seigneurs, leur assurant une égalité de droit et de possession indivise sur une même terre. Le mot paréage est dérivé de « pair » et du latin « pariagium ». Cette association est avant tout économique ou commerciale et se fait entre deux égaux (pairs), parents ou étrangers, dans le but d’administrer et d’exploiter des biens. D’un point de vue politique, le paréage peut associer deux seigneurs, très souvent un laïque et un ecclésiastique, afin de gouverner une seigneurie ou une province. Ainsi la souveraineté serait totalement partagée, aucune décision ne pouvant être prise sans le consentement des deux.

On pourrait envisager dans un premier temps (à définir) que la sécurité soit supervisée par les israéliens. La gestion serait simplifiée par le statut de « ville franche » donc pas d’impôts soumis à une législation quelconque (israélienne ou palestinienne).

La gestion ordinaire étant assumée par le Conseil Municipal élu au suffrage universel à collège paritaire (50% palestinien, 50% israélien). Tous les habitants de «Jérusalem Antique » votant pour chacun des deux collèges (ce qui éliminera les extrémistes de chaque camp !).
Connaissant l’importance des symboles et des mots au Proche-Orient, chacune des parties serait également souveraine sur la ville de              « Jérusalem Antique ».

Jérusalem serait ainsi « Capitale éternelle d’Israël » et Al Quods «Capitale de la Palestine » avec une souveraineté réelle de chacune des parties.

Il va de soi que cette proposition ne concerne que la partie centrale de Jérusalem, la Jérusalem antique et historique, fortement disputée et comportant une forte charge émotionnelle.

Une proposition de frontières sur le Grand Jérusalem est annexée et repose sur les concentrations de population, ce qui entraîne un léger redécoupage par rapport à la ligne verte.

Nous sommes persuadés que sur cette base équitable les deux parties pourront trouver les arrangements définitifs à ce conflit qui n’a que trop duré.

Nous sommes persuadés que l’entente entre les hommes et la prospérité qui en découlera fera rayonner Jérusalem qui deviendra un exemple pour toute la planète.

Voilà une idée que nous soumettons à votre analyse et nous espérons que vous la porterez.

En vous en remerciant par avance, et en restant à votre entière disposition, nous vous prions de croire, madame la Ministre, à l’assurance de nos salutations respectueuses.

Richard C. ABITBOL

Président de la confédération des Juifs de France et amis d’Israël