L’antisionisme est indéniablement l’une des formes contemporaines d’un antisémitisme qui a traversé les siècles, quoi que puissent en dire ceux qui le prônent et le pratiquent.

Mais il est intéressant de remarquer que ceux qui clament de façon répétée leur « antisionisme » ignorent le plus souvent radicalement ce que signifie le terme même de sionisme, en fait dérivé de Sion, synonyme de la terre d’Israël antique.

Certains, parmi les moins jeunes, se rappelleront peut-être qu’une enquête réalisée dans la foulée du mouvement de 68 nous avait appris qu’un certain nombre de jeunes gauchistes pensaient que le terme de sioniste n’était qu’une abréviation d’expansionniste. Nous n’en sommes plus là, l’antisionisme ayant en quelque sorte acquis depuis lors ses lettres de noblesse aux yeux des bien-pensants de tous bords.

A entendre ceux qui se réclament de cette idéologie il s’agit de clouer au pilori le gouvernement israélien et sa politique vis-à-vis des Palestiniens.

Précisons donc à l’attention de ceux qui l’ignorent que le sionisme est l’idéologie développée par Théodore Herzl, journaliste juif viennois, vers la fin du XIXème siècle et qui prônait l’établissement d’un foyer juif en Palestine.

Le sionisme, largement amplifié par l’explosion de l’antisémitisme autour de l’affaire Dreyfus, représente un mouvement d’émancipation pour les Juifs laïques, un mouvement à connotation religieuse pour les croyants modérés, représentant le retour des Juifs dans le pays d’où ils furent chassés il y 2000 ans, mais une hérésie aux yeux des orthodoxes les plus radicaux, qui pensent que le retour à Sion ne peut se faire qu’à la venue sur terre du Messie et ne reconnaissent pas l’Etat d’Israël, même si certains d’entre eux y vivent.

Une expression telle que « la politique sioniste », utilisée par les Etats Arabes qui ne souhaitent pas prononcer le nom honni d’Israël, n’a donc pas de sens.

Etre antisioniste signifie, étymologiquement, refuser l’existence même d’un foyer juif au Moyen-Orient.

Nous insistions récemment, ici même, sur l’importance de l’utilisation, en toutes circonstances, du mot juste. Tout ceci en est une splendide illustration.