Il existe autant d’histoires dans le monde que d’individus, et toutes les histoires sont bonnes à raconter. Chaque destin a son propre souffle, cette splendeur qui le caractérise, cette force et cette faiblesse qui puisent leur énergie à la même racine, un cœur de souvenirs uniques. Elizabeth Loren est une de ces femmes qui a su transformer, sublimer et se rappeler qui elle était.

Déjà enfant, Elizabeth aimait créer, transformer, coudre des robes, sans moyens, et avec tous les moyens du bord. Et son rêve s’est précisé, les contours se sont délimités, taillés à la craie comme le patron d’une robe ; Elizabeth voulait faire de chaque femme une reine à travers les robes qu’elle dessinait et cousait la nuit.

Mais le conte a pris une autre tournure, un mariage arrangé a été organisé pour ses dix-neuf ans, et c’est un mari violent qui s’est réveillé chaque jour à ses côtés, pendant trente ans. Entre violence et humiliation, les robes se sont évanouies dans les tourmentes quotidiennes : il n’était plus question que de survivre pour protéger les enfants autant que possible. Quand survient un de ces moments cristallisés où l’on se retrouve au moins une fois dans sa vie à la croisée des chemins. Elizabeth, elle, s’est trouvée entre la vie et la mort. Son mari l’a quittée, la laissant seule avec ses enfants, et sans un sou. Seule, sans famille pour la soutenir, c’est dans ses rêves d’enfant qu’Elizabeth Loren a puisé la force de se reconstruire, partie de rien, avec le peu de matériel dont elle disposait, elle a commencé réutiliser ses dix doigts pour confectionner un enchantement : « je montrais la beauté au monde de choses qui ne valaient rien, comme ma vie ». La cage où elle était emprisonnée si longtemps s’est brisée et ses ailes de liberté sont réapparues. Pour chaque création était le prix de sa liberté.

Des robes de mariée aux tissus fins et pierres précieuses aux œuvres artistiques, Elizabeth s’est produite dans plusieurs expositions en Israël et dans le monde, comme à Londres, et chaque fois c’est comme une renaissance, une reconnaissance. Son message est sans équivoque : « Je présente et représente des femmes du monde entier capables de sortir d’une crise et d’atteindre la grandeur. Je veux transformer chaque femme en reine ».

Elizabeth Loren s’est battue contre les préjugés contre les femmes battues et moralement harcelées, soutenue par ses enfants et l’art, qui est devenu une fenêtre sur le paradis d’où elle expulsait tous les mauvais sentiments et ressentis. L’histoire de sa vie elle l’égrène dans chacune des pièces qu’elle confectionne, en espérant être une source d’inspiration pour de nombreuses personnes, qu’il s’agisse de mères, de femmes, d’handicapés ou d’artistes. « J’ai le droit de guider et de donner l’exemple aux femmes et aux personnes qui traversent des crises difficiles. Au lieu de tomber, vous pouvez atteindre un niveau élevé si vous croyez en vous-même ».