D’abord créatrice de mode pour sa propre maison de couture, Ruthy Dvir, Israélienne née en Belgique, préfère aujourd’hui dépeindre l’âme dans ses créations artistiques, elle qui a longtemps confectionné pour le corps.

« Je concevais des articles de mode qui recouvrent le corps de l’homme et de la femme, et après des années j’ai commencé à révéler mon monde intérieur par l’intermédiaire de modèles de robes. Par cela même qui décore et dévoile le corps, tout en le cachant et le couvrant – élément qui devient par le processus créatif le révélateur de l’âme. »

S’installe alors un dialogue de l’esthétique, du sensuel, du sensoriel, entre l’artiste, ses robes et le public. Couche après couche, au-delà de la connaissance, Ruthy entraîne le spectateur dans le monde des robes dans tous ses aspects : la fantaisie face à la réalité, la liberté face à la rigidité de la structure, l’espoir face aux événements perturbateurs de l’Histoire.

by Ruthy Dvir

by Ruthy Dvir

Ce sont des histoires sans paroles, aux formes riches, entre couleur et texture, chaque toile est un récit de ce qui l’a accompagné dans sa vie.

Ses vêtements sont un langage, un dialogue permanent entre ce qui est uni et ce qui est brisé, au travers de robes tantôt soignés et éclectiques, tantôt perçant la liberté d’expression dépourvue de censure culturelle.

« Les robes sont des métaphores de ce que je vis au quotidien, tout comme des preuves de la période historique dans laquelle je vis. »

Chaque série de robes est une correspondance avec des événements internes et externes, grâce à la forme, la texture et les couleurs sont choisies, par exemple, la description et Israël, la palette se déplace sur des nuances de gris et bleu, symboles de la destruction et de la renaissance.

Elle mélange peinture à l’huile, acrylique, effets de pointillisme, craie, encre, papier, dentelle, estampes… Le contenu des œuvres de Ruthy Dvir varie de définitions abstraites à celles plus figuratives, selon son humeur et les aspirations de son âme. L’art de Ruthy Dvir est un kaléidoscope se déplaçant en-dedans et en-dehors de la création, laissant le dialogue magique sur la toile. Son désir d’atteindre la perfection découle de la nécessité de toucher, de connaître, de voir une autre partie cachée d’elle-même.

by Ruthy Dvir

by Ruthy Dvir

Le 5 avril se terminera l’exposition solo de l’artiste, « L’Escarpin » dans l’enceinte de l’Opéra de Tel Aviv.

Et jusqu’au 14 avril, profitez d’une exposition collective d’artistes israéliens peintres et sculpteurs, autour du thème du « Baiser », au Centre Amyad, au 12 rue Amyad, au marché aux puces de Yafo.