Israël est le pays des miracles. Miracle que ce pays vert au milieu des déserts. Miracle du développement agricole. Miracle de sa survie. Miracle de sa résilience au milieu d’un environnement arabe hostile. Miracle de sa réussite technologique. Et tous ces miracles sont le fait de l’Homme quand il est animé par le rêve. De l’Homme qui croit dans son projet (voir chiffres en fin de document).

Ce rêve qu’ont su fonder et entretenir Théodore Herzl, David Ben Gourion, Chaim Weizmann et tous les fondateurs. Ce rêve qui avec l’aide de la France fit Dimona. Ce rêve que même Golda Meir, peu suspecte de poésie, a su renforcer quand elle a noué des liens d’amitié avec ses voisins Jordaniens ou quand elle pestait à l’ONU. Ce rêve que les grand militaires ont su nous faire partager au Sinaï avec Moshe Dayan puis Ariel Sharon, au Kotel avec Mordéchaï Gur, au Mont Scopus avec Yitzhak Rabin.

Quelle fut grande notre joie de voir que Menahem Begin et de Yitzhak Shamir partageaient le rêve et invitaient Anouar Sadate à la Knesset pour signer une paix inimaginable avec les Égyptiens (eux se souvenaient que les Bnei Israël avaient été étrangers au pays des pharaons). Puis Yitzhak Rabin accomplit un nouveau miracle, après avoir scellé un accord avec les Jordaniens, lui et Shimon Peres signèrent à Oslo.

Hélas un juif tua alors un Juif. Ygal Amir, le soir du 4 Novembre 1995, ne s’est pas contenté de tuer le premier ministre, il a tué l’espoir et le miracle de l’homme au nom de la toute-puissance du divin.

Benjamin Netanyahu, qui avait subi une double ablation des scrupules et de la capacité de rêver, s’engouffra dans la brèche crée par un Shimon Peres maladroit et, 9 mois plus tard mis définitivement fin au rêve. Animé par la revanche et la vengeance1, en bon technocrate, il assainit les comptes publics et favorisa le business, mais il n’y avait plus de projet, il n’y avait que des lignes de compte.

Aux visionnaires succédaient les affairistes et la corruption telle un cancer inondait le pays de ses métastases. Certes il y eu Ehud Barak, mais l’intelligence ne suffit pas si elle n’est pas au service d’un projet. Ariel Sharon à la trajectoire sinueuse et au talent politique inégalé redonna un peu d’espoir mais ce fut la maladie qui eut le dernier mot.

Progressivement, Benjamin Netanyahu a étendu son emprise sur un pays désormais acquis à la réussite individuelle, au business et déchiré par des clivages qu’il entretient habilement pour renforcer son pouvoir (entre sepharades et ashkénazes, entre religieux et laïques, les religieux étant eux-mêmes séparés en plusieurs catégories, entre juifs et chrétiens ou musulmans et bien d’autres divisions encore).

Décidé à enterrer définitivement la création d’un État Palestinien et en cela bien aidé par une Autorité Palestinienne incapable de saisir les opportunités, il a constitué avec ses alliés la coalition la plus à droite de l’histoire d’Israël.
Aux héros fondateurs, pionniers d’une humanité en marche, on a substitué des colons artisans, violents s’il le faut, de l’avènement des temps messianiques.

Mais dans un pays devenu fou qui a échangé ses idéaux humanistes contre les nouveaux veaux d’or que sont les smartphones, SubUrbanVehicle et autres jacuzzis, les colons sont les seuls qui croient beaucoup et rêvent encore. Les prix s’envolent et l’insécurité s’installe. Le pays, faute de pouvoir s’inscrire dans un futur incertain, se replie sur son passé vieux de 3000 ans.

Convaincus que le pays est menacé dans son existence même, les israéliens développent des attitudes à la limite d’un racisme inacceptable s’agissant d’un peuple qui plus que tout autre a payé un grand tribut ce fléau. En même temps ils font preuve d’un courage et d’un sang-froid remarquable.

On peut dire, comme l’a écrit un grand romancier israélien, que le pays souffre d’une maladie mentale grave. Les hommes politiques mis en examen ne se comptent plus. Le pays est malade de ses dirigeants, gangrené par la corruption d’une petite minorité arc-boutée sur ses privilèges.

Les religieux bénéficient d’un traitement de faveur pour l’octroi de subventions et l’exemption du service militaire. Même la cour suprême dont le rôle est plébiscité par tous les démocrates devient la cible de politiques qui ont perdu tout sens de la mesure.

Dans ce climat délétère, les israéliens souffrent de l’enfermement et rêvent d’escapades à l’étranger. Les startupers qui ont réussi grâce à Tsahal2 rêvent de vendre leur compagnie et de filer vivre aux USA les poches pleines. Tsahal, ciment de ce pays commence être contesté par des partis religieux qui veulent imposer leur loi au Pays.

Pourtant il reste tant à faire notamment pour domestiquer le désert3 et améliorer l’agriculture. Car c’est en cultivant la terre que l’on assure son occupation ou sa désertification4.

Il n’y a pas de tradition paysanne chez les juifs ces professions leur étant interdites dans le passé. Aussi sont-ils partis de zéro, développant de nouvelles techniques. « Toute l’agriculture israélienne est basée sur la recherche et le développement. L’agriculture, ici, c’est de la science».

C’est pourquoi l’éducation, la gestion de l’eau, l’investissement en Recherche & Developpement ont aussi un impact crucial. Les Israéliens ont accepté sans réticence les technologies les plus innovatrices et productives (information en temps réel, protéines d’insectes dans l’alimentation, viande sans élevage ni abattage, imprimante alimentaire 3D, pyrodésherbeur qui détruit les mauvaises herbes grâce à une flamme, station météo, utilisation de microguêpes parasitoïdes pour contrôler un prédateur dans les champs, tracteurs imposants et équipés comme des cabines d’avion, munis de GPS, technologies qui réduit l’usage de pesticides, drones et robots) parce qu’ils n’avaient pas d’a priori et parce qu’ils aimaient leur terre, passionnément.

Israël a basé une partie de son économie sur la vente de matière grise plutôt que de produits agricoles, certainement plus rémunératrice.

Cependant le pays reste importateur net de produits agricoles, alors que le % terres exploitées est anormalement faible5.
Les fondateurs du pays (David Ben Gourion et Ariel Sharon en tête) rêvaient d’exploiter le Neguev et d’y créer des exploitations de grande taille.

On parle beaucoup d’un canal mer Rouge – mer Morte qui permettrait de viabiliser une grande partie du désert et de sauver la mer Morte. Ce projet régional associerait les Jordaniens, les Égyptiens, les Saoudiens et les Israéliens (une grande première). D’ores et déjà, le projet de la tour Ashalim haute de 240 mètres (un complexe de miroirs solaires) est sur le point d’être inauguré.

Ce sont des projets d’avenir alliant nouvelles technologies, transition écologique et coopération régionale qui doivent être la priorité du gouvernement qui sortira des urnes en 2019 mais ni une hypothétique paix avec les palestiniens ni ces habituelles carambouilles destinées à remplir les poches des affairistes.

Il est parmi les colons une majorité de gens honnêtes, convaincus, courageux et plein d’énergie prêts à tous les sacrifices pour leur pays. Ils s’égarent en suivant des leaders qui les trompent et ayant pour seul projet d’attendre Machia’h6.

Être fidèle à la Torah c’est retourner dans le désert pour se ressourcer et accomplir le rêve de Ben Gourion et de Sharon en domestiquant le Neguev. C’est réaliser le projet de l’Etat d’Israël, le projet d’un futur de Paix.

Il est parmi les startupers des ingénieurs qui ne sont pas qu’intéressés par leur fortune personnelle. Tous sont le nouvel Homme juif , les Bnei Israël du 21eme siècle, les nouveaux pionniers d’un nouveau projet humain. Quelques chiffres :

55% du pays est couvert de désert

* 6,7 % pour les arabes israéliens

** 29 % au Soudan, Moyenne mondiale 37,26 %

  • Superficie : 22 000 km2 Population : 388 hab/km2

Start-up 22 incubateurs, 78 accélérateurs, 9 universités publiques, 350 multinationales7».

87% de l’eau est recyclée8 et l’agriculteur ne paye qu’un tiers du prix (de 0, 55 €/m2).

La quasi totalité du lait consomme est produit par 800 fermes (dont 150 kibboutzim).

Le prix payé à l’éleveur est de 490 euros les 1000 litres9.

Références

Dan Catarivas

Itzhak Ben David

Jérémy Kletzine

« Pourquoi les juifs sont-ils plus souvent médecins que paysans ? » Catherine Golliau, Le Point 06/04/2016

http://www.jforum.fr/israel-un-leader-mondial-de-lagriculture-numerique.html#By7MOJaeHkU2roZF.99

Israël, un leader mondial de l’agriculture numérique par Solange Hendi

Israël, un leader mondial de l’agriculture numérique par Souhail Ftouh

1 Revanche contre les intellectuels qui n’ont pas soutenu son père et vengeance contre les palestiniens qui ont tué son frère a Entebbe.

2 L’armée israélienne

3 Qui représente 55% du territoire rappelons le.

4 Pour éviter le retour des Croisés les musulmans ont volontairement appauvrit le pays pour le rendre moins attractif.

5 24,7 % des terres cultivées pour 34,3 en moyenne dans les pays de l’OCDE

6 Le messie

7 Selon Jeremy Kletzine, Danny Almot et Yitzhak Ben David

8 Record mondial le second ne recycle que 36% des eaux usées

9 Contre 350 euros en France