Le 28 novembre prochain les députés français voteront une résolution intitulée : « l’Assemblée invite le gouvernement à faire de la reconnaissance de l’Etat de Palestine un instrument pour obtenir un règlement définitif du conflit » et une résolution comparable sera discutée au sénat le 11 décembre.

Pour l’instant ce sont les sénateurs et les députés qui vont voter. Etant donné que ça ne coûte rien et que c’est très populaire en ce moment il est à prévoir que cette proposition sera adoptée.

Les hommes politiques de tout bord, gauche et droite réunies n’ont aucun résultat (positif) à exhiber. Il est donc fort probable qu’ils se jettent sur cette opportunité tel un mendiant sur un quignon de pain.

Mais ne nous affolons pas :

D’emblée reconnaissons que ça n’est pas une bonne chose pour Israël mais il convient de relativiser la portée d’une telle décision.

– la rédaction du texte ne fait même pas encore totalement l’unanimité. Les députés PS les plus proches d’Israël, comme Armand Jung président du groupe d’amitié France-Israël, voudraient des formules sur la reconnaissance d’Israël par le Hamas ou la « condamnation des attentats actuels » en Israël.

– La date ne convient pas à tout le monde, surtout car le 28 novembre est un vendredi et ce n’est pas un bon jour au niveau du retentissement qu’aurait la résolution.

– Il s’agit pour l’instant d’une décision du Parlement et non émanant du gouvernement français. Stéphane le Foll, porte parole du gouvernement a précisé que cette décision n’engageait pas le gouvernement.

– En Europe, il n’y a pas d’accord et il serait étonnant qu’il y en ait tant les positions sont divergentes et ce malgré la position exprimée dès sa prise de fonction par la nouvelle représentante de l’union Européenne pour les affaires étrangères, Federica Mogherini.

– L’Angleterre n’est pas d’accord même si des députés de l’opposition travailliste ont fait passer une résolution pour la reconnaissance alors que les députés conservateurs majoritaires se sont abstenus. L’Allemagne le Danemark, l’Espagne ont affirmé qu’ils ne sont pas d’accord pour une reconnaissance sans négociation.

– N’oublions pas que le Conseil national pales­tinien a déjà adopté le 15 novembre 1988 lors de sa dix-​​neuvième session une décla­ration d’indépendance à la suite de laquelle de très nombreux pays l’ont déjà reconnue. Il y a quand même 26 ans.

– Au jour d’aujourd’hui, il y a environ 135 pays dans le monde qui ont reconnu la Palestine, certains depuis plus de 20 ans, sans que ça change quoi que ce soit.

– Le pays le plus important, les USA, ne peuvent pas reconnaître la Palestine de manière unilatérale car ce serait contraire aux accords d’Oslo.

Il est vrai que si une motion dans ce sens était proposée à l’ONU, ils pourraient ne pas utiliser leur droit de veto mais ça parait peu plausible aujourd’hui surtout après l’échec d’Obama aux élections de mi-mandat et avec la nouvelle majorité républicaine au sénat avec laquelle il est obligé de négocier.

– Dernier élément et non des moindres. Personne n’est en mesure d’imposer cet État à Israël sans négociation.