Stanley Greenberg, un analyste politique américain suggère aux Juifs de ne plus utiliser le mot « sionisme » lorsqu’ils s’adressent à des non juifs, parce que d’après l’étude qu’il a faite sur 70 personnes, ce mot serait perçu comme quelque chose d’extrémiste « un mouvement extrémiste qui est sans compromis et qui poursuit agressivement ses objectifs » indique-t-il.

Or, c’est sur le mot « sionisme » que s’est édifié Israël. Sur l’espérance qu’il a porté pour de jeunes idéalistes juifs qui, en 1882, dans une Russie antisémite et adepte de pogroms, devint l’emblème et l’espoir absolu de ceux qui par romantisme s’appelèrent « Les amants de Sion » se référant à une colline biblique de Jérusalem, et qui, ainsi que tous les persécutés, broyés par les haines, fuirent leur terre natale pour une terre d’origine, une terre promise, Sion, qu’ils décidèrent de retrouver comme on retrouve une matrice originelle ; où ils pourraient enfin vivre loin des violences, du racisme et des autodafés. En paix.

Hélas, de la déclaration de Napoléon Bonaparte, rédigée à Jérusalem pendant sa campagne d’Egypte «Israélites, nation unique que les conquêtes et la tyrannie ont pu pendant des milliers d’années priver de leur terre ancestrale, mais ni de leur nom ni de leur existence nationale… Levez-vous… Vous avez le droit à une existence politique en tant que nation parmi les autres nations» ! », à la création d’Israël en 1948, il aura fallu 6 millions de morts, et la folie d’un antisémitisme récurrent, pour que les juifs s’approprient définitivement le mot « sionisme » comme un étendard dressé contre la barbarie qui les atteignait, les poursuit toujours.

Un mot modèle, un mot exemple, porteur de la volonté des premiers pionniers sionistes arrivés en Israël, qui à la fois surent imaginer un pays et se redresser face à l’adversité.

Etre sioniste en Israël et ailleurs aussi,  c’est être inconditionnellement pour Israël et contre ceux qui l’attaquent. C’est exister en tant que Juif et Israélien.

C’est choisir de n’être plus maltraité ni assassiné, mais puissant face à l’adversité et aux guerres, contre un antisémitisme séculier, aujourd’hui autorisé sous le couvert du mot « sionisme » détourné de ses racines par un monde ignorant de son vrai sens, et soumis aux diktats de communications destinées à détruire Israël et les juifs.

Ce que veulent BDS et quelques autres, la haine du juif étant toujours prête à s’exprimer. Ecrit dans un autre article : « En s’appuyant sur le droit international et une opinion planétaire gagnée par communications perverses et mensongères à la « cause palestinienne », qui ne peuvent et ne devraient pas admettre que vive un État raciste, le racisme étant prohibé par le droit international, BDS entraîne légalement des boycotts et des sanctions contre Israël, qui vont bien au-delà de son économie, mais s’attaquent à ses institutions, à ses universités et à sa culture, or, lorsqu’on touche aux fondamentaux et aux patrimoines culturels des gens et des nations, on les phagocyte, on les met en esclavage et on les éradique.»

L’objectif de BDS n’est pas la fin de l’occupation israélienne dans les territoires palestiniens, c’est la destruction pure et simple de l’État d’Israël, et depuis quelques années, le détournement du mot « sionisme » va dans le sens de cette disparition d’Israël et des juifs.

En pervertissant le mot « sionisme » ce beau mot d’Israël, et en suggérant de ne plus l’utiliser envers les non juifs, c’est, à la fois faire disparaître les forces vives et la détermination qui présidèrent à la création d’Israël, de la mémoire collective du monde, mais aussi de ghettoïser Israël, dans une registre guerrier et colonisateur.

Ce qui actuellement, dans une partie de l’opinion internationale, semble grandir et s’insérer dans les esprits. D’où sans doute des études demandées par le CRIF pour tenter de gérer l’antisémitisme d’une façon générale.

Sauf que taire le mot « sionisme » et ne plus l’employer qu’entre juifs comme une honte à cacher, favorise l’effacement d’une pensée juive et israélienne fondamentale et fondatrice ; est une insulte à ceux qui bâtirent Israël et meurent toujours et encore pour lui.

Sauf qu’à force de composer avec les mots, et pas seulement avec les mots d’Israël, le monde, mais surtout la France dans laquelle beaucoup d’entre nous vivent, finissent par réduire l’âme et l’esprit des gens ainsi que leurs aptitudes à se diversifier dans la diversité.

Au lieu d’exalter les différences pour leurs sens et leurs beautés, leur humanité, certains par facilité ou intérêts politiques personnels, composent avec les demandes du moment, et troquent les mots justes pour des ersatz approximatifs, « politiquement correct » à leurs esprits étroits, comme : sourd et aveugle par exemple, remplacés par malentendant et mal voyant, ou pire, un noir, pendant de blanc, remplacé par « homme de couleur ». Comme s’il était honteux d’être né aveugle, sourd ou noir !

Et alors qu’il faudrait faire avec les handicaps, origines ou couleurs de peau, naturellement, ainsi qu’avec chaque chose de la vie, il a été pris l’option de niveler ce qui est, là aussi comme une honte à tamiser. Des démagogies et intellectualismes de salon, qui viennent encombrer la sphère humaine et ses possibilités d’apprentissage des autres, de l’autre son frère humain : différent et semblable.

Mais, « no pasaran » disaient les cubains en résistance, alors pour moi aussi, no pasaran et « sionisme » mon amour de Sion, tu vis en moi, indéfectiblement et sans faille, puissant comme à ton origine.

Et puisque le 13 septembre au soir commencera Roch Hachana, bonnes fêtes à tous les miens, partout dans le monde !

 NB : Le mot « sioniste » fut inventé en 1886 par le philosophe Nathan Birnbaum. Il correspond à un mouvement politique et religieux.