Le soir des élections, je suis resté ébahi devant mon écran de télévision, ma déception était profonde, je n’avais envie d’entendre aucun commentaire, j’étais las et épuisé, j’ai préféré aller me coucher.

Le lendemain matin, c’était une défaite par KO, mais je refuse de rester vautré au tapis.

Une semaine après les élections en Israël je me sens enfin prêt à réagir sur les événements qui m’ont surpris et agis sur moi comme une douche froide.

Il est vrai que j’ai cru naïvement que le camp de la paix allait faire son come-back, que le peuple était arrivé à la conclusion qu’il fallait changer notre classe dirigeante.

Je me suis mis à penser comme de nombreux autres que nous fonçons droit dans le mur, qu’une alternative modérée et pragmatique devait s’imposer.

J’ai vu mes espoirs s’envoler avec l’ascension de Bibi, le retour à la réalité est pénible, apparemment ce n’est pas le moment de se mettre à rêver, je suis forcé de le reconnaitre.

Le peuple d’Israël ne veut ni de centre et encore moins de gauche. Ni de modération ni de mesure. Seul le repli sur soi, le rejet de l’autre. Ne pas résoudre le conflit, ne pas voir que nous perdrons bientôt ici notre majorité, continuer à mettre notre tête dans le sable (je rajouterai tout de même que l’avènement d’un état palestinien est devenu une condition sine qua none à la survie d’Israël en temps qu’entité juive, mais cela n’est pas le sujet de ce billet).

La démocratie aura donc eu raison sur les espoirs de changement et de renouveau, le peuple n’est pas encore prêt, nous allons devoir prendre notre mal en patience. Se plier à la volonté de la majorité, telle est la règle du jeu, il faut savoir se montrer bon perdants et continuer à jouer fair-play.

Netanyahu a misé toute sa campagne sur les peurs de mes concitoyens, aussi illégitime que sa démarche m’est apparue durant les semaines ayant précédées les élections, je m’incline aujourd’hui face à la décision du plus grand nombre.

Il est indéniable que les menaces sécuritaires pesant sur Israël sont un fardeau, si lourd à porter que les israéliens ne sont pas encore prêts à reléguer ce sujet au second plan.

La lutte pour notre survie reste le souci numéro 1,  la raison pour laquelle triomphera ou tombera celui qui nous mènera face à l’ennemi au combat.

Nous en sommes donc ici, à devoir être forts et fermes, décisifs et intransigeants. Plutôt que d’être ouverts, souples, à l’écoute et prêt au changement. C’est dans l’ère du temps.

On ne changera pas la donne géostratégique de la région sur un coup de dé électoral. Et même si certains pensent qu’Israël peut à elle seule créer une opportunité capable d’avoir un impact régional en inversant la tendance de sa politique extérieure, je ne pense pas qu ‘Herzog eut été l’homme de la situation.

C’est aussi une raison supplémentaire qui expliquera l’échec du parti travailliste remanié. Echec dû aussi à son incapacité à s’immiscer dans le cœur des masses défavorisées qui vivent à la périphérie de notre état centralisé.

Le changement en Israël n’arrivera que lorsque l’échiquier politique sera bouleversé, lorsque les préoccupations d’ordres sociales et économiques auront raison sur le retentissement des tambours de guerre.

Étant donné que notre jeune société est encore en pleine crise d’adolescence, j’aimerais nous mettre en garde contre les dérives que certains se permettent et qui risquent de nous conduire à notre perte.

Le clivage gauche-droite atteint de tels sommets que Netanyahu n’est même pas prêt à envisager la création d’ une coalition avec le second parti, préférant virer à droite toute et délaisser les espoirs d’union nationale.

Dans la presse et sur le net cette polarisation se traduit par des déchaînements de haine, allant des cris de désespoir de certains, jusqu’aux pires insultes de la part d’autres.

Il faut stopper ces déchaînements de détestation et se souvenir de la raison pour laquelle Netanyahu est reparti pour un tour, n’attendons pas la prochaine guerre pour nous montrer solidaires, mettons de côté nos différents et continuons à construire ensemble, le chantier est encore immense, réconcilions-nous alors qu’il est encore temps.

Si Netanyahu veut être cohérent jusqu’au bout et que l’heure est si grave, c’est le moment de fonder maintenant un gouvernement d’union nationale, basé sur les deux plus grands partis, reposant sur la majorité de l’électorat de notre pays.

La dernière attente qui me reste est de ne pas voir de vils politicards comme Deri ou Liberman dans le prochain gouvernement, pour que cette cuisante défaite ne se transforme pas en pire des cauchemars et pour donner au peuple l’espoir, qu’ensemble nous traverserons cette période noire.