Depuis plus de trois semaines, Israël connaît une vague de terreur que certains nomment déjà Intifada. Comme tout bon citoyen, je m’informe de la situation en analysant la presse dans sa plus grande pluralité.

Malheureusement, cette information se transforme, dans la plupart des cas, en une désinformation honteuse diffusée par les médias occidentaux.

Pourquoi ce manque d’impartialité des journalistes européens vis-à-vis d’Israël ?

Il est indéniable que les populations européennes manquent de repères et il est vrai aussi qu’il n’est pas à la mode de prendre parti en faveur d’Israël surtout quand plus de 10% de la population européenne est aujourd’hui musulmane et va aux urnes… Et pourtant le monde occidental devrait se rendre compte de l’erreur de son jugement.

C’est pour cela qu’il est peut être de bon ton de rappeler, dans ces moments un peu troublés, quelques fondamentaux :

Premièrement, l’Etat d’Israël a été créé par une décision de l’ONU. Sa légitimité, dès lors, ne devrait pas être remise en cause. Israël est une nation où la démocratie est profondément enracinée dans les institutions. Il s’agit d’une société dynamique et ouverte qui, à plusieurs reprises, a excellé dans la culture, la science et la technologie. Une démocratie qui devrait et qui pourrait être un exemple pour beaucoup d’autres…

Deuxièmement, en raison de ses racines, son histoire et ses valeurs, Israël est une nation aux normes occidentales confrontée à des circonstances hors normes.

Fait unique dans l’histoire moderne, elle est la seule démocratie dont l’existence est contestée depuis sa création. Dans un premier temps, elle a été attaquée par des voisins, ensuite, elle a fait face au terrorisme culminant de vague en vague d’attentats suicide. Maintenant, à la demande des islamistes radicaux et leurs sympathisants, elle fait face à une campagne de délégitimation à travers le droit international, la diplomatie et les attaques incessantes sur son territoire.

Soixante-sept ans après sa création, Israël se bat toujours pour sa survie et n’aura jamais connu un moment de paix.

Si Israël est attaqué aujourd’hui, ce n’est pas en raison de l’absence d’accord entre les parties sur la façon de résoudre ce conflit. Les véritables menaces pour la stabilité régionale se trouvent dans la montée d’un islamisme radical qui voit la destruction d’Israël comme l’accomplissement de son destin religieux.

Le cœur du problème réside aussi dans la manière ambiguë et souvent erronée par laquelle trop de pays occidentaux réagissent à cette situation. Il est facile de blâmer Israël de tous les maux au Moyen-Orient.

L’Occident doit comprendre qu’Israël forme la première ligne de front dans la lutte contre l’extrémisme. Si Israël tombe, l’Occident tombera de fait. La défense du droit d’Israël à exister en paix, dans des frontières sûres, exige un degré de clarté morale et stratégique qui trop souvent semble avoir disparu en Europe mais aussi aux États-Unis, d’ou cette inquiétude montante…

Il va sans dire que l’Occident et l’Europe plus particulièrement, traversent une période de confusion sur la forme que prendra notre monde à venir. Dans une certaine mesure, cette confusion est provoquée par une sorte de masochisme qui met en doute sa propre identité ; par la règle du politiquement correct ; par un multiculturalisme qui lui fait mettre à genoux devant d’autres ; et par une laïcité qui, ironie du sort, aveugle, même lorsque nous sommes confrontés à des djihadistes qui incarnent la promotion la plus fanatique de leur foi.

Abandonner Israël à son sort ne servirait qu’à illustrer jusqu’où nous pourrions sombrer et montrer comme le déclin de l’Occident apparaît maintenant inexorable.

Pour les pays occidentaux qui se mettent aux côtés de ceux qui remettent en question la légitimité d’Israël, pour ceux qui se livrent à des jeux dans les instances internationales sur des questions essentielles liées à la sécurité d’Israël, pour ceux qui s’opposent aux valeurs occidentales plutôt que de se dresser avec force pour la défense de ces valeurs, ce n’est pas seulement une grave erreur morale, mais une erreur stratégique de première ordre.

L’Occident est ce qu’il est grâce aussi à ses racines judéo-chrétiennes. Si la composante juive de ces racines est reniée et Israël est perdu, alors ce sera l’ensemble du monde Occidental qui sera perdu aussi. Que cela plaise ou non, le destin de l’occident et d’Israël est inextricablement lié.