Samer Sinijlawi
J’ai la chance de pouvoir rencontrer des membres des différentes communautés en Israël et dans la région, des individus ou des organisations qui travaillent à créer un meilleur avenir pour tous.
L’une de ces personnes fascinantes qu’il m’ait été donné la chance de croiser le chemin est Samer Sinijlawi.
Samer est palestinien. Musulman. Il a grandi à Jérusalem dans les quartiers arabes, et comme ceux ayant grandi avec lui, il voyait le Juif, l’israélien comme l’ennemi à abattre. Il n’en avait pourtant jamais fréquenté ni même ne parlait leur langue. Il a participé à la 1ere intifada comme nombre de jeunes adolescents palestiniens, s’est inscrit au Fatah, le parti de Yasser Arafat et s’est fait arrêter du fait de sa participation à des actes violents.
C’est alors qu’en prison il a appris l’hébreu, a discuté avec les gardiens de prison, a regardé la télévision israélienne et un déclic s’est opéré.
Contrairement à Sinwar, l’instigateur du 7-Octobre qui s’est fait traiter d’un cancer en prison et a étudié l’hébreu et la société israélienne pour en ressortir encore plus radical et sanguinaire, Samer a compris que le seul choix qui s’imposait aux Palestiniens était de discuter directement avec les Israéliens. Et de vivre côte à côte.
Il n’est pas question ici d’utopie ou d’angélisme. Mais de faire face à la réalité qui s’impose. Les Juifs ont un lien ancestral et indéfectible à la terre d’Israël et ils n’en partiront pas. Et les leaders palestiniens sont les premiers qui ont causé le malheur de leur peuple en refusant chaque offre d’Israël en adoptant une position jusqu’auboutiste.
Alors Samer travaille fort. Il parle à tout le monde. Il explique les Palestiniens aux Israéliens et vice versa. Il est un personnage incontournable des plateaux télé israéliens et connaît tout le monde dans le monde palestinien et régional.
Samer est un homme pragmatique qui a compris qu’Israël est finalement une opportunité pour les Palestiniens. Que le modèle israélien serait un gage de prospérité et de futur serein pour les palestiniens. Démocratique et libéral.
Alors il a fondé un parti dont les candidats se présentent aux élections législatives de novembre 2027. Dans la bande de Gaza et dans les territoires de l’Autorité palestinienne. Contre le Fatah de Mahmoud Abas dont la corruption systémique a bloqué tout futur pour son peuple et contre le Hamas et autres djihadistes qui ont entraîné Gaza dans la misère humaine et économique en attaquant Israël.
Samer est organisé, déterminé et bénéficie de nombreux soutiens dans le monde arabe. Ceux qui savent que cette lutte perpétuelle contre Israël est futile et néfaste, et que seul quelqu’un qui connaît de l’intérieur les Israéliens sera à même de dialoguer et de travailler à un futur serein.
Ce n’est pas une vision utopiste. Le chemin vers la coexistence sera long et ardu. Pour nous tous. Certaines concessions seront extrêmement difficiles. La confiance mutuelle prendra des années à se bâtir. Car plus que jamais, 3 ans après le 7-Octobre où chaque israélien a vu la seconde vague d’attaque, après le passage des commandos nuhbah, celle des civils gazaouis venus piller et tuer des civils israéliens, la confiance est inexistante.
Aucun israélien ne peut oublier le 7-Octobre et les jours, les mois, les années qui ont suivi. L’attente de la libération des otages, l’abyssale tristesse et colère qui ont étreint les cœurs de chacun à l’annonce de l’assassinat de Kfir et Ariel Bibas et de leur mère, Shiri. L’exécution dans les tunnels des otages, les tortures et les sévices sexuels et psychologiques.
Mais là encore Samer a fait entendre une autre voix. Malgré les menaces et les risques contre sa vie, il a publiquement dénoncé le 7-Octobre. Sans “mais”, sans “contexte”, sans qualifier les barbares du Hamas de “résistants“. Simplement comme tout être humain digne et décent.
Ce qui s’est passé le 7-Octobre est une tâche indélébile sur la société palestinienne et un obstacle à son avenir prospère.
Il n’est pas question d’exempter Israël de toute responsabilité mais pour une fois, on peut espérer un avenir qui verra enfin un partenaire palestinien qui aura à cœur les intérêts de son peuple sans chercher à exterminer son voisin.
Et comme rien ne se fait jamais dans cette région sans pression, les élections palestiniennes auront lieu à quelques semaines d’intervalle avec les législatives Israéliennes. Que tous s’accordent à dire qu’elles sont cruciales pour l’avenir de l’État hébreu.
Dernier point : comme de nombreux Palestiniens, Samer est exaspéré par ces occidentaux qui se revendiquent pro-Palestiniens alors qu’ils ne sont que des pro-Hamas. Parce que comme beaucoup ici, il refuse d’être l’outil de haine, le dernier jouet de tous ceux qui usent la « cause palestinienne » depuis des années pour se constituer des fortunes, offrir un opium pour distraire la colère de leurs peuples, détourner le regard d’autres tragédies humaines et surtout pour assouvir sa haine des Juifs auxquels il n’est pas permis d’exister en tant que peuple et encore moins en tant que nation.
Voilà.
Je ne sais pas ce que donneront nos élections législatives. Je ne sais pas ce que donneront les élections palestiniennes.
Je sais simplement qu’elles seront cruciales pour la région et l’avenir de nos enfants qui ont grandi dans les guerres incessantes et que des personnes comme Samer Sinjlawi ont la capacité de changer le futur.

