La photo publiée ce matin en “Une” du quotidien israélien Israël Hayom a quelque chose de ridicule, qui confine au pathétique. Ehoud Olmert et Mahmoud Abbas posant devant les photographes, lors d’une rencontre “officielle” à Paris, où Abbas est l’invité du président français Emmanuel Macron.

Jamais sans doute la diplomatie française, qui nous a pourtant habitués au pire, n’était tombée aussi bas. Et jamais une rencontre n’avait été aussi factice et mensongère. Car tout est faux dans ce sommet des has-been de la politique moyen-orientale…

D’un côté, un ancien Premier ministre israélien – un des plus mauvais qu’ait connu Israël en 70 ans d’existence nationale – qui a bénéficié d’une libération anticipée de prison, en obtenant une grâce présidentielle pour “raisons médicales”. De l’autre, un Président à vie palestinien, représentant non élu d’un “peuple” sans légitimité historique.

Le point commun entre ces deux hommes, c’est qu’ils ne représentent rien, ni l’un ni l’autre. Olmert a été désavoué par les électeurs israéliens et envoyé en prison après ses malversations, tandis qu’Abbas aurait dû subir le même sort, s’il était le président d’un Etat démocratique, et non celui d’un régime autoritaire soutenu à bout de bras par la diplomatie française et européenne.

Plus qu’elle ne nous enseigne sur les motivations malveillantes du quai d’Orsay et de l’Elysée (unis pour l’occasion), cette rencontre en dit long sur l’état de décrépitude de la gauche israélienne, dont Olmert – autrefois “Prince du Likoud” issu d’une famille sioniste révisionniste – est devenu le triste symbole aujourd’hui, tout comme Tsipi Livni.

Cette gauche qui a amené à Israël des catastrophes répétées depuis 25 ans – des accords d’Oslo au retrait du Sud-Liban et de Gaza – n’a jamais eu le courage et la lucidité de faire son mea culpa. Et plus elle persévère dans l’erreur, plus ses chances de revenir au pouvoir s’amoindrissent.

Le point commun entre ces deux hommes, c’est qu’ils ne représentent rien

Notre tradition nous enseigne que “Les portes du repentir sont ouvertes jusqu’à Hochana Rabba”, que nous fêterons la semaine prochaine. Mais quel repentir espérer de la part d’un homme politique comme Ehoud Olmert, qui n’est sorti de prison que pour publier des mémoires emplies de fiel et d’auto-satisfaction et qui vient maintenant se servir d’un des pires ennemis d’Israël comme d’un marchepied pour un éventuel come-back en politique ?

Comme l’écrit ce matin Amnon Lord dans les colonnes d’Israel Hayom, la gauche israélienne et américaine tente de sauver les autocrates iraniens et palestiniens, rendus obsolètes par la nouvelle politique étrangère américaine du président Donald Trump. Mais cette tentative désespérée pour revenir en arrière échouera, tout comme les précédentes. La fin du grand mensonge palestinien est un fait avéré, et les manoeuvres politiques d’un Macron, d’un Olmert ou d’un Abbas ne parviendront pas à ressusciter les illusions mortelles d’Oslo et du “processus de paix” israélo-palestinien. Hag Saméah !