Je vous fais part d’une réflexion qui pourrait sembler m’être personnelle, certes, elle l’est. Néanmoins, il faut reconnaître qu’elle ne m’appartient pas dans la mesure où beaucoup se sont déjà penchés sur la question.

Amoureuse des Saintes Ecritures, je médite le Tanakh depuis de longues années, à la recherche de la Vérité. Mais la Vérité n’est-ce pas un mot subjectif ? Sans doute, si l’on se place du côté cartésien voire purement Humain.

J’ai pris l’habitude de toujours me référer au Tanakh et à la Bible en son entier, à savoir l’Alliance renouvelée traduite par André Chouraqui.

Revenons à ce qui nous concerne ce jour : Ishayahou (Esaïe) 53 croisés avec Zekaryah (Zacharie) 12:10.

Le premier porte la signification « El est délivrance », le second « Adon-aï se souvient ».

Ishayahou nous décrit un fait étrange, qui fait écho dans mon être intérieur, et, au-delà, à des événements pour certains historiques, pour d’autres d’un domaine mythique. Peu importe, ce qui est à retenir est ce qui est écrit, le reste appartient à chacun, n’est-ce pas ?

D’ailleurs ce fameux chapitre débute étonnement par la question de croire ou non à ce qui suit…

Verset 1 : Qui a ajouté foi à l’annonce qui nous a été faite ? Et à qui s’est révélé le bras d’Adon-aï?

Mon regard s’arrête sur le terme utilisé en Hébreu pour « Adon-aï » : le Tétragramme.

Mais qui est donc cet homme qui se permet ainsi de proclamer au Nom du Tétragramme des Vérités, telles, qu’elles ont marqué les siècles et les temps de l’humanité ?

Fils d’Amoc, il prophètise à Yerushalayim. Apprécié du Roi, il proclame des Paroles venant d’Adon-aï. Nul à son époque n’aurait osé lui opposer une fin de non-recevoir, sans savoir qu’il encourait les foudres du Roi, mais surtout la colère d’Ado-aï.

La suite de ce chapitre est saisissante de Vérité(s), dû moins elle porte à interrogation(s).

2. Il poussait devant lui, pareil à un faible rejeton, à une racine plantée dans un sol brûlé. Il n’avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, ni grâce pour nous le rendre aimable.

3. Méprisé, repoussé des hommes, homme de douleurs, expert en maladies, il était comme un objet dont on détourne le visage, une chose vile dont nous ne tenions nul compte.

4. Et pourtant ce sont nos maladies dont il était chargé, nos souffrances qu’il portait, alors que nous, nous le prenions pour un malheureux atteint, frappé par Elohim, humilié.

5. Et c’est pour nos péchés qu’il a été meurtri, par nos iniquités qu’il a été écrasé; le châtiment, gage de notre salut, pesait sur lui, et c’est sa blessure qui nous a valu la guérison.

6. Nous étions tous comme des brebis errantes, chacun se dirigeant de son côté, et Adon-aï a fait retomber sur lui notre crime à tous.

7. Maltraité, injurié, il n’ouvrait pas la bouche; pareil à l’agneau qu’on mène à la boucherie, à la brebis silencieuse devant ceux qui la tondent, il n’ouvrait pas la bouche.

8. Faute de protection et de justice, il a été enlevé. Qui pourrait décrire sa destinée? Car il s’est vu retrancher du pays des vivants, les coups qui le frappaient avaient pour cause les péchés des peuples.

9. On a mis sa sépulture avec celle des impies, son tombeau avec celui des [mauvais] riches, quoiqu’il n’eût fait aucun mal et qu’il n’y eût jamais de fraude dans sa bouche.

10. Mais Adon-aï a résolu de le briser, de l’accabler de maladies, voulant que, s’il s’offrait lui-même comme sacrifice expiatoire, il vît une postérité destinée à vivre de longs jours, et que l’œuvre d’Adona-aï  prospérât dans sa main.

Je me suis arrêtée sur ces dix versets. Force est de constater que le premier verset interpelle, « Qui a ajouté foi à l’annonce qui a été faite ? »

Puis-je balayer d’un revers de main cette question, en passant aux versets suivants ? J’ai beau essayé de continuer la lecture, je bloque, il me faut, personnellement répondre…

Mais de qui parle donc le prophète ? C’est bien là , la question principale de ces dix versets…Certains l’ont identifiés comme le Mashiah à venir, d’autres ne savent pas.

La description qui suit est saisissante de similitude d’un fait devenu historiquement spirituel, que je ne peux m’empêcher d’en faire le rapprochement. Ce qui m’interroge également est le « temps » utilisé par Ishayahou : le passé. Il parle d’un fait comme si cela était passé, or c’est en contradiction avec le terme même de prophète.

La seule solution est qu’ Ishayahou, rempli du Ruah, parle de ce qui se produira comme étant nié par l’humanité. Un événement qui sera voilé dans sa compréhension mais qui servira bien des années, des siècles après, à ouvrir les yeux de celles et ceux qui cherchent la Vérité, parmi les Vérités.

A cet instant de la lecture, le rappel de Zekaryah 12:10 sonne comme un regard croisé , comme un morceau de puzzle qui viendrait compléter une partie d’un tableau laissé en énigme.

Tiens un autre prophète !  Celui de l’exil d’où il lance les avertissements sous le souffle, le Ruah. En regards croisés, les deux prophètes, l’un à Yeroushalyim, l’autre en déportation, appellent aux  regards croisés des deux Maisons Yehuda, Benyamin et celle d’Ephraïm.

Ils forment à eux deux également une phrase :

El est la délivrance, Il se souvient…

Le Tanakh ne parle-t-il pas du Tout Israël, de la réunification de l’ensemble des 12 tribus, l’une gardienne de Yeroushalayim, l’autre mélangée aux nations, soupirant au retour ?

Le chapitre 12 vient compléter les propos d’Ishayahou dans la mesure où la référence à un homme mal aimé, maudit, portant la malédiction de l’humanité, les péchés de tous, se retrouve sur le devant de la scène :

10. Mais sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem je répandrai un esprit de bienveillance et de pitié, et ils porteront les regards vers moi à cause de celui qui aura été percé de leurs coups, ils le regretteront comme on regrette un [fils] unique, et le pleureront amèrement comme on pleure un premier-né.

En regards croisés, je m’arrête à ce stade au mot « yahshouah » qui apparait dans le Tanakh, qui signifie « la délivrance »… et à « Immanou-el » Adona-ï avec nous.

Cela ne fait-il pas aussi une étrange phrase ?

La délivrance par/en/vient (d’) Adon-aï avec Nous

Plus je sonde les Ecritures, plus j’en suis amoureuse, tant elles s’imbriquent parfaitement, sans aucune contradiction, avec l’éclairage tellement lumineux venant du Tétragramme, que j’en reste à chaque fois profondément secouée.

Dans ce chaos mondial qui touche de plein fouet Israël, mon pays que j’aime tant, ce pays lâché par bon nombre, voué à la vindicte des loups, j’ai besoin encore plus de sonder le cœur de mon Abba qui m’a tant laissé en héritage, et qui me dit « oui la délivrance arrive, je me souviens »

Oui croiser les regards c’est comme accepter d’enlever les œillères, aspirer à la Vérité, dans les vérités, devenir Libre, parce que celui qui nous a aimé le premier se révèle toujours à celles et ceux qui cherchent d’un cœur sincère la Délivrance venant de Celui qui se souvient.