Voici la quatrième année que s’est déroulé avec un franc succès le Jerusalem Film Workshop. Vingt-et-un jeunes cinéastes parmi les plus prometteurs du moment ont été rigoureusement sélectionnés, tant sur le plan pratique que théorique, à travers plus de quatorze pays : États-Unis, Angleterre, Afrique du Sud, Mexique, Népal, Corée du Sud, Italie, Canada , Vietnam, Pologne, Hongrie, Allemagne, Israël et Autriche, pour participer à un programme intensif de six semaines au sortir duquel a été projeté lors de la soirée de clôture du Festival du Film de Jérusalem, leurs documentaires tournés et réalisés ici même à Jérusalem, lors de leur séjour.

Au total cinq documentaires de dix minutes chacun, avec pour thème central la capitale israélienne, réalisés par les différentes équipes de tournage, accueillies et encadrées par des professionnels du cinéma israélien tous récompensés dans leur catégorie, tels Benjamin Freidenberg, Omri Uzrad, Daniel Kedem, Yarden Karmin, Amos Zipor, Alon Perez.

Jérusalem, on pensait déjà avoir tout vu, tout dit, tout entendu : son marché, ses Hiérosolymitains à l’histoire gravée dans la pierre et incrustée dans le sable du désert, sa population aussi éclectique que le monde a de facettes ; ses émeutes, ses querelles de territoires, sa sainteté, sa triple identité, son unité.20401121_10155633207199623_124665154_n

C’est sans compter cette équipe de jeunes cinéastes venus des quatre coins de la planète : David d’Angleterre, le producteur, Kim de Corée du Sud, la réalisatrice, Cecilia, d’Italie, à la caméra, et Ashma, du Népal, au son et au montage, et leur sujet sur l’art de rue – qui sans cesse se renouvelle, appelle, interpelle, montre à la vue de tous.

Parce que l’art est un bon moyen d’abattre des barrières, des quiproquo, des faux-semblants, de montrer autre chose que la violence des médias et l’irréalité dans laquelle ils nous plongent.

« Jerusalem, If I Forget You » (« Si je t’oublie Jérusalem ») est l’un des documentaires qui a été présenté lors de cette session 2017, avec comme l’un des acteurs principaux le Street Artiste incontournable dans la ville depuis vingt ans, Dan Groover.

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Le court-métrage met en scène deux acteurs de la scène contemporaine du Street Art israélien : Dan Groover, artiste peintre et sculpteur, connu entre autres pour sa fameuse série de tableaux « State of Israel is Born » exposés dans les galeries du pays, en France et aux Etats-Unis, et Elinoy Kisslove, jeune Street Artiste qui propose aussi des visites du pays à la découverte du Street Art israélien – Grafitiyul.

Comment ce qui pourrait les différencier dans la vie – l’un religieux orthodoxe vivant à Jérusalem, et l’une laïque de Tel Aviv, les rassemble, les unie et les ouvre sur le dialogue à travers la création ? Voici la question que tente de mettre en exergue le film.

« L’art, pour Dan Groover, est plus qu’un pont, c’est une échelle ; non seulement il relie les hommes entre eux, mais il les pousse à se surpasser, à s’élever, ensemble ».

« Ici, à Jérusalem, il existe quelque chose qui n’est pas à Tel Aviv, raconte Elinoy. Là-bas c’est plus ouvert, on est libre de faire de l’art dans la rue, ici, il faut savoir jouer avec les codes. La population de la ville est tellement diversifiée. »

Et au-delà de la dimension artistique, c’est la ville elle-même qui parle, ce qui pourrait créer des divergence entre les gens, c’est exactement ce qui les lie les uns aux autres. Jérusalem, si je t’oublie…

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Après Jérusalem, chacun des courts-métrages sera présenté aux Jewish Film Festival Festivals des villes respectives des participants au programme : Londres, Mexico, Vienne, Austin, Varsovie, San Francisco, Rome, Miami, Detroit, Buffalo, Budapest et Atlanta.

Le public aura le plaisir de découvrir Jérusalem sous cinq aspects différents d’ici quelques mois, juste après l’ouverture du Festival du Film Juif de Londres… à suivre donc.