En réponse à la lettre ouverte publiée par M.Filiu sur Rue 89

Je ne te connais pas mais tu m’as interpellé dans un article ou tu me tutoyais car j’avais tiré une balle en caoutchouc sur ton fils.

En fait, je ne suis pas policier et je n’étais pas à Ras Al-amoud quand ton fils a été blessé mais je me suis fait le porte-parole de ce policier que tu interpelles

Pour faciliter le dialogue, j’ai décidé de te tutoyer aussi car en Israël nous n’avons de voussoiement.

Ton fils Diego a 18 ans, l’âge auquel au lieu de faire du bénévolat pour des pauvres, j’ai dû m’engager à l’armée car mon existence et celle de mon pays est menacée.

Tu me reproches de venir dans certains quartiers botté et casqué, un signe d’occupation selon toi mais les policiers dans ton pays ne portent-ils pas de casques ?

Les bottes, j’ai bien compris la « fine » allusion que tu ne tentes pas de cacher vu que tu évoques tout de suite l’occupation de la ville sainte par mon Etat.

Pendant plus de 2.000 ans, mes ancêtres ont rêvé de retourner sur leur terre et ont prié vers le Mont Zion, dans l’espoir de créer un état indépendant, un Etat comme toutes les nations du monde ont droit.

Le peuple juif est revenu dans sa capitale historique, cœur de la foi juive, tout en laissant ses habitants non-juifs bénéficier des mêmes droits y compris de la liberté de culte pour les musulmans sur le lieu le plus saint du judaïsme et pour les chrétiens dans les nombreuses églises existantes.

Ton fils a été blessé durant la « nuit du destin », celle ou Mahomet a reçu le Coran et tu me reproches de ne pas y croire (tout comme toi) mais contrairement à toi, j’ai du respect pour la foi des autres religions et pour moi, cette nuit qui se veut selon la tradition musulmane, la nuit ou le ciel est calme, aurait pu se terminer autrement.

« Ce soir-là, Gaza brûlait depuis déjà deux semaines. Alors ton Etat a décidé d’interdire l’accès à l’esplanade des Mosquées de Jérusalem », je voudrai corriger cette affirmation.

Ce soir-là, un pays entier, Israël vivait dans la peur des roquettes et des tunnels d’attaque du Hamas, un mouvement islamiste et terroriste qui appelle à la destruction de mon Etat.

L’interdiction pour certains (tu ne précises pas que seuls les jeunes ne pouvaient pas avoir accès au site) de se rendre sur place a été décidée par la police israélienne suite à des menaces de troubles.

Dans quel pays démocratique, on autorise des manifestations violentes contre l’Etat ?

Quand les pierres et les bouteilles incendiaires de certains jeunes arabes de la ville sainte ont blessé et tué des Israéliens, tu est resté silencieux, pourquoi ?

La réponse est simple, tu refuses tout simplement d’admettre que la présence du peuple juif sur cette terre est légitime et tu parles d’occupation quand tu vois des policiers israéliens assurer l’ordre dans la capitale de cet Etat que tu abhorres.

La Maison d’Abraham ou ton fils Diego a fait son stage est un havre de paix à Jérusalem, un lieu qui aide les pèlerins et les pauvres de la ville mais aussi un lieu de dialogue entre Juifs, musulmans et chrétiens.

Il a été blessé par une balle en caoutchouc durant une manifestation violente de jeunes habitants de la ville qui soutenaient le Hamas et appellent à la destruction de l’Etat d’Israël.

Je déplore cet incident mais sa vie n’était pas en danger comme il l’a témoigné lui-même.

Je t’invite à venir dans cette ville complexe et voir la réalité au lieu de débiter des clichés anti-israéliens qui n’apportent pas beaucoup à la cause de la paix, si tu as le temps entre l’écriture de chansons de propagande et d’analyses boiteuses sur la situation.