Devons-nous parler d’un week-end noir pour le peuple juif? Attentat terroriste en Belgique, agressions à Créteil (région parisienne), meurtre à Djerba (Tunisie), tsunami de l’extrême droite aux élections européennes et courbettes faites au Pape en plein Jérusalem.

Je ne doute pas du nombre incalculable d’articles, reportages, enquêtes qui seront faits sur ces sujets, mais je demeure lourdement perplexe sur les analyses et conclusions qui en seront tirées. D’où ma volonté d’apporter une petite contribution qui aura pour souci de toucher du doigt l’essence de cette problématique.

Diviser pour mieux régner

La particularité de ce bloody week-end est qu’en espace de 48 heures nous avons vu défilé 5774 ans d’histoire juive, des sujets de discorde qui ont donné racine à ce vieil adage du « deux juifs, trois avis ».

En effet,

– Niveau sionisme: Pour beaucoup l’heure est venue de plier bagages, de quitter l’Europe et de retourner en Israël avant qu’il ne soit trop tard. Ces derniers sont révoltés par une désinformation constante, une mauvaise foi pathétique et une instrumentalisation de la haine, symbole des sociétés européennes partisanes qui ont, aveuglement, fait leur la cause palestinienne.

Pour d’autres l’heure n’est pas de céder à la panique mais de se battre en utilisant les outils du système et de croire aux valeurs et forces de la démocratie, tout en laissant le temps faire sa besogne. Ces derniers sont aussi convaincus qu’il est impossible de revivre une autre Shoah car en 1939, il n’existait pas d’état juif avec une force militaire comme aujourd’hui.

– Niveau religieux: Pour les plus religieux d’entre nous, il est inacceptable de voir les dignitaires israéliens faire des courbettes à un représentant d’une croyance que la Torah considère idolâtre, pendant que ce dernier accumule actes et déclarations insultantes, à leurs yeux, à l’encontre des Juifs et de la Terre d’Israël.

Pour d’autres, Israël doit jouer le jeu diplomatique face à un dirigeant religieux qui se trouve être, également, un chef d’état, et de ce fait, assumer pleinement son statut d’état juif démocratique. Cette vision des choses prône la discussion avec « l’ennemi », et l’obtention de la paix à « tout » prix.

J’ai grossièrement résumé des situations qui posent, à la source, deux interrogations.

Quel genre de liens entretenir avec Eretz Israel, quel genre de liens entretenir avec les non-juifs?

Voilà deux questions pluriséculaires, véritables hantises dichotomiques, que les Sages de Torah ont su percé en nommant l’un Yossef et l’autre Yéhouda.

Yossef incarne le juif qui a le regard tourné vers les nations, il se met en danger en allant vivre sur des terres étrangères. Mais son attachement viscéral à la Torah lui permet, d’abord, d’établir une barrière efficace face à toutes formes d’assimilations, puis secondement, lui donne la possibilité d’être une influence positive pour cette nation, d’où l’accession de Yossef au poste de vice-roi, sans oublier que son but final reste le retour sur le Terre de ses ancêtres Abraham, Itzhak et Yaakov.

Yéhouda, quant à lui, focalise toute son attention sur la Terre Israël et le peuple juif, convaincu qu’il est qu’un dévouement total à la Torah, fera du peuple juif, la lumière des nations, et que les nations viendront en Israël s’abreuver de toute la sagesse juive. Cette situation n’est pas du tout utopique, dans la mesure où, durant les 40 ans de règne du Roi Shlomo (descendant de Yéhouda), les rois des nations venaient, de bon gré, se nourrir des sagesses de Shlomo pour diriger, avec justesse, leurs royaumes.

Qui a raison? Qui a tort? C’est la Torah, elle-même, qui tranche dans le livre d’Ézéchiel au chapitre 37 psoukim 15- à 23:

« 15 La parole de l’Eternel me fut adressée en ces termes 16 « Or toi, fils de l’homme, prends une pièce de bois et écris dessus: « Pour Juda et pour les enfants d’Israël, ses associés. Puis, prends une autre pièce de bois et écris dessus: Pour Joseph, souche d’Ephraïm, et toute la maison d’Israël, ses associés. 17 Rapproche ces pièces l’une de l’autre, pour n’avoir qu’une pièce unique; et elles seront réunies dans ta main. 18 Et lorsque les enfants de ton peuple te parleront ainsi: « Ne nous révéleras-tu pas ce que tu entends par là?  » 19 Réponds-leur Ainsi parle le Seigneur Dieu: Voici, je vais prendre l’arbre de Joseph qui est dans la main d’Ephraïm, et les tiges d’Israël, ses associées; je les lui adjoindrai avec l’arbre de Juda, et j’en ferai un arbre unique, et ils ne feront qu’un dans ma main. 20 Or, les pièces de bois sur lesquelles tu auras écrit seront dans ta main, [visibles] à leurs yeux, 21 puis dis-leur: Ainsi parle le Seigneur Dieu: Voici, je vais prendre les enfants d’Israël d’entre les nations où ils sont allés, je les rassemblerai de toutes parts et je les conduirai sur leur territoire. 22 Je les constituerai en nation unie dans le pays, sur les montagnes d’Israël; un seul roi sera le roi d’eux tous: ils ne formeront plus une nation double et ils ne seront plus, plus jamais, fractionnés en deux royaumes. 23 Ils ne se souilleront plus par leurs idoles abjectes, par leurs turpitudes, par tous leurs forfaits; je les tirerai de toutes les demeures où ils ont péché, et je les purifierai: alors ils seront pour moi un peuple et moi, je serai pour eux un Dieu. »

Ainsi nous comprenons que ces divergences d’opinions ont causé, au crépuscule du règne de Shlomo,  les fameux schismes et exils des 10 tribus perdues.

En réalité, ces deux visions détiennent une part de vérité, c’est d’ailleurs pour cela que notre sagesse nous parle de la venue de deux Messies, l’un fils de Yossef (Ben Yossef) et l’autre fils de David (Ben David). Alors diviser pour mieux régner?

Oui, mais pas comme vous l’entendez, en imaginant une manigance, orchestrée par je ne sais qui, pour créer tensions et distensions entre les juifs, dans le but de mieux les dominer.

Mais davantage comme une volonté divine de nous « diviser » puis nous éparpiller au-delà des mers, pour que nous puissions mieux régner!

Quel règne me direz-vous? Simplement celui de la Torah, non incarné par un prosélytisme formellement interdit par cette dernière, mais des postures véhiculant, moralement, politiquement et culturellement des valeurs de Vérité, de Paix et de Justice.

Création du Parti Sioniste International  

C’est dans ces proportions que j’ai pensé la structuration du futur Parti Sioniste International, avec Jonathan Simon Sellem. Commencer à réunir Yossef et Yéhouda, en ayant un fonctionnement politique en Israël mais aussi à l’étranger.

Une forme de fédération politique internationale qui portera la lourde tâche de faire du sionisme, un modèle de société viable et adapté à toute les cultures, au regard des réussites économiques, écologiques, éducatives et sociales dans la seule démocratie du Moyen-Orient.

Vérité, Paix et Justice sera la devise et le leitmotiv de ce parti, car ces valeurs sont sans couleur et sans frontière. Les prochains jours apporteront un plus grand éclairage sur la mise en place de cette nouvelle initiative politique.