Absent d’Israël pendant 10 jours, j’ai suivi de loin la découverte des corps des trois jeunes assassinés par des terroristes palestiniens puis celle du jeune palestinien brulé vif par des terroristes israéliens, les émeutes des arabes israéliens à Jérusalem et dans le nord du pays et le début de l’opération de Tsahal contre le Hamas à Gaza suite à la pluie de roquettes s’abattant sur le sud d’Israël.

Puis quelques heures après mon arrivée, la sirène d’alerte a retenti et je me suis réfugié avec ma famille dans le couloir de la maison, censé être moins exposé que le reste de la maison.

J’aurais voulu raconter la découverte de deux villes magnifique, Vienne et Budapest, où durant quelques jours, j’ai  rencontré les communautés juives locales, visitant entre autre les lieux consacrés à l’histoire juive de ces deux villes.

Au mémorial de la Shoah à Vienne, j’ai assisté à une cérémonie d’hommage aux trois israéliens, victimes de la barbarie et sur la place Herzl à Budapest, j’ai appris que des israéliens se revendiquant surement des valeurs sionistes avaient commis le pire.

Sur les murs des musées juifs de ces deux villes, on lit les noms de ceux qui ont permis l’existence de l’Etat d’Israël et qui ont contribué au rayonnement du peuple juif : Herzl, Rothschild, Zweig, Freud, Mahler, Buber ou encore Hannah Senesh.

Mais dans ces villes, j’ai aussi pensé à Hitler, Eichmann, Horthy et autres persécuteurs du peuple juif au 20e siècle, sans oublier les horreurs du régime stalinien en Hongrie et les massacres de juifs depuis le Moyen-Age en Autriche.

Ma grand-mère maternelle avait vécu à Vienne et j’ai rêvé toute ma vie d’aller sur ses traces, de voir les palais de Sissi, d’entendre la Marche de Radetsky et les valses de Strauss, de boire du chocolat dans les cafés ou se sont assis Herzl, Zweig et Joseph Roth et de me promener le long du Danube mais vivre mon rêve quand mon pays vit un cauchemar a donné un gout amer à ce voyage.

En revenant en Israël,  alors qu’une partie de la population vit sous les tirs de missiles du Hamas et que des milliers de réservistes sont mobilisés, mes pensées vont à tous ceux qui ont rêvé de vivre en paix sur cette terre, ceux qui ont voulu réaliser le rêve d’Herzl qui est encore mis à l’épreuve par la haine islamiste et par le terrorisme juif.

En entendant les informations de ces derniers jours, on peut être tenté de perdre espoir quand des jeunes sont tués par des barbares et que les discours haineux se font si forts sur les réseaux sociaux mais je n’ai pas perdu l’espoir car j’ai entendu une voix qui m’a bouleversé, celle de Rachel Frenkel, dont le fils Naftali a été assassiné par le Hamas et dont le kaddish récité à ses obsèques avait ému tout Israël.

« L’héritage de Naftali, Eyal et GIlad est un message d’amour, de fraternité, d’unité du peuple et d’humanité», -t-elle affirmé condamnant le meurtre atroce du jeune Mohamed Abou Kheidr.

« Nous sommes fiers de notre pays », a-t-elle ajouté

Oui, on peut être fiers de notre pays, qui a vibré à l’unisson dans l’espoir de la libération des trois jeunes avant de pleurer leur mort, qui a condamné l’assassinat de l’adolescent palestinien et le racisme et qui face à une attaque de missiles sans précédent ne sombre pas dans la panique.

Un pays uni derrière son armée, et qui malgré la colère légitime, garde espoir que la situation change et que cette opération militaire marque un tournant réel en mettant un terme à la menace terroriste qui pèse depuis des années sur Israël.