Quelques mois après Marianne, le chanteur juif canadien vient de mourir à l’age de 82 ans.

Au moment du décès de sa muse et amie de longue date, Marianne Ihlen, en juillet dernier, Leonard Cohen avait écrit une lettre aux accents prémonitoires. « Marianne, le temps est venu où nous sommes si vieux et nos corps tombent en morceaux, et je crois que je te suivrai très bientôt ».

Leonard Cohen s’est éteint le 10 novembre à Los Angeles.

Né le 21 septembre 1934 à Westmount dans la partie anglophone de Montréal, Leonard Cohen a vécu dans une famille dont l’identité juive était très forte.

Ce descendant des Cohanim avait des racines polonaises et lituaniennes. Son grand-père paternel avait fondé le Congres juif canadien, son père mort prématurément, avait créé the Jewish Times. Son grand-père maternel était un grand rabbin, considéré comme une référence pour ses connaissances talmudiques.

Attiré par l’écriture, Leonard Cohen publie des poèmes et son premier livre “the favourite game” sort en 1963. Il y raconte le parcours de Lawrence Breawman, un juif ashkénaze anglophone pratiquant, et entre autres ses relations avec les sépharades à Montréal.

Le virus de la chanson gagne aussi Léonard Cohen. En 1967, il publie “Songs of Leonard Cohen”. Tout est déjà dit :
“Suzanne” ; ”So long Marianne” ; ”sisters of mercy”.

En 1973, éclate la guerre de Kippour, Leonard Cohen décide d’aller chanter pendant deux mois pour les combattants israéliens.

Certaines des chansons de son album “New Skin for the Old Ceremony” sorti en 1974 sont inspirées par son séjour en Israël.

Leonard Cohen est pendant quelques années attiré par la scientologie et le bouddhisme. Il deviendra même prêtre. Cette période de cinq ans qui s’acheve en 1999, correspond aussi où après avoir été escroqué par son agent, il se retire de toute vie musicale.

Un de ceux qui connaissait bien Leonard Cohen, explique : “A cette époque, beaucoup d’artistes étaient en quête de spiritualité. Pour certains, c’était le sexe, la drogue, ou l’activisme politique. Pour Leonard Cohen, c’était la méditation”.

Leonard Cohen précise à un journaliste du New-York Times qu’il n’ y a aucune ambiguïté : “Je me considère comme juif. Je ne suis pas à la recherche d’une nouvelle religion. Je suis très heureux d’etre juif”.

Leonard Cohen reprend le chemin des studios et recommence ses tournées. Le 24 septembre 2009, il chante à Ramat-Gan. Tres ému, lui, le Cohen bénit les 47 000 spectateurs présents et le peuple d’Israel.

Depuis Leonard Cohen s’installe à Los Angeles, où il est proche d’une synagogue à laquelle il fait d’importants dons.

Dans son 23e album “You want it darker”, sorti le 21 septembre 2016, Leonard Cohen est accompagné par la chorale de la synagogue québécoise de Shaar Hashmonayim.

C’est dans ce même lieu que Leonard Cohen a appris l’hébreu et chanté les prières. A l’entrée de cette synagogue, il y a toujours une photo de classe avec Léonard Cohen.