Le président du Crif, Roger Cukierman, a été obligé de préciser sa pensée.

Interrogé lundi matin sur Europe1 sur l’attrait du Front national exercé auprès d’électeurs de confession juive, il avait jugé le phénomène « extrêmement minoritaire ». « Je crois que nous sommes tous conscients dans le monde juif que, derrière Marine Le Pen, qui est irréprochable personnellement, il y a tous les négationnistes, tous les vichystes, tous les pétainistes et donc pour nous, le Front national est un parti à éviter », avait-il poursuivi.

Même s’il a changé, le Front national reste un parti que nous devons combattre.

Angoisse, peur, pas peur, se fracasser, stigmatiser, arracher… A quelques jours des élections départementales, le Front national suscite à son encontre l’emploi de mots inédits. Certains mots sont parfois montés en épingle et les phrases dont ils sont extraits passées sous silence. Ce sont de mauvais procédés.

Cukierman ajoute: « Non, je n’ai jamais voté FN, ni invité un dirigeant FN au dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Non, je ne voterai jamais FN, ni n’inviterai Marine Le Pen à un dîner du CRIF »

Aujourd’hui, les mots visant le FN sont inédits parce que la situation est inédite. Il y a, bien sûr, les niveaux sans précédent, atteints par le FN dans les sondages et lors des récents scrutins. Mais ce n’est pas tout.

Le discours officiel du FN – celui de sa présidente et de sa garde rapprochée – a changé. Il est différent des discours du père, de ses compagnons historiques, de certains candidats FN récemment épinglés et probablement des discours de nombreux sympathisants qui parlent comme ils pensent, sans filtre, avec des relents racistes, antisémites, xénophobes ou homophobes.

Certains considèrent, dans leur opposition au FN, qu’il est plus facile de faire comme si le parti de 2015 avait exactement le même discours que celui du XXe siècle. Je crois, pour ma part, qu’on ne construit pas d’opposition efficace sans lucidité ni honnêteté.

La situation est inédite aussi parce que la vie politique française est désormais structurée en trois pôles et parce qu’il est de plus en plus difficile de positionner…